Fortnite

15 oct. 2017
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3

Le Fort Alamo zombie

Avec son système économique basé sur le Free to Play mais en accès anticipé payant, Fortnite a de quoi séduire par son gameplay équilibré et riche, la relative liberté d'évolution et quelques bonnes idées supplémentaires. Pourtant, le jeu s'avère aussi contenir de véritables freins, à commencer par l'ergonomie des menus ainsi qu'un remplissage inutile d'actions. En l'état, pour 40 € ou 50 €, vous vous retrouvez avec un bon petit jeu qui progresse régulièrement. Mais, pour l'instant, inutile d'y mettre plus, à moins d'être un fan absolu du farming d'objets.

Dévoilé en 2011 par Epic Games alors que le jeu en était au stade embryonnaire, Fortnite débarque six ans après accès anticipé. Avec une série de packs fondateurs payants, allant de 40 € à 150 €, le jeu free to play se lance dans sa phase finale prévue pour durer un an. Mais voyons de plus près de quoi il retourne.

L'histoire

Énième histoire d'apocalypse, Fortnite vous plonge dans un monde où un phénomène météorologique surnaturel a lâché sur l'humanité la plaie des zombies. Les carcasses ainsi nommées se sont faites légions et ont envahi et éradiqué la grande majorité des occupants du moment. Zones désertes et villes abandonnées sont le lot quotidien des quelques survivants téméraires. L'appel d'un petit robot va pourtant faire de vous un commandant, et vous n'allez pas manquer de responsabilités ni de missions.

Avec sa touche colorée, son humour prononcé et ses paysages cartoonesques, Fortnite est un jeu sympathique qui compense la légèreté de son scénario par un ensemble d'éléments plutôt bien trouvés. Entre les missions d'aides, de survie, de défense, de protection de civils, etc., le contenu est tel que la simple idée d'être un jeu de zombie parait désuète. Pourtant, derrière cette masse de missions se cache une répétitivité liée au modèle économique du jeu. Vous obliger à faire trois missions par jour est le pain quotidien de Fortnite, ce qui met en exergue souvent les défauts de doublages ainsi qu'un humour qui devient rapidement lourd.

La construction du fort est souvent sommaire.

Étape 1 : L'exploration et la récolte

Les missions de Fortnite mènent toujours à la même chose, malgré leur diversité. De-ci de-là, vous n'aurez pas l'étape 2 à faire mais pas de quoi révolutionner un monde. Balancés à quatre sur une carte de bonne taille générée plus ou moins aléatoirement, la première chose à faire est d'explorer. Cette nécessité est souvent liée à vos objectifs collectifs (retrouver un objet, une personne) mais encore plus fréquemment à vos besoins personnels (détruire une borne d'arcade, trouver un coffre, etc.). En même temps que ce repérage, la collecte d'éléments commence. Vous devez alors détruire le décor pour récupérer des briques, du bois ou du métal. Mais vous récupérerez aussi de précieux objets nécessaires à l'assemblage des plans glanés un peu partout.

Ces phases de collectes et d'exploration sont obligatoires et souvent indissociables par la nécessité de ramasser les éléments indispensables aux diverses constructions souvent gourmandes, très gourmandes. Surtout que durant les explorations, il faut aussi construire pour avoir la possibilité d'atteindre certaines zones. Elles occupent quasiment deux tiers du temps de jeu en mission par leur importance, mais aussi parce que les objectifs bonus quotidiens le demandent. Pourtant, il n'est pas rare que les quatre joueurs se dispersent sur la carte et que ce temps excède les trois quarts d'heure tant les objectifs sont divers. Alors oui, c'est amusant de tout casser à la pioche pour récupérer les matériaux mais certaines périodes de jeux ne nécessitent pas la construction d'un fort surpuissant, vu que votre force de frappe l'est déjà. Du coup, il n'est pas rare de regretter cet éparpillement longuet et de finalement lancer seul la seconde étape.

Je vous présente mon fort dans son plus bel appareil.

Étape 2 : un Fort à batir et à conserver

L'action commence vraiment ici, la réflexion aussi. Durant les phases de constructions, vous devez prévoir une défense solide pour un objectif, mais aussi être malin afin de limiter la construction de pièges et leurs coûts. En repérant les lieux d'apparitions, vous esquissez les plans de votre base et votre stratégie de défense. À bas niveau, pas la peine de construire sur le principe de Vauban : avec quatre murs et quelques pièges, le tour est joué. Mais quand la difficulté augmente, il faut alors être plus ingénieux. Construire des couloirs de pièges ou des fortifications fragiles qui ralentissent les ennemis, un large éventail de possibilités s'offre à vous et votre équipe. Une fois ces constructions établies, il ne vous reste plus qu'à lancer les vagues d'ennemis.

Vous voilà alors dans un TPS assez classique, avec vos habilités et vos armes pour défendre le point stratégique. Avec une bonne équipe, pas de difficulté majeure. Entre les ninjas qui ont tendances à partir hors des fortifications, les constructeurs qui restent sur place pour reconstruire ou les aventuriers qui gardent fièrement l'édifice, tout dépendra alors de votre personnage et de ceux présents au fort. Les capacités liées aux quatre classes disponibles peuvent modifier votre façon de jouer mais ne vous bloquent pas dans un rôle particulier. Tout en étant équilibrés et tactiques, ces moments sont malheureusement courts, trop courts. Vous disposez en plus d'une petite partie individuelle qui vous laisse libre de construire trois forts autour de zones de défense personnelles. De quoi laisser libre court à votre penchant constructeur et créatif.

Les menus sont vraiment glaciaux.

Un monde de loot et d'xp

De retour dans le menu après une mission, il vous reste pourtant plein de choses à faire. Trop peut-être. En effet, vous pouvez gérer les points d'expérience acquis par votre personnage et ainsi débloquer de nouvelles compétences. Les points de compétences scientifiques eux se débloquent en venant régulièrement sur le jeu pour les récolter. Quel que soit l'arbre de compétences choisi, c'est le manque de clarté qui prime. Sans parler du fait qu'il n'y a pas ou peu de suite logique, il faut passer sur chaque embranchement pour connaître l'effet. L'arbre ne peut être vu sur un seul écran par le dé-zoom. Et si vous pensiez que cela serait rapide, détrompez-vous car quatre arbres de chaque catégorie vous attendent pour vous occuper. Soit un total de huit arbres de compétences pas très claire et plutôt soûlant si vous n'aimez pas les à-côtés.

Et là non plus, Epic Games n'a pas lésiné sur la dose d'à-côtés. En plus de vos arbres, vous avez également vos survivants à gérer, créer des équipes de survies, de soins ou de recherches. Vous avez la possibilité d'envoyer un ou deux héros récolter pour vous de précieuses ressources. Vous aimez collectionner ? Les plans peuvent être rangés pour gagner quelques loots supplémentaires. Malheureusement, ces activités ne sont qu'accessoires. Hormis les gains supplémentaires liés à la collection, ces activités n'ont aucune répercussion sur votre partie. Du remplissage en somme.

Certaines carcasses sont en sommeil. Des proies faciles ou des combats évités.

Pour qui ?

Bien qu'orienté TPS pour sa partie défense de tour, s'arrêter à ce simple critère est une erreur. Entre les différentes phases, celle à proprement parler de tir est sans doute la plus courte. Du coup, il faut se pencher sur les éléments de constructions, de recherches et de récoltes pour estimer le jeu. Et Fortnite tient plus de Minecraft que d'Orcs Must Die! tant les possibilités offertes en début de mission sont variées. Vous devrez donc aimer tous les aspects du jeu pour l'apprécier.

Les ouvertures de pinatas sont drôles... les vingt premières fois.

L'anecdote

Les récompenses, qu'elles soient liées à votre pack de fondateur ou par le biais de quelques V bucks (monnaie du jeu) glanés lors de mission, prennent la forme de pinata, en plus des traditionnels coffres. Ces pinatas sont à exploser via le menu Butin et réservent souvent les meilleures surprises du jeu (le hasard du loot). Epic Games en a fait des animaux parlants, plein d'humour et de candeur quand le bâton s’abat pour sévir. Si ce moment s'avère plutôt drôle au début du jeu, une certaine lourdeur s'installe. Heureusement, vous pouvez accélérer le temps pour vous priver de ces boutades. Parce que c'est bien aussi les pinatas silencieuses.
Les Plus
  • Un bac à sable qui se laisse jouer
  • L'univers et l'ambiance
  • Les armes qui s'usent
  • Les loots réguliers qui peuvent vous faire changer rapidement de style
  • Les quatre types de personnages variés
Les Moins
  • Le coût élevé de certains packs fondateurs
  • Un remplissage vraiment utile ?
  • Le manque d'ergonomie des menus
  • Un poil répétitif

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

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