Torment : Tides of Numenera

20 mars 2017
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Un jeu à lire et un livre à aimer

Torment : Tides of Numenera avait une voie royale devant lui. Le temps n'était pas un souci, le financement acquis mais pourtant le jeu apparaît mal fini. La première partie de l'aventure dans les falaises de Sagus est un vrai régal ludique. Les quêtes sont variées ainsi que les possibilités qui vous sont offertes. Mais une fois sorti de cette ville, l'aventure peine a redémarrer. Vous vous retrouvez même face à des évidences qui vous avaient jusqu'ici échappées : des PNJ sans visages, un menu si peu lisible, des temps de chargement entre les zones totalement anachroniques à notre époque... Même si le scénario est cousu et se vit avec amour, des nombreux points noirs viennent malheureusement gâcher votre plaisir.

Grâce à une campagne kickstarter réussie, InXile vous propose de retourner dans les années 90 avec une bonne dose de RPG old school. Et si Torment : Tides of Numenera a été tant attendu, c'est aussi parce qu'il peut s'appuyer sur des bases solides telles que Pillars of Eternity. Préparez vos machines à remonter le temps et en route pour l'aventure !

L'histoire

Avec Torment : Tides of Numenera, vous voila plongé dans la neuvième grande Aire, un petit milliard d'années après notre époque. Les huit grandes civilisations se sont éteintes ou ont disparu de leur propre chef. Des ruines de ce glorieux passé émerge le monde tel qu'il est. Vous incarnez un reliquat d'un être immortel nommé "dieu changeant", dû à sa capacité de changer de corps afin de l'améliorer. Mais le dieu changeant à sa contrepartie, et l'Affliction débarque pour vous purger de cette terre. Contrairement à ce qui se fait souvent dans les jeux de rôle, pas question ici de sauver l'humanité, mais une quête nombriliste et existentielle qui vous amènera pourtant à découvrir beaucoup de choses sur vous même et les autres. Accompagné de trois acolytes que vous choisirez vous même parmi les éléments disponibles, une longue aventure s'ouvre devant vous. Une aventure paisible.

Certains combats sont anecdotiques, voire inutiles !

Le principe

Torment : Tides of Numenera est un jeu de rôle à l'ancienne et comme dans tout bon jeu du genre, vous commencez par créer un personnage. Une première ébauche est établie par un ensemble de choix que vous effectuez dans un premier chapitre dédié. Puis vient le moment de passer à la feuille de personnage. Nano, glaive ou jack (ou mage, guerrier et voleur) seront vos premiers archétypes. Il existe moult aptitudes à choisir pour terminer votre fiche et en cela InXile a fourni un très gros travail. Cette étape a pourtant introduit le principe de base du jeu : Tides of Numenera est un jeu à lire et à réfléchir. Le système de flux représenté par des couleurs en est la preuve. Choisir d'être juste, de protéger quelqu'un quitte à vous sacrifier, de persuader, tout affectera votre aventure.

Vous avez à faire à des milliers de lignes de dialogues. Chaque dialogue enclenché peut vous apprendre quelque chose sur une quête principale ou secondaire, ou vous apporter de l'expérience. Tous les éléments proposés sont liés. Il faut donc tout lire si vous voulez tout comprendre. Et autant le dire, si vous choisissez de faire seulement l'intrigue principale, vous manquerez l'essence même du jeu. Car même vos acolytes ont une histoire passionnante, qui trouve des rebondissements dans plusieurs lieux. À tel point qu'il est difficile de dissocier la trame principale de celle de vos héros. Pourtant, tout est une affaire de choix dans ce jeu. Beaucoup de questions posées amèneront les réponses nécessaires aux jeux avec des choix non manichéens. Le jeu ne relève ni du bien ou du mal. Les histoires se faufilent subtilement dans différents enchevêtrements de circonstance. Et sauver une personne n'est pas forcément le bon choix. D'ailleurs, un autre trait très important de Tides of Numenera est dans la mesure de l'échec. Vous disposez de points d'action qui peuvent influer sur les pourcentages de réussite d'une action de persuasion ou d'intimidation. Et rater une action ne veut pas dire que l'objectif ne sera pas réalisé. Pareillement avec la mort, celle-ci n'est pas forcément significative de game over, loin de là.

Pourtant, l'aventure de ne vous propose pas de nombreux combats au tour-par-tour dans la mesure où vos choix peuvent vous amener à quasiment tous les éviter. Avec une petite vingtaine, vous aurez du mal à vous familiariser parfaitement avec le système, surtout que certains s’avéreront étrangement compliqués. Vos personnages disposent de capacité et d'objet que vous aurez acquis au fur et à mesure des niveaux. Ces capacités comme les actions de combat piocheront dans vos réserves d'actions pour obtenir de meilleurs résultats. Malheureusement, les combats sonnent vite creux et l'on se surprend souvent à vouloir les éviter plus que de les provoquer.

Malheureusement, même l'inventaire n'est pas réussi.

Pour qui ?

Torment : Tides of Numenera n'est pas à mettre entre toutes les mains, loin de là. Outre ses petits défauts, il s'agit principalement d'un jeu à lire, à relire, qui peut parfois manquer cruellement d'action, surtout si vos choix vous mènent loin des combats. Il faut en plus comprendre l'intégralité des histoires adjacentes à la trame principale pour espérer tirer la meilleure expérience. Plus qu'un jeu, il s'agit d'un livre interactif avec ses demandes d'imaginations permanentes. Vous l'avez compris, un vrai jeu de rôle à l'ancienne.

Les Falaises de Sagus proposent des environnements variés et plaisants.

L'anecdote

J'ai depuis longtemps cédé au modernisme du jeu de rôle, une mort au combat égalant une charge de la dernière sauvegarde. Et Torment : Tides of Numenera m'a joué un mauvais tour lors de mon premier combat. Celui-çi se déroulant sans initiative pour moi, je me suis retrouvé acculé dans un coin devant attendre l'action des six ennemis avant de pouvoir agir. Et étrangement, ils se sont tous jetés sur le personnage principal pour le tuer très rapidement. Sans prendre le temps de quoi que ce soit, je met sur pause et charge ma dernière sauvegarde. Recommençant ainsi le combat à plusieurs reprises avec le même résultat jusqu’à ce que je me rende compte que la mort n'était pas une fin. En effet, après ma mort, un groupe d'individu m'a sauvé avec un résultat que je n'attendais pas : la vie sans game over. Je vous laisse la surprise pour ne pas tout dévoiler mais ce fut une drôle d'expérience.
Les Plus
  • Entièrement traduit en français
  • L'univers créé, l'histoire et les milliers de lignes de dialogues
  • L'ensemble des possibilités offertes
  • Des environnements globalement beaux
  • La richesse des quêtes secondaires
  • Vos acolytes et l'histoire qui est la leur
Les Moins
  • Quelques problèmes de code qui se produisent durant les dialogues
  • Des facilités dans le gameplay qui coupent un peu l'expérience
  • Des ralentissements peu explicables sur console et des descriptions qui restent affichées d'un écran à l'autre
  • Les combats qui manquent d'intérêt
  • L’absence de quelques actions comme "dérober" ou "écouter discrètement"