AER

11 nov. 2017
Testé par sur
Disponible sur
3

Quand l'intérêt joue les filles de l'air

Comment ne pas être dithyrambique suite aux sensations procurées par ces sessions de vol ? AER est un jeu enthousiasmant et relaxant qui ne nécessite aucun talent particulier mais qui charme et emballe dès la première minute de jeu. Malgré un temps limité et quelques lourdeurs, le titre indépendant suédois se révèle plus que plaisant à survoler, rappelant que parfois, il n'est pas nécessaire d'être parfait pour charmer.

Annoncé en 2012 par l'équipe suédoise de Forgotten Key, AER a depuis pris des airs d'Arlésienne. C'est finalement la Gamescon 2017 qui a permis au titre de refaire surface, grâce à une démo jouable remplie de poésie et de charme. Mais faut-il se laisser ensorceler pour autant ?

L'histoire

AER vous met aux commandes de Auk, une femme à la recherche de la vérité sur les tragiques événements de la dislocation (rien à voir avec le tyran qui nous sert de RC). Ayant entraîné la séparation des différentes îles, le chaos s'installe progressivement et dégrade aussi bien les conditions de vie des habitants que celles des esprits locaux. Équipée d'une lanterne magique récupérée dans un temple ancien, Auk espère dénicher tous les secrets de son monde grâce à la lumière du dieu Karah et l'aide des esprits survivants.

Si AER se veut minimaliste sur le plan visuel, proposant quelques points de vues sympathiques, c'est bien sur le plan sonore que le jeu décolle véritablement. La musique varie en fonction des lieux mais aussi et surtout de vos actions, proposant une ambiance variée et décontractante du plus bel effet (surtout équipé d'un casque). Certaines actions ainsi que l'approche de certains éléments varient le rythme ou ajoutent un élément. Et autant le dire, le jeu est un vrai bonheur pour les oreilles.

L'ambiance zen qui se dégage en vol est sublime.

Le principe

AER est un jeu d'exploration à la troisième personne qui mise plus sur son ambiance que sur un gameplay. Il s'offre même le luxe de ne pas donner d'information sur l'orientation pour vous laisser entièrement libre de vos actions et de leurs ordres. Les commandes sont simples et les actions limitées. Sur la carte, avec l’exécution d'un double saut, Auk se transforme en oiseau et la balade commence. Facile à apprivoiser dans les airs, le jeu est un pur régal grâce à ses visuels pastels et la bande-son qui accompagne chaque zone. Quelques battements d'ailes suffisent pour changer de secteur ou pour visiter l'île flottante suivante.

Sur terre, les choses se compliquent. Si la beauté des lieux est toujours de mise, la lourdeur du piaf échoué est décevante, voire frustrante. Avec une touche de saut et une touche pour ranger ou sortir votre lanterne, seules les quelques énigmes des donjons viennent rompre la poésie ambiante. Ce qui est plus dommageable, c'est que la fillette qui voltigeait comme une plume en extérieur devient un sac à patates en intérieur. Les phases de plateformes oscillent de "trop facile" à "quelques noms d'oiseaux" par la dynamique des sauts illogique. Heureusement, ces phases sont courtes et vous retournez bien vite à votre voyage céleste.

Les énigmes sont simples, trop sans doute.

Pour qui ?

À placer dans la même catégorie que Rime ou Journey, AER est un énième jeu indé qui mise sur la poésie de son univers plutôt que sur son gameplay. Pourtant, une fois les railleries de ce statut passé, il faut aussi reconnaître ce qui est flagrant : l'ambiance proposée est d'une rare qualité, transportant automatiquement le joueur dans la peau de l'oiseau le plus détendu du monde. Un moment de songe qui souffrira malheureusement de la comparaison avec ses comparses plus longs.

À certains endroits, la lanterne révèle des éléments du passé.

L'anecdote

AER est un jeu plutôt court, sans grande rejouabilité, hormis le plaisir de planer et la chasse aux succès. Si quelques-uns sont évidents, la rencontre avec les esprits vous pousse à visiter toutes les grottes de toutes les îles. Un moyen de passer un peu de temps supplémentaire en vol. Un conseil : n'oubliez pas de regarder sous les îles !
Les Plus
  • L'ambiance sonore, un jeu à part entière
  • La liberté de mouvement et d'action
  • La sensation de bien être que procure le jeu
Les Moins
  • La lourdeur d'Auk dans les sauts
  • Un peu court et un peu facile, on en veut toujours plus quand c'est bon

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

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