Battlefield 3 met une bombe dans votre PC

23 nov. 2011
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Electronic Arts
  • Développeur DICE
  • Sortie initiale 27 octobre 2011
  • Genre First Person Shooter

Passons rapidement sur la campagne solo qui, au final, fait office de gadget hi-tech et impressionnant capable d'attirer le chaland, pour aborder la qualité d'un jeu multijoueur on ne peut plus addictif et au concept très bien pensé. Malgré des cartes immenses, le gameplay, l'accès aux véhicules, et surtout le travail d'équipe font de Battlefield 3 une expérience exceptionnelle, tant sur le principe que dans la réalisation. Cette-dernière pose d'ailleurs de nouvelles exigences sur le marché pour ses concurrents. Bref, Battlefield 3 est bien la bombe de FPS que les fans du genre attendaient, et au regard de la qualité de son rival principal, Modern Warfare 3, les amateurs ne pourront qu'être comblés de la sortie de ces deux titres exceptionnels. Tant qu'à choisir, prenez les deux !

Précédé d'une campagne promotionnelle d'envergure, le titre du duo Dice/Electronic Arts était très attendu par les joueurs, mais aussi par la critique. Grâce aux précédents volets, la série des Battlefield est parvenue à se faire sa petite place dans le monde foisonnant des FPS, surtout grâce au développement de son mode multijoueur mettant l'accent sur la coordination d’équipe et l'utilisation de nombreuses armes et véhicules. D'autant plus attendu que ce Battlefield 3 affiche de hautes ambitions et la volonté de s'imposer parmi les nouvelles références du genre. Verdict.

Plus réaliste, c'est un documentaire !

Les soldats repartent faire la guéguerre

Commençons d'abord par la partie désagréable, mais néanmoins nécessaire, afin de garder le meilleur, c'est à dire 90% du reste du jeu, pour la suite du test. Nous allons parler de la campagne solo. Nouveauté qui tente de surfer sur le succès rencontré par son rival principal, Call of Duty : Modern Warfare 3, Battlefield 3 essai lui aussi de proposer une expérience solitaire (ou en coopération pour un intérêt quand même accru) dont le scénario ne restera pas dans les annales. Grosso mode, vous êtes le soldat Bleubite, et, interrogé par la CIA, la NSA ou vous ne savez qui, vous essayez de raconter l'histoire qui mène jusqu'à un complot terroriste sur le sol américain, suite au vol de trois tête nucléaires pendant une mission en Iran. Les scènes spectaculaires s'enchainent, et aucun soucis à ce niveau-là, entre les fusillades à grande échelle, les séismes époustouflants, vos mirettes seront ravies. Par contre, le "pourquoi du comment", vous vous en ficherez comme de vos premières chaussettes. Quant à la linéarité, elle ne fera que générer un début de frustration : vous êtes sur un grand huit, dans votre petite cabine, ça va tourner, ça va virevolter, ce sera de toute beauté, mais ce sera toujours là même chose, impossible de quitter les rails. Cette linéarité archiscriptée sera doublée de scènes interactives un peu sorties du chapeau et n'apportant vraiment rien au gameplay. Yu Suzuki aurait le droit de s'énerver s'il voyait la vulgarité avec laquelle on maltraite sa si riche idée. Vous retiendrez donc de la campagne solo la même impression qu'à la vision d'un bon gros films de guerre dirigé par Jerry Bruckheimer : ça pète, il y a des explosions de partout, visuellement ça claque, par contre pas moyen de vous rappelez de quoi ça parlait, et pas spécialement l'envie de le revoir. Voila, tout cela est dit, vous savez dans quoi vous vous engagez. Cela dit, malgré ses défauts, la campagne a surtout pour but de servir de tutoriel pour certains véhicules, pour les commandes de bases et quelques une des armes disponibles dans le jeu. Cette campagne sert surtout de vitrine au fabuleux Frostbite 2, le nouveaux moteur graphique de DICE.

Sur terre ou en l'air, ça pique les yeux !

Le Frostbite vous mord les yeux

Que les choses soient claires : la partie visuelle est l'argument principal de Battlefield 3. L'équipe de Dice vous propose son tout nouveau moteur graphique, le Frostbite engine 2, et avouons-le, ça envoi grave le pâté ! Que ce soit la finesse des modèles, au réalisme des terrains et des topographies, les effets lumineux ou l'ensemble des effets de tâches solaires, de réfraction, bref, tout est à couper le souffle. Le parti pris final est celui du photo-réalisme et nous n'en sommes pas loin. Le tout servi par un excellent level design que ce soit en campagne, où, malgré la linéarité de l'action, les concepteurs ont au moins le bon goût de vous faire visiter des endroits magnifiques, ou en multijoueur, par le biais de cartes énormes et surtout variées. Cela fait qu'à chaque instant, chaque capture d'écran, même la plus anodine, est un pur régal. Surtout qu'un moteur comme celui-ci est finalement assez peu gourmand. Il tournera sur un éventail plutôt large de configurations, si vous laissez de côtés quelques petites options. Plutôt surprenant, au vu des vidéos diffusées qui laissaient entrevoir le besoin d'un machine de guerre comme PC. Les animations sont également très réalistes. Le travail sur ce point précis ajoute encore plus à l'immersion.
Alors certes, le jeu n'est pas exempt des petits bugs habituels, comme un pied qui passe à travers un mur, ou autre petite inexactitude de ce genre. Mais ça reste marginal et demeure un prix ridicule à payer face aux autres apports monumentaux de ce moteur. Et là, dérivons sur les résolutions physiques des actions prises par les joueurs.

Même si elle est désespéremment dirigiste, la campagne offre quand même quelques moments d'anthologie.

Au bout du bout

On vous le ressort à chaque nouveau FPS de qualité et on ne s'en lasse pas : les interactions possibles avec le décor sont à couper le souffle. Il y a quelques années, les testeurs s'enflammaient quand ils s’apercevaient que marcher en direction d'un tonneau le faisait chuter avec un certain réalisme. Avec Battlefield 3, une nouvelle norme est posée. Le meilleur exemple, c'est cette scène du mode solo où vous traversez une banque pour constater que les balles qui passent dans les bureaux font voler les documents papier comme autant d'entités indépendantes, toutes soumises aux lois de la physique qui s'appliquent sur elles. Soucis du détail poussé à l'extrême, pour un résultat de plus en plus proche de la Matrice, pensez à prendre vos pilules bleues. La gestion des particules est également exemplaire. tous les effets de fumées ou de projections diverses semblent faire l'objet d'un traitement individuel poussé : c'est comme si chaque particule avait une existence propre sur laquelle s'appliquent toutes les opérations physiques du moteur, et pas seulement des effets graphiques stylés. Bref, l'impression de réalisme atteint encore un nouveau niveau, et vous laissera pantois. Dice finit de vous achever avec la bande son, paramétrable dans les options : les bruits génériques entendus mille fois dans tous les FPS, ou alors carrément l'option "wartape", qui utilise des samples de bruitages tirés de vraies armes et batailles, pour un rendu général plus que crédible. Vous l'aurez compris, la réalisation technique à parfaitement l'envergure de ses ambitions.

Y'a pas à dire : Battlefield explose le genre !

Last Call of Battlefield

Comme une bonne sitcom américaine, gardons la partie que tout le monde attend pour le dernier paragraphe : que vaut donc le mode multijoueur ? Soyez rassurés, tout est parfait. Pouvant choisir jusqu'à quatre classes de jeu, chacune avec des armes et équipements précis - une pour l'assaut, un pour le soutien, l'ingénieur pour la mécanique et les véhicules, et enfin le tir isolé du sniper. Vous aurez de quoi faire. Une fois en jeu, les classe semblent s’équilibrer car chacune présente sa façon de gérer certains types de situation. Que vous soyez coincé face à un blindé, ou contre une unité volante, ou même des fantassins ou encore une fois pris en cible par un bande de snipers, ce sera à vous de trouver la bonne parade, toujours existante, à condition d'avoir débloqué l'ensemble des options disponibles à votre classe selon son niveau. Celui-ci augmente au fur et à mesure des kills online et des victoires. En parlant de victoire, voici les différents modes de jeu disponibles : les deux classiques Deathmatch en équipe contre équipe, ou à quatre escouades de quatre en "chaque escouade pour sa peau", la Ruée, en équipe ou escouade, introduit dans la série des Battlefield : Bad Company, ressemblant au mode des "Nodes" dans les modes véhiculés de Unreal Tournament III, et enfin et surtout, le mode Conquête ! Nul besoin de présenter ce mode emblématique qui, introduit timidement comme mode alternatif au Deathmatch dans le premier Unreal Tournament, est devenu en quelques années la coqueluche des FPS, et carrément la raison d'être de Battlefield 1942. Toujours le même principe : des points sur une carte, dans le cas présent symbolisés par des drapeaux, qu'il faut tenir contre l'adversaire. Pour ce faire, tous les moyens seront bons pour défendre ou attaquer, et c'est là que le titre de Dice brille : la diversité. Vous êtes le genre bidasse qui aime foncer devant avec son fusil d'assaut ? Pas de soucis. Vous donnez plutôt dans le côté sournois, à ramper derrière les ligne adverses pour abattre la menace potentielle ? C'est faisable. Ou encore vous aimez faire le bourrin et vous voulez défoncer un barrage à coup de blindé, ou écraser un avion sur un autre joueur, ou sur un mortier, après vous être parachuté pour finir les autres ennemis à la machette ? Tout cela est possible, jouissif ! Et surtout, vous ne serez jamais en position d'invincibilité. Il y aura toujours une solution pour vous ou vos adversaires. La clé de la victoire sera donc l'action intelligente et coordonnée avec le reste de vos équipiers. Bref, un multijoueur bien pensé, défoulant et très addictif.
Les Plus
  • Le Frostbite engine qui offre un visuel tout bonnement à tomber
  • L'ambiance sonore hyper-réalist avec des bruitages de guerre comme si vous y étiez !
  • L'optimisation du jeu, très poussée, capable de le faire tourner sur un éventail très large de configurations
  • Un multijoueur addictif, tout simplement ce qu'il se fait de mieux dans le domaine
  • De nombreux mode de jeu
  • Un nombre et une variété énormes d'armes et de véhicules
  • Un moteur physique hallucinant : tout le décor est interactif !
Les Moins
  • Le scénario de campagne, obsolète, et un peu trop dirigiste