Leçon de stratégie avec Wargame : European Escalation

23 avr. 2012
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Moins original et plus austère que son prédécesseur R.U.S.E., Wargame : European Escalation est malgré tout une référence solide, complète et généreuse. Avec plus de 300 unités différentes et une IA bien programmée, le jeu promet des heures d'affrontements aux plus assidus d'entre vous. Car le jeu s'adresse à un public averti et conquis d'avance, les autres risquent d'être déroutés par un interface austère et un tutoriel minime, et les joueurs occasionnels, ou peu initiés des STR complexes vont très vite se pencher sur d'autres titres plus accessibles. Dommage, car une fois passé le rideau de fer, Wargame : European Escalation n'a que de bonnes choses à vous proposer.

Eugen Systems s'était démarqué de la concurrence avec R.U.S.E., posant sa marque à l'édifice des jeux de stratégie avec un système original bâtit sur une base solide. Il est normal que ce Wargame soit donc très attendu par les fans de guerre en tout genre, en espérant que cette nouvelle guerre froide moderne soit à la hauteur des espérances de tous les tacticiens en herbe.

Wargame propose un univers des plus interressants, dans un climat de guerre froide ininterrompue.

Après la ruse, la guerre

Située dans une Europe qui n'a pas vraiment connu la paix après un effondrement du bloc communiste qui n'a jamais eut lieu, vous vous retrouvez à la tête d'une armée de l'OTAN pour policer cette Europe uchronique mal disciplinée. Voici le pitch initial de la campagne solo de Wargame : European Escalation. Plus tard au cours des 22 missions qui constituent un pan important du jeu, vous pourrez choisir de continuer avec l'OTAN ou de vous aligner sur le Pacte de Varsovie, et jouer le bloc communiste. Les missions solos sont des suites d'objectifs divers, certains primaires, obligatoires, d'autres secondaires, qui vous rapportent des médailles, sorte d'expérience in-game qui vise à améliorer vos troupes, car ces dernières sont persistantes : elles s'améliorent au fil des combats mais meurent également de manière définitive. Ceci ajoute du piment, mais dans le masse d'unités et le manque de personnalisation de ces dernières, que Krammer ou Popaul meurent, cela sera en drame en terme de performance, mais il n'y aura aucun attachement sentimental pour ces boites de ferraille. Car des types d'unités dans ce jeu, il y en a à la pelle, et chaque fois que vous en découvrez une nouvelle, elle vient s'ajouter à la liste de ce qui est accessible dans votre "roster" d'unités, ce qui amène vite un petit côté collection qui pousse la durée de vie plus avant.

Les décors sont assez réussis quand vous zoomez au maximum dessus.

Complexité = stratégie ?

Pour les missions elles-mêmes, défendre un point, intercepter un véhicule, nettoyer une zone de la présence ennemie, les classique sont là. Vous pourrez déployer des unités grâce à des points de ressources, et c'est là qu'avoir une collection d'unités garnie peut permettre de plus grands choix et une plus grande finesse stratégique. Refaire une mission peut s'avérer très différent selon les choix de construction d'unité, et offre donc une certaine re-jouabilité au titre. Ajoutons à cela le fait que l'I.A ne soit pas totalement nulle, ce qui ne nuit pas au plaisir. Cette dernière sait avancer ses unités en fonction de vos forces, pour tenter des encerclements ou autres manœuvres visant à maximiser ses dégâts et minimiser ses pertes. Plutôt sympathique sur ce point. Le principal bémol au premier contact de Wargame : European Escalation, c'est son austérité et son apparente complexité. Beaucoup de paramètres - blindage avant/arrière des char, pénétration des balle, porté/précision... - le tout amené par le biais d'acronymes barbares plutôt que de sympathiques petites icônes donnent un sentiment indigeste, et le maigre tutoriel qui vous explique très vite chaque bouton de l'UI ne vous permet pas d'intégrer une à une les différentes possibilités de manière pédagogique. Le jeu part du postulat que vous êtes déjà un habitué des produits Eugen Systems, et c'est bien dommage.

Voici la méta-carte sur laquelle vous risquez de passer beaucoup de temps.

Zoom

Techniquement parlant, le jeu peut être beau comme le montre certaines images promotionnelles. Sur un PC milieu de gamme, nous sommes loin du rendu idéal montré par l'éditeur. Pour que Wargame soit beau, il faut vraiment une bête de guerre capable de faire tourner pleinement la bête. Celle-ci peut se vanter d'être malgré tout bien programmée et relativement exempt de bugs graphiques ou d'incohérence au niveau de l'IA. De toutes façons, le jeu pourrait être affreusement laid que ça ne changerait pas grand chose. En effet, dès que les parties se corsent un peu, vous passez l'essentiel de votre temps sur la méta-carte, très schématique, faîte de zones de couleur unies pour délimiter les secteurs, et quelques rectangles de couleur pour vous indiquer la présence des unités. Passage obligatoire pour une efficacité maximale de la gestion globale de la carte, cette vue satellite est la plus pratique, mais du coup vous perdez tout intérêt à voir vos troupes évoluer au sol. Mitigeant cette contrainte avec brio, comment ne pas mentionner un des meilleurs zoom jamais mis en place dans un jeu. Un clic sur la carte pour fixer le point d'ancrage, un roulement de molette, et vous voila passé d'un vue quasi-satellite à un plan rapproché, à la limite de la caméra embarquée. Même si au final il fait un peu gadget, ce zoom surpuissant devient vite grisant, un peu comme l'élément qui amène l'adrénaline dans un jeu parfois trop cérébral et austère. La réaction de l'affichage à ce dernier est stupéfiant, non sans rappeler les meilleurs points de l'Unreal Engine 3, où le jeu précharge les formes avant les textures, ce qui permet en zoomant d'avoir malgré tout les éléments apparents, qui s'affinent très vite quelques secondes après. Bluffant.

Les modèles sont assez détaillés, même s'il faut une bête de guerre pour profiter pleinement du rendu optimal du jeu

Dernier point

En plus de la campagne solo, Wargame : European Escalation propose un mode escarmouche ainsi qu'un multijoueur vous ouvrant le possibilité de faire des parties classées ou juste amicales, et avec souvent des objectifs plus variés que simplement détruire l'adversaire. Prendre des endroits de la carte et faire monter un score, ceci enrichit les combats, et si tant est que votre adversaire soit un minimum intelligent, les coups bas et les guerres de position seront de mises. Nous vous le répétons, mais l'IA est tout a fait honorable, et donc même les escarmouches solo peuvent se révéler intéressantes. Par contre, on regrette le nombre un peu léger de cartes dans ces modes, une dizaine, même si encore une fois, l'essentiel du jeu se passe en mode satellite. Donc que vous soyez dans un champ de navets ou en pleine forêt noire, ce sera tout pareil ! Les factions sont nombreuses : USA, France, Angleterre, RFA, RDA, Pologne... Mais comme pour l'histoire de la persistance des unités, la différence entre un char américain ou allemand, vu du ciel, c'est kif-kif, et donc le choix de faction sera moins sensible que dans d'autres jeux de stratégie.
Les Plus
  • Un zoom bluffant et surpuissant !
  • Très complet et complexe
  • Un nombre d'unités faramineux
  • IA au-dessus de la moyenne
Les Moins
  • Rebutant pour le novice par sa complexité et son austérité
  • Nécessite trop de passer par la méta-carte, et donc amène à rater les batailles en plans rapprochés