Final Fantasy XV

03 janv. 2017
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2

Un plaisir fantasque

Les attentes autour d'un Final Fantasy sont toujours grandes et il n'y a pas d'exception ici. Le verdict est difficile à rendre pour ce Final Fantasy XV. De nombreux éléments sont positifs et procurent des sensations agréables comme le système de combat, la taille de la carte, la bande son, la VF ou le recyclage intelligent des musiques des anciens épisodes. Mais qu'avez vous donc fait messieurs avec le scénario où apparaissent des trous béants dans une histoire pourtant riche et profonde ? Pourquoi créer autant d'aberrations alors que le jeu n'en demandait pas autant ? Le scénario est bradé durant sept chapitres synonymes de désillusions pour vous. Vous avez parfois envie de crier au scandale tant ces aberrations sont grandes. Un jeu décevant pour certains qui trouvera cependant certainement son public.

Chaotique ! C'est le terme qui décrit le mieux le développement de Final Fantasy XV. Et il faut dire que le dernier né de chez Square Enix n'a pas été aidé par le temps : parfois abandonné, recommencé depuis le début et retouché dans les parties importantes lors de sa dernière année de production. Mais est-ce un jeu mauvais pour autant ? Pas si sûr.

L'histoire

Attendre un Final Fantasy, c'est surtout s'attendre à vivre une aventure fantastique et incroyable, mélangeant fantaisie et vie moderne. Pour expliquer l'histoire de cet épisode sans trop la spoiler, c'est donc toujours compliqué. Vous suivez ici Noctis, prince héritier du royaume de Lucis, alors qu'il part en voyage avec trois de ses amis (et gardes du corps) pour rencontrer sa promise. Scène émouvante de départ entre un grand ado rebelle et un père un peu coincé, vous voilà à bord de la Régalia, véhicule de votre paternel, pour un petit road trip à l'ancienne. Mais la cité à peine dissimulée par les éléments du paysage, que vous voilà en panne. La petite ville d'Hammeard n'est pas loin, et un peu de marche à pied ne vous fera pas de mal. Les choses ne vont pas évoluer dans le bon sens. Votre père vous a en réalité sorti de la ville pour être sûr que vous échappiez à la mort. Le royaume rival Niflheim brise le cristal qui protégeait la ville lors d'une cérémonie de diplomatie et en profite pour s'emparer du pouvoir (non sans tuer le roi au passage). Vous voilà donc orphelin, sans le sou et avec pour unique but de reconquérir le pouvoir. Et la route sera longue ! Retrouver les 13 armes fantômes et être reconnu par les six élus, tout en évitant l'étrange Ardynn, qui a la fâcheuse tendance de se montrer partout, surtout là ou vous ne l'attendez pas.

Le scénario de Final Fantasy XV se découpe en réalité en deux parties. La première partie se déroule dans un monde ouvert tandis que la seconde est une succession de couloirs limités (l'inverse donc de Final Fantasy XIII). Le début de l'aventure s'avère agréable dans un monde vaste. Les quatre personnages se montrent attachants malgré leurs accoutrements. Vous devez prendre la voiture pour le moindre déplacement ou alors louer un chocobo avec des dialogues qui donnent vraiment de la profondeur aux personnages. Mais si cette partie de l'aventure est la plus intéressante, elle montre aussi des défauts de cohérence et de rythme flagrants. Le prince qui embarque fauché dans une voiture royale qui tombe en panne au bout de deux kilomètres, c'est surprenant. Le meurtre de votre père par l'empire chamboule à peine votre héros qui a quasiment digéré son décès dans la demi-heure suivante. Et alors que vous êtes attendu par votre bien aimée et par votre peuple, vous allez pouvoir passer des jours et des jours a attraper des grenouilles, des bouts de cailloux et farmer des gils. Après le chapitre trois, en plus des incohérences, vous aurez à subir le manque d'informations, de dialogues et de cinématiques afin de comprendre correctement les événements. Des personnages secondaires passent complètement à la trappes durant l'aventure. Une certaine déception peut donc apparaître si vous jouez pour l'histoire.

Eh oui ! Vous pouvez aussi défigurer la voiture de votre père.

La technique et l'artistique

Si nous vous en parlons ici, c'est qu'il y a des choses à dire. En bien d'abord parce qu'il faut l'admettre, il y a des bonnes choses. Final Fantasy XV se dote tout d'abord d'une bande son magnifique. Yoko Shimomura signe ici une œuvre magistrale, complète et cohérente avec l'univers. Vous pourrez aussi appréciez quelques recyclages de musiques astucieux. Il faut souligner l'excellent travail réaliser sur la VF qui pour une fois parait être une vraie alternative. Les acteurs jouent parfaitement leur rôle et rendent tout à fait crédible les échanges entre les divers personnages. Alors pour une fois que vous n'êtes obligés de lire toutes les lignes de dialogues, profitez-en ! La direction artistique est aussi une bonne surprise, le médiéval fantastique et le moderne sont bien dosés. Les monstres croisés sont presque probables, bien loin de ceux de Final Fantasy XIII.

Sur le plan visuel, c'est un peu en dent de scie. La version testée a bénéficié du premier patch. Le jeu laisse globalement une impression de joli. Les balades dans les déserts sont convaincantes. Même si la végétation n'est pas modélisée avec perfection, le rendu reste correcte pour un monde ouvert. Certains donjons bénéficient d'idées et de rendus très bons. Mais (car il y a toujours un "mais"), vous pouvez aussi voir les choses autrement car les étendus sont souvent désertiques, les villages sont des stations services perdues, et la découverte de la station balnéaire ne va pas vous aider à améliorer votre avis. Le rendu de l'eau est pas loin de celui de la PS2. Il n'y a que trois PNJ sur la plage, le sable est plat et seul le restaurant est un peu animé.

Vous pouvez personnaliser l'apparence de vos héros avec des sets de tenues disponibles.

Le principe

Final Fantasy XV se présente comme un action RPG en monde ouvert. Vous contrôlez Noctis dans ce monde gigantesque que ce soit à pied, en voiture ou en chocobo. Pas de combat intempestif ni de chargement entre les zones, juste vous et les missions données. Cette liberté a un prix vu que toutes téléportations vous emmènent pour un temps de chargement long, très long. Dans ce monde ouvert, vous pouvez donc faire ce que vous voulez comme réaliser des quêtes annexes, suivre l'histoire ou aller à la pêche. Vous avez même la possibilité de faire du camping avec vos acolytes pour confirmer votre gain d'expérience et ainsi monter en niveau. Si le portefeuille est rempli, vous pouvez dormir à l'hôtel ou dans un mobil home, le gain d'expérience sera accrue mais vous ne pourrez pas bénéficier des bons petits plats d'Ignis. Et c'est là une autre bonne idée du jeu : la nourriture vous confer différent bonus, les plats d'Ignis utilisant votre réserve d'ingrédient plutôt que vos gils.

Côté combat, Noctis est capable d'utiliser quatre armes différentes, interchangeables sur simple pression du pavé directionnel. En plus de son attaque standard, votre héros dispose d'une attaque éclipse, attachée à la touche Y, qui se montre particulièrement sympathique, rendant les combats plus dynamique. Il peut lancer son arme et se téléporter à son manche pour infliger de gros dégâts. Cette même touche vous permet aussi de vous emmener dans un endroit sûr en hauteur pour analyser le combat et repartir à l'assaut de plus bel après avoir rechargé votre barre de points de magie. Vous disposez aussi d'un contre, suivi d'une riposte si vous avez respecté le timing. Après quelques temps, vous aurez même à disposition l'arsenal fantôme, vous permettant d’enchaîner un combo dévastateur sur une durée limitée. Et vos compagnons, gérés par l'IA, pourront venir vous prêter main forte avec une attaque spéciale à choisir dans une liste. Au rayon magie, les choses ont changé. Vous récoltez des éléments que vous pouvez fusionner dans votre inventaire pour créer des sorts. Tout irait bien sauf que le friendly fire est actif pendant les sorts. Et équiper vos compagnons de magie est risqué vu qu'ils ne gèrent pas du tout votre présence, l'inverse étant vrai aussi. Vous brûlez donc régulièrement Prompto, Ignis et Gladiolus. Pire, ils peuvent même vous achever si vous leur donnez les clefs.

Final Fantasy ne serait rien sans son sphérier pour gérer votre évolution, et Final Fantasy XV ne fait pas exception. Réparti sur différents tableaux, vous aurez à choisir comment investir vos PC en fonction des attributs des personnages, de leurs capacités, des activités annexes ou et d'autres éléments dont nous vous laissons la surprise. Si les possibilités semblent correctes, vous vous rendez vite compte que vous n'avez finalement pas trop le choix. Pas assez nombreuses ou trop onéreuses en points précieux, vous choisissez vite par défaut plutôt que par optimisation. Une partie du jeu mitigée, qui pourra pourtant trouver grâce aux yeux de certains chasseurs émérites.

On est jamais mieux qu'à dos de Chocobo !

Les activités annexes

Il y a une multitude de quêtes annexes à réaliser avec des gains différents, mais sachez que vous serez obligé d'y passer vu que les ennemis tués ne font pas tomber de gils. Les premières qui vous seront accessibles seront les quêtes de chasse. Résumer le principe est assez simple : le commanditaire vous donne une cible, un endroit et un horaire. À vous de vous y rendre pour tuer la ou les cibles puis revenir voir le commanditaire. Les quêtes de chasse sont nombreuses. Elles permettent surtout de gagner beaucoup d'argent rapidement ainsi que des objets ou accessoires. Donc quand vous sortez d'un donjon ou d'une quête qui vous aura coûté trop d'objets de soin, il faudra souvent passer par là. Cependant, et comme le principe le montre, vous multipliez les allers-retours sans intérêt sauf le combat (voir anecdote pour plus d'intérêt).

Ensuite vous avez une deuxième sortes de quêtes, liées aux PNJ rencontrés. Ne vous réjouissez pas trop vite, si le but change, le principe est souvent le même. Commanditaire, objectif, voyage et retour au départ sont les mamelles des quêtes. Le petit plus est souvent dans l'objectif. Plutôt que de tuer un groupe de monstres, vous devez prendre des photos, capturer des grenouilles ou trouver des pièces pour votre automobile. Si certaines quêtes ne sont pas vraiment utiles, d'autres peuvent tout de même vous apporter de très bonnes armes ou un rabais non négligeable chez un marchand. Vous l'avez compris, loin d'être obligatoire pour l'aventure, vous devrez tout de même y passer pour espérer atteindre la fin du jeu.

Il est nécessaire de faire le plein de la voiture... à hammeard, toujours !

Pour qui ?

Amateur de chasse aux monstres en monde ouvert, bienvenue sur Final Fantasy XV. Si vous aimez les actions RPG, entrez aussi. Vous êtes fan de Final Fantasy, les bases sont là pour vous attirer. Vous l'avez compris, un gros effort a été fait pour capter un maximum de monde, quitte à délaisser une partie des joueurs habitués. Si le jeu n'est pas mauvais, c'est bien les (grosses) erreurs narratives qui viennent gâcher le plaisir. Le titre se destine donc plutôt aux chasseurs fabuleux qu'aux joueurs en attente de fantaisie. Et le mode multijoueur à venir confirme bien cette évolution.

Un petit manque de PC ? Pas de soucis, une bonne partie de pêche et le tour est joué.

L'anecdote

Final Fantasy XV dispose de plusieurs sphèriers pour développer les caractéristiques et les techniques de vos personnages. Et dès le début j'ai fait un choix qui semblait ridicule mais qui s'est révélé salvateur par la suite. Un des arbres de compétences est liés à vos loisirs : pêche, balade en chocobos, balade en voiture, courses de chocobos, etc. Vous pouvez investir dès le début du jeu par exemple 24 PC pour que les longs trajets en voitures vous fassent gagner des PC régulièrement. Si cela parait sans intérêt au début, vous allez vite vous rendre compte que prendre la voiture et poser votre manette le temps du trajet, vous permet de grappiller facilement un ou deux points de compétences. Surtout que les trajets en voiture sont souvent plus rapides que les temps de chargement. Cumulez les PC pris pendant les parties de pêche et ceux pris pendant les balades à chocobos, non seulement les PC investis sont vites récupérés mais vous vous retrouvez rapidement avec un petit tas de PC faciles sans prendre le moindre risque.
Les Plus
  • Une bande son magnifique
  • Une direction artistique enthousiasmante
  • Le recyclage des musiques d'anciens épisodes
  • Le bestiaire varié et complet
  • Le système de combat dynamique
  • Les balades en chocobos
  • Des personnages principaux attachants
  • Une VF au top
  • La chasse aux grosses bêtes
  • La beauté des apparitions divines
Les Moins
  • Des chutes de framerate quand il y a trop d'ennemis
  • Un nombre impressionnant de quêtes sans intérêt (ou type "FedEx")
  • La magie (et le friendly fire qui va avec)
  • Les combats contre les dieux, parfois risibles, souvent incompréhensibles
  • Les niveaux des ennemis qui ne correspondent pas à grand chose.
  • Un scénario complet, mais un traitement baclé, parfois laxiste sur la cohésion du tout et des cinématiques manquantes pour la compréhension