Metal Gear Solid 3 : Snake Eater, le retour aux sources

20 avr. 2005
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Konami
  • Développeur Konami
  • Sortie initiale 3 mars 2005
  • Genre Action

Bien que le chemin reste terriblement linéaire, la jungle luxuriante de Metal Gear Solid 3 est saisissante. Les effets appliqués à l'eau sont même prodigieux pour de la PS2. Certains passages sont vraiment sublimes et marquent forcément tout joueur normalement constitué. A condition d'accepter la suppression abusive du radar et les problèmes de visibilité posés par cette caméra plongeante, Metal Gear Solid 3 est un titre indispensable. Un titre un peu bavard (c'est du Hideo Kojima), un peu poseur (idem) mais tellement beau, varié et intelligent qu'aucun défaut ne résiste vraiment devant une telle maestria. Ceux qui préfèrent avant tout les scénarios habiles et les mises en scène grandioses peuvent foncer les yeux fermés ; pour tous les autres, il reste le solo et le multi de Splinter Cell: Chaos Theory.

Attendu par des millions de fans, le dernier Metal Gear Solid réserve une fois de plus son lot de surprises. S'il serait coupable de dévoiler les rebondissements d'un scénario surprenant, et fastidieux d'énumérer toutes les gâteries que le jeu réserve, retenons simplement ceci : Metal Gear Solid 3 est un jeu d'infiltration atypique qui ne risque pas de faire l'unanimité. Tant mieux, en un sens, en ces temps où la qualité d'un titre est trop souvent établie bien avant sa sortie.

La caméra de dessus limite beaucoup trop le champ de vision.

Bouillie de serpent

Que se serait-il passé si Metal Gear Solid 3 n'avait pas exploité la célèbre licence de Konami ? C'est une question qui mérite d'être posée devant l'unique gros problème du jeu : en supprimant le radar qui matérialisait l'emplacement des gardes et leur cône de vision, Metal Gear Solid 3 change radicalement la façon de jouer. Désormais, il n'est plus possible de foncer en s'arrêtant pile au bon moment : il faut avancer doucement, ramper, passer en vus subjective et utiliser le stick droit pour déplacer légèrement la caméra. Autant de subtilités qui rendent le jeu beaucoup plus dur, au point que déclencher des alarmes devient inévitable. Contrairement à Splinter Cell: Chaos Theory, son grand rival du moment, Metal Gear Solid 3 donne l'impression d'un gameplay bancal, la vue de dessus ne permettant pas de bien appréhender son environnement. Pour un jeu d'infiltration, c'est un sacré défaut, Metal Gear Solid ou pas.

La version européenne ajoute quelques bonus comme cette peinture française.

Des ajouts en dents de scie

Contrairement à beaucoup de suites, Metal Gear Solid 3 a donc pris le soin d'innover. En mal, pour ce qui concerne la caméra, mais aussi en bien. L'ajout des camouflages rend le jeu plus intéressant, voire plus ludique ; certains costumes méritent en effet le détour. Le principe est simple : en fonction de la tenue et des peintures de guerre choisies, le héros se fond plus ou moins bien dans le décor. C'est intéressant mais il faut hélas passer par un menu dédié et sortir du jeu à chaque fois... Les drapeaux ajoutés à cette version française ne sont pas terribles mais la possibilité d'en télécharger est en revanche sympathique. La possibilité de revoir les cinématiques fait également partie des petits plus appréciables, Metal Gear Solid 3 se distinguant une fois de plus par sa mise en scène : animation, mouvements de caméra, voix VO sous-titrées et protagonistes caricaturaux donnent dans le grand spectacle. C'est amusant, surtout au second degré, le jeu ne se prenant pas au sérieux. Des missions où il faut chasser des singes permettent aussi de se défouler, un mode franchement anecdotique.

Soignez votre beau héros musclé, qu'il s'agisse d'entailles ou de fractures.

Opération Survie

Plus intéressant, Metal Gear Solid 3 ajoute la gestion de la nourriture à l'aspect survie. Il faut abattre des animaux, serpents, oiseaux, qui se transforment aussitôt en rations à dévorer ou à stocker. Manger permet de remettre à niveau sa jauge de stamina, sérieusement entamée après de violents efforts comme se suspendre à une corniche. Cet aspect est très travaillé, avec même des indigestions si la nourriture est avariée ! Autre surprise, il faut parfois bander ses plaies ou soigner ses fractures. Désinfectant, bandages, atèles, tout est prévu pour recoudre son héros et le remettre debout. Impressionnant et réaliste, surtout que tout est effectué avec les moyens du bord. Metal Gear Solid 3 se situe chronologiquement avant Metal Gear Solid 2: Substance et ça se sent : les soins, les armes, les environnements, les méthodes d'infiltration et les costumes changent radicalement. Le retour à la jungle est en plus une excellente idée.
Les Plus
  • La mise en scène
  • Les rebondissements du scénario
Les Moins
  • Le problème de la caméra en l'absence de radar
  • Bavard, verbeux et poseur !