Dying Light 2 : Stay Human

04 mars 2022

From dusk till dawn

Testé par sur
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4
  • Éditeur KOCH Media
  • Développeur Techland
  • Sortie initiale 2 février 2022
  • Genres Action, First Person Shooter, Monde ouvert, Survival

Du parkour, des zombies et du parapente : si vous avez pris du bide avec les confinements, Dying Light 2 va vous en faire perdre vitesse grand V. Et si vous étiez resté enfermé, ce jeu d'action RPG va vous faire récupérer un max d'UV.

L'histoire

Vous commencez Dying Light 2 pendu. Il faut dire que vous cumulez : vous êtes un étranger, les locaux ne vous connaissent pas, et vous n'avez pas de bracelet qui indique votre état de contamination. En plus vous faites une crise, vous commencez à vous transformer en zombie. Dans une église. Au milieu de quelques rescapés. Avouez que dans cette situation, vous aussi vous auriez accroché une corde à la poutre la plus proche.

Bon, évidemment, grâce à un couteau salvateur, vous gagnez un répit. Le jeu commence alors vraiment : allez-vous aider les anarchistes qui voulaient vous pendre ? Ou les fascistes surarmés qui pacifient les zombies à coups de hachoir dans les dents, ainsi que les anarchistes au passage ? Un choix cornélien vu que cela va influencer quelques niveaux, et surtout la géographie de la ville. Détail amusant : quand vous jouez en multi, vous voyez visuellement quel choix le host a fait.

Seuls quelques dialogues et PNJ ont une influence sur les missions suivantes.

Le principe

Si vous aidez les Pacificateurs fascistes, par exemple en leur confiant les clefs des centrales électriques, vous obtenez des bonus offensifs – des voitures piégées dans les rues notamment. Si vous aidez les Survivants anarchistes, vous débloquez des trampolines et des tyroliennes, bien pratiques pour vous déplacer. Le système fonctionne bien malgré quelques incohérences, vu que personne n'est irréprochable. Les fascistes ont un tueur dans leurs rangs, votre Némésis que vous affrontez régulièrement – spoiler alert, vous allez souvent vous faire courser. Mais les anarchistes aussi : ils ont assassiné le chef des fascistes, un meurtre qui pèse lourd dans les relations – à vous de trouver le coupable et de voir ce que vous en faites...

Sous ses allures de jeu manichéen avec quêtes fedex, Dying Light 2 cache une profondeur intéressante. Les personnages sont réussis, comme cette gamine qui essaye de vous extorquer des crédits sans trop connaître la valeur de l'argent. Ou ce poivrot qui a embarqué une bouteille de poison par erreur et que sa femme cherche désespérément à prévenir. Ou ce marchand accusé injustement, mais pas net pour autant... La morale est toujours grise, et c'est à vous de lui donner une coloration.

Les explosions sont pratiques mais le bruit peut attirer des zombies dangereux.

Le gameplay

Si vous avez joué au précédent, vous ne serez pas dépaysé. Le parkour est toujours aussi présent, à la Mirror's Edge Catalyst. Les débuts sont laborieux car votre jauge d'endurance est rachitique. Pour tout vous dire, vous allez chercher le bouton Courir dans les options – avant de vous rendre compte que votre personnage court par défaut. Aussi vite qu'une tortue asthmatique certes, mais le jeu s'accélère ensuite : plus vous faites du parkour sans interruptions et plus votre vitesse de pointe augmente. Et plus vous débloquez de compétences en combat, course, et objets spéciaux à récupérer en explorant, et plus votre parkour est fluide. La boucle de gameplay est bouclée.

La nuit fait aussi son grand retour : les ennemis sont plus nombreux, enfin surtout dans les rues ; les toits restant un abri plutôt sûr. Des hurleurs se mêlent aux ennemis au sol et signalent votre position s'ils vous repèrent, déclenchant une course-poursuite avec des zombies aussi rapides que des raptors. À vous de trouver un taudis avec des UV ou une base pour les faire fuir. Évidemment certaines zones sont à visiter de nuit, avec des monstruosités à traquer quand le jour est tombé pour plus de loot et d'XP. Le ratio risque/récompense est bien là, surtout que vous recevez un bonus d'expérience si vous survivez à la nuit sans vous réfugier dans votre plumard pour accélérer le temps.

Le parapente est vraiment peu maniable, surtout pour les virages - dommage.

Le multi

Comme dans le précédent, la coop rend vraiment le jeu incroyable. D'abord parce que vous pouvez vous soigner mutuellement, échanger du loot facilement pour crafter ou vous repasser des munitions. Ensuite parce que les combats sont plus faciles, fatalement – il faut voir un de vos amis charger un hurleur qui a repéré le groupe et le décapiter juste avant qu'il n'ait eu le temps de lancer une chasse nocturne. Autant en solo vous ne faites pas forcément le malin, surtout face aux boss, autant vous finissez par rouler sur le jeu à plusieurs. Comme dans le premier.

Reste une petite déception : le parapente peu maniable rend la deuxième partie du jeu, très verticale, un peu pénible. Là où les buggys qui permettaient de moissonner du zombie avec leurs pare-chocs hérissés de pointes rendaient le premier opus si fun, surtout à plusieurs. Il fallait voir les têtes voler quand trois buggys surarmés roulaient à tombeau ouvert en rase campagne. Les armes à feu du premier ont également disparu, à part quelques easter eggs, mais ce n'est pas une grosse perte – elles rendaient les fins de partie beaucoup trop faciles.

Vous pouvez voter en multi, dialogues et alignements de factions. Mais c'est le host qui décide.

Pour qui ?

En solo comme en multi, Dying Light 2 est un régal. Le parkour fonctionne vraiment bien, les combats au corps-à-corps sont toujours violents bien qu'ils aient perdu en impact par rapport au premier opus, et la touche RPG rend la progression vraiment addictive – clampin peureux incapable d'aligner trois sauts au début, vous allez progressivement devenir un Marsupilami équipé de masses électrifiées. La Lucille de Negan va être jalouse.

Les PNJ ont une vraie personnalité, et toujours un truc à se reprocher, ce qui colore les quelques décisions à prendre. Dommage que la multiplication de tâches redondantes finisse par tuer le plaisir de la découverte, après quelques dizaines d'heures de jeu, et que le jeu tombe dans les travers des mondes ouverts à la Ubisoft : une carte remplie de marqueurs certes, mais qui sont autant d'objectifs vus et revus. Exemple : les anomalies du GRE dans des arènes nocturnes se font toujours face au même boss...

Cette base renferme du loot - à explorer de nuit en théorie, mais facile à faire de jour en coop.

L'anecdote

Plus vous restez dans le noir, de nuit ou dans les caves des immeubles par exemple, et plus votre corps en souffre. Concrètement un décompte s'affiche en haut de l'écran. S'il arrive à zéro, vous vous transformez en zombie et c'est le Game Over. Une bonne idée sur le papier, surtout que le scénario la met souvent en avant. Mais dans les faits, c'est surtout stressant en tout début de partie.

Plus vous jouez, plus vos progrès en endurance vont repousser ce décompte. Et le loot récupéré en explorant ou en aidant des survivants isolés va vous permettre de bouffer des champignons ou de respirer des inhalateurs dédiés qui remettent la jauge d'équerre instantanément. Au point que vous pouvez passer la nuit dehors sans chercher de refuge UV, passé une grosse dizaine d'heures de jeu.

C'est encore plus vrai en coop quand une barre d'UV jetable recharge tout un groupe. Vous et vos amis allez continuer à looter les immeubles abandonnés, de nuit comme de jour, sans plus vraiment vous soucier de cette nouveauté de gameplay.
Les Plus
  • Le parkour
  • Les combats
  • La nuit
  • La coop
Les Moins
  • Inégal graphiquement, même en RTX
  • Plus de buggys, plus d'armes à feu
  • Le parapente
Résultat

Slalomer entre les zombies, sauter sur un camion, une corniche, puis se hisser sur un toit ; sauter de cheminée en cheminée ; plonger au-dessus d'une rue, tomber sur des pillards, les massacrer ; voir la nuit tomber ; repérer une anomalie du GRE, fondre sur elle, lui lancer des bidons explosifs en évitant ses mignons ; looter sa carcasse, ouvrir le coffre voisin, récupérer une augmentation ; améliorer ses compétences ; prendre un champignon nocturne, continuer vers son objectif principal ; et rencontrer un PNJ menteur comme un arracheur de dents qui, tiens, se prend un carreau d'arbalète dans le bide – puis l'aider, ou le laisser crever, sachant que ce choix aura forcément une petite incidence sur la suite... Si ce descriptif de trente minutes de jeu vous a plu, que vous jouez sur PC avec les patchs et que vous avez quelques amis en ligne, n'hésitez pas : Dying Light 2 est une réussite.