The Crew 2

05 sept. 2018
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2

À peine mieux que le premier ?

Alors que les promesses étaient nombreuses autour de ce The Crew 2, le résultat s'avère encore un peu décevant, en premier lieu parce que le titre est trop généraliste. Les premiers instants de jeu sont bons, vous montrant rapidement tout ce qu'il est possible de faire. Mais tout aussi rapidement, la frustration pointe son nez. Déjà par une IA qui est régie par des règles surprenantes, mais le plus gênant est sans doute la nécessité de toucher à tous les domaines pour y arriver. Les motocross et powerboat (et surtout leurs défauts) viennent casser le plaisir lié à votre progression. Et si la liberté est le point fort de ce jeu, elle est souvent synonyme de diminution de la qualité, en attestent les résultats en avion. Un jeu sympathique si vous n'êtes pas très regardant mais encore bien en dessous des concurrents malgré son contenu varié.

Trois ans et demi après un premier épisode prometteur mais passé à côté de sa cible, The Crew 2 pointe le bout de son capot sur la ligne de départ. Les nouvelles promesses sont encore plus belles, encore plus grosses et encore plus fun. Faut-il y croire pour autant ?

Le principe

Avec son gameplay défini par son prédécesseur et ses patchs successifs, The Crew 2 n'est pas une surprise. Dans un monde ouvert et conséquent, représentant une partie des États-Unis, vous voilà lâché au volant de différents bolides pour assoir votre réputation. En plus des voitures et motos, vous disposez dans cet épisode d'un parc d'avions et de bateaux de course pour étendre votre terrain de jeu. Les promesses sont belles et les premières courses aguicheuses. Vous avez le choix entre différentes catégories comme le hors-piste, les courses de rue ou les courses de vitesse. Mais vous allez devoir toutes les essayer pour espérer grimper en niveau de célébrité. Car ce qui compte dans The Crew 2, c'est vos followers qui, accros à vos performances, viendront gonfler votre côté bankable. Chaque victoire, en plus de vous approcher du firmament, vous rapporte des loots aléatoires permettant d'améliorer votre véhicule. L'important, c'est de gagner pour gagner encore plus !

La manette à la main, vous vous trouvez face à un jeu de course plutôt orienté arcade qui mise gros sur la liberté, l'accélération pied au plancher et le boost toutes les trente secondes. Les différents types de véhicules se conduisent tous assez simplement et l'entrée dans le jeu est plaisante. Mais à s'orienter trop arcade, le jeu perd aussi en complexité qui est dosée par une IA dont nous vous parlerons plus tard. Pour la suite, vous n'avez pas d'ordre à suivre, vous enchainez les courses comme vous le souhaitez à partir du menu ou en vous promenant sur la carte (d'un fort beau gabarit d'ailleurs). L'évolution par rapport à son ainé fait que vous n'êtes plus obligé de découvrir un lieu pour y faire la course, et tant mieux. Les balades sur la carte deviennent superflues ce qui est un peu dommage vu le travail fourni. L'ensemble des épreuves est varié mais n'offre pas une satisfaction du même niveau : le powerboat et les motocross sont à la traine, par des sensations frustrantes ou absentes. Et c'est sans compter sur les transferts de masse absents et la gestion des collisions aléatoire.

Comme je vous le disais plus haut, la difficulté des parcours ne vient pas de la conduite mais le plus souvent de l'IA qui s'adapte à votre niveau. En effet, celle-ci vous attend si vous êtes à la traine alors que si vous prenez la tête, elle ne cessera de vous coller les basques. Sur une même course recommencée deux fois de suite, vous pouvez finir premier après quatre ou cinq accrochages et un dernier huit cent mètres de folie, et finir dernier en ayant fait la course en tête s'en jamais lâcher une seconde sauf sur un dernier virage mal négocié. Le rendu est malheureusement frustrant et vous fait recommencer des courses qui auraient dû être facilement gagnées. Surtout que le comportement du groupe de véhicules géré par l'IA est étonnamment rigide, vous proposant une file de voitures qui ne pousse pas et ne sort pas de sa ligne. Amusez-vous pour le plaisir, si vous poussez le troisième dans les pâquerettes, eh bien vous le retrouverez à la même place trois ou quatre cent mètres plus tard.

Les effets visuels de la pluie sont réussis mais le résultat global est décevant.

Le multi

Soyons honnête, la notion de Crew a été un peu mise de côté. Alors que The Crew se voulait comme un nouveau modèle social de jeu de course, The Crew 2 a plongé dans les oubliettes cette partie de son histoire. Bien entendu, vous pouvez toujours défier vos amis dans des courses, et cela de façon intuitive et facile. Vous pouvez aussi aller taquiner leurs meilleurs temps pour leur montrer l'écart de talent. Mais même l'entrée dans une équipe n'est pas un élément important du jeu hormis pour quelques succès. Dommage !

Vous visitez quelques coins connus des States.

Pour qui ?

Avec son offre alléchante, The Crew 2 retombe pourtant dans les mêmes carences que son prédécesseur. En effet, malgré les efforts d'Ivory Tower pour proposer un contenu gargantuesque et des défis variés, les défauts ne font que s'amplifier. La liberté et le plaisir de voler au-dessus de la carte sont effacés par le manque de détails des paysages, le bonheur de parcourir la surface de l'eau à toute vitesse par le manque d'intérêt. Toutes les épreuves n'ont pas la même qualité de finition, certaines donnant lieu à de la frustration mal placée. Et la conduite arcade couplée à l'IA trop adaptable est la preuve que parfois, il vaut mieux un peu de difficulté.

L'horreur absolue : la conduite de moto.

L'anecdote

The Crew 2 est doté d'un système de collision qui vous posera de nombreux problèmes comme il a pu me faire hurler. Déjà parce que la physique des véhicules est alors catastrophique : un choc de plein fouet contre un élément dur raye au pire votre véhicule tout en passant de 250 à 0 km en un instant. Mais le pire, c'est bien comment savoir quel élément est franchissable ou pas. En ville par exemple, lors des courses de street cars, attendez-vous à ce que les trottoirs soient vos pires ennemis. Vous pouvez faire tomber un lampadaire, arracher un abri de bus ou faire tomber un kiosque à journaux, mais les trottoirs sont une fois sur deux infranchissables, même à pleine vitesse. Impossible de déterminer à l'avance si vous allez droit vers un raccourci ou si le mur vous attend. C'est pareil avec les arbres et arbustes en campagne... Déconcertant.
Les Plus
  • Une carte gigantesque et une liberté totale
  • Un monde plus vivant que dans son prédécesseur
  • De nombreux types de course différents
  • Un catalogue de véhicules très conséquent
  • Une progression équilibrée qui ne demande pas nécessairement de farmer les courses
  • Les défis à réaliser
  • Le système de switch rapide entre trois véhicules préenregistrés
Les Moins
  • Le motocross et la physique des machines (et des motos en général)
  • Le powerboat et le manque d'intérêt
  • Graphiquement très laid en avion, pas très beau la plupart du temps
  • Une conduite très arcade qui ne plaira pas beaucoup avec une physique des chocs absente
  • L'IA dans sa globalité
  • Des tracés qui manquent parfois de visibilité