Test | Kona II : Brume
18 oct. 2023

Vous reprendrez bien un peu de glace ?

Testé par sur
Aussi disponible sur
Kona II : Brume
  • Éditeur Ravenscourt
  • Développeur Parabole
  • Sortie initiale 18 oct. 2023
  • Genres Aventure, Survival

Oscillant entre la fable et le polar, Kona II est une histoire que l'on se raconte au coin du feu, une histoire mêlant fantastique et dramatique, dans un village reculé du Canada des années 1970 saisi par le froid et la glace. Reprenant là où le premier épisode s'est arrêté brusquement, votre enquête se poursuit et le mystère s'épaissit. Saurez-vous lever le voile sur ces étranges phénomènes dont vous êtes le témoin ?

L'histoire

Si vous vous rappelez de Kona (relisez notre test !), vous incarnez un détective privé, ancien soldat rompu au combat, dépêché dans le Nord canadien pour régler une sombre histoire de vengeance. D'un côté, Hamilton, un magnat minier, qui ronge à petit feu la région avec ses installations. C'est lui qui vous a embauché, car de l'autre, la population locale est accusée par le richissime industriel de manigancer dans son dos pour détruire son entreprise. No shit Sherlock. Le narrateur vous rappelle donc les faits, avec son phrasé posé et son accent légèrement québécois, dans un style qui rappelle d'ailleurs The Stanley Parable, tandis que vous voguez sur votre canoë. Car oui, à la fin de Kona (navré pour le spoil), vous vous enfuyez de justesse sur sur lac, poursuivi par l'étrange créature glaciale à l'origine de l'épidémie de Picardite foudroyante ayant touché l'ensemble des habitants.

Kona II s'ouvre donc sur ce lac, à l'instant même où le premier titre s'arrêtait de manière si abrupte que l'ensemble de la critique s'était accordée pour souligner l'emballement du dernier chapitre, en rupture avec une narration plus douce et posée, voire traînante. Kona II renoue avec cette lenteur, vous laissant déambuler pour atteindre votre premier objectif : parler ENFIN à votre employeur. Atteignant la rive de l'autre côté du lac, le manoir Hamilton en vue, un homme semble vous apercevoir. De l'aide ? Pas à en croire le coup de fusil que vous venez d'éviter. C'est pas aujourd'hui que vous allez pouvoir rentrer chez vous et vous caler au chaud avec un bon café et un bouquin...
Comme tout cela semble blizzard...

Le principe

Les commentaires incrustés dans le décor : on aime.

Alors certes, l'accueil sur les rives du lac n'a pas été des plus amicaux, mais vous parvenez tant bien que mal à gagner la demeure de votre riche employeur. Évidemment, vous croisez en chemin quelques employés congelés, même pas rangés correctement dans un bac, juste laissés là en plan, figés dans leur action à jamais éternelle. Ne l'oubliez pas, vous jouez le rôle d'un détective privé. Et son rôle, c'est de détéctiver. Au lieu de chercher les clés de la bagnole et de vous barrer de ce pays de fous, voilà que vous ouvrez chaque tiroir, lisez attentivement chaque journal personnel trouvé, retournez chaque photo pour y voir les notes au dos, afin de rassembler les pièces de ce puzzle sous des airs de drame familial. Hamilton malade ? Prêt à léguer sa fortune à son fils qu'il semblait pourtant répugner ? Oh attendez, un loup éthéré surgit, un coup de hache et vous reprenez votre enquête.

Comme si quelqu'un s'était pris les pieds dans le tapis en vous apportant la boîte, les pièces du puzzle sont étalées devant vous. Un peu comme les pièces du manoir Hamilton, d'ailleurs, premier environnement que vous arpentez longuement. Le type a dépensé sans compter : combien de salons, bibliothèques, vestibules composent son immense demeure ? La narration vous accompagne dans cette exploration, alternant avec quelques passages fantastiques ou rêvés : comment, cette porte ouvre sur une plaine avec un arbre lumineux ? Passé l'effet de surprise, cette hallucination se révèle tout à fait pragmatique a posteriori, rassurez-vous. Kona II reprend les bases de son grand frère : déambulez, fouillez, battez-vous de temps en temps, soyez attentif et tout se passera presque bien.
Ramassez ces cartouches, ça peut servir plus tard

Pour qui ?

Que s'est-il passé ? Pour le savoir, il faudra faire le tour (la porte est évidemment verrouillée).

Oui, vous plongez dans un titre où l'histoire des personnages est clé pour comprendre les enjeux de votre exploration. Et leur histoire vous est racontée par des traces qu'ils ont laissées éparpillées. Il est donc vivement recommandé d'y jouer sur une période condensée, car relancer le jeu après quelques semaines de pause ressemblera pour vous à une scène de Memento.

Kona II a appris de son aîné. Les zones d'exploration sont vastes au premier abord mais le jeu vous guide gentiment. Sans jamais vous pousser, il dissémine malgré tout des indices visuels ou sonores vous guidant progressivement vers les zones d'intérêt. Au cours de votre exploration dans certaines zones tortueuses ou se ressemblant parfois, observez les alentours : ici une lanterne qui brille au loin, là quelques traces dans la neige... Ces indices fortuits, glissés dans le décor de manière subtile, sont vos alliés. De plus, le carnet de notre détective est un excellent condensé des éléments clés observés. Même si vous ne lisez pas toutes les notes ramassées, votre personnage inscrit dans son carnet ce qui vous sera utile pour plus tard. Il est facile de se sentir perdu dans Kona II mais rassurez-vous : les rails de l'intrigue sont bien présents, malgré les apparences.
Un conte dramatique teinté de fantastique

L'anecdote

On joue à chat glacé ?

Au moment de replonger dans l'univers de Kona, j'ai relu mon test du premier opus, revivant instantanément quelques scènes marquantes et imprégnées de froid. Kona n'est pas une série d'épouvante, voyons-la plutôt comme un conte dramatique teinté de fantastique. Mais je me suis aussi rappelé que son histoire est chargée de petites trames, d'embrouilles entre villageois, de rancœur générale. Une sale histoire, où l'ambiance n'est pas des plus roses. Plonger dans Kona II a donc nécessité pour moi un effort pour accepter de renouer avec cette atmosphère. Et dès les premiers instants de jeu, vous la retrouvez : personne à l'horizon, une solitude quelque peu déprimante, seulement rompue par la voix chaleureuse de notre narrateur.

Mais cet effort n'a pas été long. Très vite, j'ai senti l'immense travail réalisé pour que cet univers nous embarque. Malgré son apparence vertigineuse – est-ce que je vais retenir tout ce qui m'est apporté comme information ? - j'ai très vite pris goût à cette nouvelle enquête. À tel point que lorsque par mégarde ma PS4 s'est mise en veille (une lessive à étendre, tout bêtement) entraînant la perte de ma progression d'une bonne heure (légère frustration : les points de sauvegarde sont parfois éloignés), il ne m'a fallu que 10 minutes pour refaire tout ce que je venais de réaliser. Conclusion : si Kona II laisse une grande place à l'exploration, le titre ne vous laisse jamais tomber. Seulement la PS4 qui ne sait pas étendre le linge.
J'avais oublié qu'il fallait sauvegarder souvent
Les Plus
  • L'ambiance lourde et maîtrisée
  • L'accompagnement invisible dans la progression
  • La narration chaleureuse et bienvenue
  • Le carnet de notes, indispensable compagnon
Les Moins
  • Les points de sauvegarde, système désuet
  • Il manque les légendes sur la carte
Résultat

Kona II vous embarque, dès la première seconde, dans une enquête aussi calme que trépidante. La tension est palpable, le malaise s'installe au fur et à mesure de vos découvertes, tout en vous laissant le temps d'explorer, fouiller, enquêter. Le titre a gagné en maturité depuis le premier opus publié tout de même 6 ans plus tôt, tout en restant fidèle à l'univers qu'il a su imposer. Si le Grand Nord canadien vous attire, Kona II semble être une étape incontournable.

Partagez ce test
Tribune libre