Toute la lumière sur Obscure

29 sept. 2004
Testé par sur
2
  • Éditeur Microïds
  • Développeur Hydravision
  • Sortie initiale 2 septembre 2004
  • Genres Action, Aventure

Vous aimez les jeux Resident Evil ? C'est bien, vous pouvez continuer à lire. Vous aimez le film The Faculty ? C'est déjà un peu plus gênant mais bon, on se connaît depuis longtemps, restez quand même. J'ai du gros Obscure pour vous, c'est bon, mangez-en : c'est plein de morceaux de zombies putréfiés qui avancent en geignant, enfin jusqu'à ce que vous leur décolliez la cervelle d'une décharge de shotgun en pleine tête. Ah ça vous plait bien ça hein, le zombie, le shotgun ? Et regarder sous les jupes des filles, vous kiffez aussi ? Oui-oui, c'est possible aussi, il suffit de demander. Obscure c'est tout ça et beaucoup plus, vous allez voir.

A deux c'est mieux

Les jeux vidéo, ce n'est pas que pour les mecs. C'est aussi pour les mecs qui cherchent des filles. Prenez l'Eye Toy par exemple, le truc de Sony, c'est terrible pour ça. Ca enfonce Bust-A-Move et Mario Kart les doigts dans le fion. Il suffit d'agiter les bras comme un con et de taper dans un sein (oups ! pardon) puis de s'effondrer sur le canapé en disant : Ouh là, je suis crevé... pas toi ? avec juste ce qu'il faut de sourire craquant. Obscure, c'est génial pour ça aussi, mieux que Resident Evil ou Doom 3, même à deux sur une même chaise. Parce que là, dans Obscure, on peut jouer à deux simultanément, avec deux persos différents. C'est la première fois que c'est possible dans un jeu d'horreur-survie, comme ils disent à l'Académie. Et mine de rien, c'est une sacrée bonne idée, ne serait-ce que pour jouer les gros mâles protecteurs ou les frimeurs, du genre regarde, hop ! sans la torche.
 

Mon amie la torche

Evidemment, Obscure oblige, le jeu joue à fond la carte du clair-obscur. Il existe deux façon d'éliminer les monstres, la douce et la forte. La douce, c'est péter les stores à la batte de baseball pour faire entrer la lumière et liquéfier les hordes de créatures cauchemardesques. Ca marche bien au début, un peu moins quand la nuit tombe... La seconde, c'est de récupérer un flingue, un shotgun ou carrément un laser façon Akira pour découper des morceaux de bidoche proprement. Dans tous les cas, scotcher une lampe torche à son arme est sacrément utile, pour y voir déjà mais aussi pour aveugler les ennemis, les immobiliser un peu et les shooter beaucoup. C'est très efficace contre certains boss, du type grosse larve purulente dont le bide expulse régulièrement une chiée de saloperies rampantes. Oui, ça donne envie de lire Freud.
 

Savant fou + complot = survival-horror

Déjà, on sent bien que Obscure respecte à la lettre le cahier des charges du parfait petit jeu d'horreur. Dans l'ordre, on trouve un scénario bateau à base de savant fou, de complot, de frangin débile et de mutations. C'était ça où l'ouverture d'un portail sur une autre dimension, notez bien. Evidemment, on trouve aussi les décors qui vont avec, les grands classiques imposés par les Resident Evil : un labo souterrain, une (courte) excursion en forêt, la salle de projection, la maison abandonnée et, attention grosse nouveauté, le bahut. C'est le plus original mais aussi ce qui fait le plus série B, cette incursion dans des salles de classe vides, le petit passage par les cuisines ou l'infirmerie, sans oublier le final dans le gymnase. Cette petite incartade mise à part, les habitués des Resident Evil se retrouveront en terrain connu, un peu trop connu d'ailleurs. Plus on avance dans le jeu et plus les ressemblances avec la célèbre saga sont évidentes, au point de devenir presque ennuyeuses. C'est d'autant plus gênant que Obscure ne fait pas franchement peur, surtout à deux.
 

Même pas peur

Dans la grande lignée des survival-horror, il existe deux tendances : le malaise (Silent Hill) et la flippe (Resident Evil). Obscure ne penche ni pour l'un ni pour l'autre. Il avance gracieusement sur une ligne médiane, esquivant adroitement les gros artifices comme le coup du corbeau / doberman / Nemesis qui défonce la fenêtre / porte / cloison avec un gros bruitage pour mieux faire sursauter. Il saupoudre aussi les pièces de râles inquiétants, de grattements fourbes ou de grincements éprouvants, du moins jusqu'à ce qu'on comprenne qu'ils ne signalent pas l'arrivée de monstres et qu'ils servent juste d'ambiance. Après une ou deux téléportations sauvage de créatures, on a vite pigé le truc et le jeu ne fait plus peur. Il n'est d'ailleurs pas spécialement difficile, les munitions étant assez nombreuses. Autant dire que le niveau de stress ne monte pas beaucoup.
Les Plus
  • Un bon jeu pour débuter dans le genre
  • La coopération à deux en simultané
Les Moins
  • Trop proche des Resident Evil (scénario, décors)
  • Trop facile, ne fait pas franchement peur
Résultat

C'est encore plus vrai à deux où à force de discuter (et derrière le tableau t'a regardé ?) l'angoisse propre aux survival-horror disparaît complètement. On ne sent plus isolé, abandonné, perdu au milieu d'un environnement hostile, zieuté par des milliers de créatures tapies dans l'ombre, attendant le script salavateur pour sauter au shotgun de l'infortuné joueur. On a plutôt envie de rigoler, de pousser un grand cri comme : Derrière-toi ! histoire de faire hurler sa copine, juste avant de lâcher en gloussant : Ah non, c'était juste une chaise. Oui c'est bas. En même temps, vu la pénurie sur PC et Xbox, inutile de faire la fine bouche. Obscure est un bon titre pour s'initier au genre, pour ceux qui ne connaissent pas les Resident Evil. Les énigmes sont simples (mention spéciale au gobelet en plastique à remplir d'acide fondant), la difficulté est gentille et tout est là, depuis le scénario bateau jusqu'aux allers-retours gonflants. Sur PlayStation 2 en revanche, autant opter pour les ténors du genre.