Rayman Legends

19 sept. 2013
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 29 août 2013
  • Genres Action, Plateformes

Pas de bras, pleins de lums

Tout vient à point à qui sait attendre. Après des reports, du retard et de l’attente, Rayman est revenu une nouvelle fois chambouler notre quotidien comme lui seul sait faire, et non sans un certain panache. Plus beau, plus recherché dans le gameplay, plus long, plus fun, plus déjanté, et plus entraînant, c’est le digne successeur de Rayman Origins. Fort de son contenu exhaustif et de son potentiel de rejouabilité immense (faire redécouvrir des niveaux à différentes personnes en guettant leurs réactions de surprises est tout simplement génial), Rayman Legends va vous séduire vous et vos amis, à tel point qu’il vous sera difficile de lâcher la manette.

Il y a deux ans, Rayman Origins avait soufflé un vent de fraicheur sur le monde des jeux de plates-formes. Redonnant ses lettres d’or à un genre de plus en plus essoufflé, le titre avait ravi bon nombre de fans du héros sans bras ni jambes avec son retour aussi tonitruant qu’azimuté. Aujourd’hui, après divers reports attisant l’attente des joueurs, Rayman revient pour un second round dans un univers encore plus riche, châtié et déluré.

L'histoire

Tabasser des hordes d'êtres malfaisants à tout va est éreintant, et ce même pour Rayman et ses compagnons. C'est pourquoi, après avoir libéré la Croisée des Rêves à la fin de Rayman Origins, tout ce beau monde s'est endormi, pendant longtemps. Trop longtemps. Effectivement, un siècle de ronflements et de rêves est passé. Lentement, mais sûrement, les cauchemars nés des peurs les plus viscérales de nos héros se sont insinués dans la Croisée des Rêves, envahissant de nouveau ce monde onirique où sieste, baffes et goinfrerie sont les mots d’ordres. Réveillé en sursaut par Murphy, vous vous apercevez très vite que les Lums et les Ptizêtres se sont fait kidnapper par une faction de Ptizêtres maléfiques ayant pour sombre dessein de faire couiner le nez en trompette de leurs congénères.

Le schéma, strictement identique à celui du précédent opus, reste donc dans la simplicité, ce qui n’est guère étonnant. Ubisoft Montpellier, plutôt que d’approfondir l’histoire et le contexte, a préféré mettre à profit son temps pour peaufiner l’aspect graphique et le gameplay du titre. Vous les voyez venir les graphismes de folie, hein ? Eh bien attendez-vous à ce qu'ils soient légen — wait for it...

Que les anatidaephobes se rassurent, aucun canard ne vous surveille. Vous êtes le canard.

Le principe

En théorie, Rayman Legends peut se finir en écrasant deux touches. Courir, toujours courir, sauter, planer, frapper, et courir. Ceci représente, basiquement, les actions à effectuer pour terminer un niveau. Mais Rayman Legends est plus que cela. Beaucoup plus. En effet, son principe est de vous faire vivre une aventure unique. Pour ce faire, il déploie un éventail d’arguments convaincant. Le premier, fer de lance des attributs du jeu, repose dans les graphismes. Rayman Origins en avait déjà épaté plus d’un lors de sa sortie. Rayman Legends le dépasse et en met littéralement plein les yeux. Plus contrastés et colorés, les décors riches et soignés du titre relèvent tout simplement d’une véritable prouesse technique. A cela s’ajoute un gameplay un peu plus étoffé, avec la présence de Murphy, petit être vert qui vous est bien utile pour soulever ou déplacer certains obstacles. Son utilisation, intéressante, est néanmoins parfois un peu maladroite, notamment lorsque vous devez courir sans arrêt. En effet, allier vitesse et précision en évitant de nombreux obstacles n'est pas toujours évident car Murphy a parfois un peu de mal à suivre la cadence et ses actions prennent parfois quelques précieuses secondes de trop à s'effectuer. Enfin, si la structure des niveaux est globalement la même pour tous, le jeu arrive à se réinventer, à trouver de nouvelles astuces, de nouvelles choses pour vous amuser, vous ravir, vous surprendre, et surtout, vous étonner.

Le multi

A l’instar de tout bon jeu de plates-formes qui se respecte, Rayman Legends peut se faire en solo ou en compagnie d’autres joueurs localement, ce qui est, bien entendu, beaucoup plus fun. Nombreuses sont les fois où vous pouvez être tenté de mettre une baffe à vos coéquipiers ou de courir pour qu’ils soient éjectés de l’écran. Mais au delà de se mettre des bâtons dans les roues, certains niveaux, tels que ceux où vous avez un temps imparti pour libérer tous les Ptizêtres (où il est d’ailleurs impossible de donner des coups à ses compagnons), requièrent un certain travail d’équipe. Outre le mode histoire, vous avez à votre disposition un mini-jeu nommé Kung foot. Son principe tient sur un post-it : deux équipes s’affrontent dans un match de football complètement déjanté où toutes les baffes et torgnoles sont permises. Ce mini-jeu, tout simple, vous fera passer d’intenses moments de plaisir et de rire. A chaque but, un tonitruant "GOAAAAAAAAAAAAL !" s’élève de la tribune, vous mettant la pression pour soit remonter, soit creuser l’écart. Impossible de rester assis tranquillement dans son fauteuil lorsque vous y jouez. Vous ne pouvez vous empêcher de trépigner, de sauter, de crier, et de vous acharner sur la manette pour frapper le plus fort possible le ballon en direction des cages adverses. Vous ressortirez électrisé et en forme de chaque session, quelle que soit l’issue du match. Grisant.

Un poing c'est tout !

Pour qui ?

Rayman Legends s’adresse à tous les aficionados de jeux de plates-formes, tous les fans du héros démembré, tous les amateurs de défis, de challenge, de fun, et de monde fantastiquement fou. Le contenu du titre est assez signifiant : cinq mondes composent la trame principale, d’anciens niveaux de Rayman Origins ont été importés et lissés pour l’occasion et de nombreux niveaux bonus viennent se greffer à ceux déjà terminés. À cela s’ajoute des défis hebdomadaires et quotidiens proposés à l’ensemble de la communauté par Ubisoft vous permettant de remporter une récompense si votre score figure parmi les meilleurs d’entre vos amis. Si certains joueurs pourront être désemparés par le début du jeu un peu laborieux avec un Rayman assez raide, qu’ils se rassurent, tout se fluidifie très vite. Pour la difficulté néanmoins, le premier monde est très facile et se traverse rapidement. Un peu trop rapidement. Par la suite, les choses se corsent progressivement, jusqu'à donner quelques fois du fil à retordre, notamment avec une poignée de niveaux chronométrés relevant du parcours du combattant pour être parfaitement fini dans le temps imparti.

Enfin, Rayman Legends comptant plusieurs niveaux musicaux se basant sur des reprises originales de célèbres mélodies, le titre cible ceux qui sont prêts à rentrer dans le jeu jusqu’à vibrer au son des musiques, à les fredonner, à se calibrer sur leur rythme et à les relancer sitôt fini. Si, si, encore et encore, vous n’y résisterez pas !

Vous voyez ces graphismes ? Remplacez-les par d'énormes pixels pour obtenir un des niveaux 8-bits.

L'anecdote

En plus des cinq mondes principaux composant l’histoire, il en existe un sixième, avec seulement sept niveaux. Ce monde reprend en réalité tous les niveaux musicaux et les met à la sauce 8-bits. De l’effet de loupe grossissante des anciennes bornes d’arcades aux pixels grossiers et en passant par l’image sautillante et enneigée d’un vieux poste de télévision à bout de souffle, ces niveaux 8-bits sont un bel hommage aux consoles d’antan. Un hommage que tous n’apprécieront cependant pas forcément en raison de ses abus. Effectivement, les effets augmentant en intensité au fur et à mesure que vous progressez dans chaque niveau, il devient vite difficile de suivre la progression de votre personnage à l’écran. La pixellisation à outrance, ou la neige qui prend le dessus sur l’image plus ou moins nette pendant de longues secondes sont là pour rendre le défi important. C’est réussi, c’est original, c’est amusant, mais ça fait aussi mal aux yeux, littéralement. Une bonne surprise un peu en demi-teinte donc pour certains niveaux, mais globalement bienvenue et représentative de la capacité qu'a l’équipe d’Ubisoft Montpellier à nous surprendre constamment.
Les Plus
  • Graphiquement à tomber
  • Un contenu impressionnant
  • Le Kung Foot
  • Le multijoueur, convivial et source d'une grande rejouabilité
  • Une bande son exceptionnelle
  • Les niveaux à thèmes : musicaux, chronométrés et 8-bits, un régal
  • Des animations toujours aussi réussies et drôles
  • Les défis quotidiens et hebdomadaires proposés par Ubisoft
Les Moins
  • Rayman, un poil lourdeau au début
  • Le premier monde, bien trop facile