Hotline Miami 2 : Wrong Number

31 mars 2015
Testé par sur
Disponible sur
4

L'Orange Mécanique du jeu vidéo

Hotline Miami 2 : Wrong Number explose les codes de son médium. Plus qu’un jeu vidéo, une œuvre interactive aussi marquante qu’Orange Mécanique de Stanley Kubrick en son temps. Si en soit il reprend tout du principe de son aîné et que des bugs récurrents viennent entacher l'expérience, les développeurs de Dennaton Games font mieux qu'il y a trois ans. Le gameplay est toujours aussi nerveux et sulfureux. Ne loupez pas ce bijou sanglant, cette perle tranchante prête à vous retourner le cerveau. Finalement, le 2 n'est pas un si mauvais numéro.

Hotline Miami 2 : Wrong Number est l’ultime volet d’une licence indépendante. Ultra violence, pixel art, et bande sonore d’enfer côtoient un scénario sulfureux. Bref, un jeu devant lequel il vous sera impossible de rester insensible.

L'histoire

À sa sortie, il y a trois ans, le premier volet a frappé un grand coup sur la scène du jeu vidéo indépendant. En proposant une expérience particulièrement étrange et violente, Hotline Miami a fait date dans un style rétro eighties. Le second opus fait dans la continuité en terme de gameplay, de manière de jouer, mais propose un scénario plus étoffé, autant inspiré des films de Nicholas Winding Refn que de ceux de Quentin Tarantino et bien sûr Stanley Kubrick. Les deux développeurs suédois de Dennaton Games expriment leur savoir-faire narratif avec brio.


À l’instar de Grand Theft Auto, dans le premier épisode, le héros n’avait qu’un surnom. "Jacket", dénommé ainsi par les joueurs fait place à neuf personnages, du mafieux russe en fin de carrière, au policier typé Bruce Willis dans Die Hard en passant par un écrivain contraint à la violence, mais incapable de tuer. Dans une suite logique, l’action se déroule au début des années 1990, avec pour toile de fond le procès des meurtres sauvages de mafieux russes perpétrés par Jacket, justement.

La déconstruction scénaristique interpelle par son caractère abscons, surprend par la confrontation des personnages auparavant jouables tout en conservant d’intimes liens au premier Hotline Miami. La fin de ce second volet laisse dubitative, aveuglé que nous sommes par la frénésie fulgurante qui se dégage de l’expérience. En cela, la bande originale a un rôle important, tantôt relaxante, nerveuse puis dodécaphonique, mais indéniablement grandiose. Louons les artistes comme Pertubator, Moon, ou encore le français Carpenter Brut.

L'histoire est découpée en actes et en scènes.

Le principe

"Faster, harder, stronger" Voilà un titre qui conviendrait au gameplay de Hotline Miami 2. Ce qui saute aux yeux, c'est la taille des niveaux. Bien plus vaste, enjolivé par une construction asymétrique, le level design change de l'habituelle entrée par la gauche et sortie par la droite. Le titre cherche à vous perturber par son côté labyrinthique, presque cérébral. En conséquence, les ennemis sont bien plus nombreux mais aussi bien mieux armés que dans le premier volet. Le pic de difficulté apparaît dès le début pour s'atténuer un peu au fur et à mesure de l'acquisition des nouveaux masques et personnages.

Justement, les masques donnent des pouvoirs, comme à l'accoutumée. Si vous retrouvez Tony, le félin mortel des poings, la plupart des masques sont nouveaux. Il vous arrivera tout de même de regretter des pouvoirs auparavant présent. Mais porter un couteau et une arme, à la mode Metal Slug, brandir deux mitraillettes ou encore avoir deux personnages contrôlables en même temps apportent une plus-value indéniable dans des combats de plus en plus ardus au fil de la descente aux enfers.

Les nouveaux masques sont d'une efficacité redoutable.

Pour qui ?

Vous entrerez plus facilement dans l'expérience Hotline Miami en ayant terminé le premier épisode, c'est clair. Mais rien ne vous empêche d'apprécier le gameplay et l'histoire particulièrement bien menés. Dennaton Games a pris un peu de retard, certes, pour le plus grand bien. Les acharnés et speedrunners seront aux anges avec des niveaux plus vastes, une difficulté rehaussée, saupoudrée de défis via les succès. Malheureusement, des bugs de portes et d'IA persistent, plombent les run, certains murs sont également sources de problèmes : ils laissent parfois passer les balles. Finalement, tout le monde y trouvera son masque.

La traduction française laisse à désirer.

L'anecdote

Imaginez un joueur à quatre heures du mat', mort de fatigue essayant coûte que coûte de passer un niveau ? Ça vous dit quelque chose ? Diriger le flic sur un porte-conteneurs dans le port de Miami n'est pas une mince affaire. En cause, une rangée de mafieux déterminés, armés de MP5. Une plaie. J'ai réussi tant bien que mal à parcourir ce tableau. Manque de bol, le suivant était encore plus corsé. Allez hop, au lit !
Les Plus
  • Une bande originale vraiment géniale
  • Des niveaux vastes et longs
  • Les nouveaux masques synonymes de nouveautés dans le gameplay
  • Ce pixel art passé sous filtre K7
Les Moins
  • Des bugs de portes trop nombreux
  • Des masques disparus