Death To Spies : Mort aux Joueurs!

26 août 2010
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur 1C
  • Développeur Haggard Games
  • Sortie initiale 13 janvier 2010
  • Genre Action

Dommage car si Death to Spies : Moment of Thruth possède de bonnes idées disséminées ça et là elles sont occultées par les bugs, ou plutôt les choix litigieux de l'Intelligence Artificielle. Celle-là même qui laisse passer des actions énormes et visibles au yeux de tous mais vous abat pour un lacet mal mis. De plus le manque d'un vrai scénario plutôt que d'une succession de missions n'aide pas le joueur lambda à persévérer dans l'aventure. De notre point de vue, le titre de Haggard Games ressemble d'avantage à un essai dans les styles de jeu d'infiltration. Certaines idées sont bonnes, mais entre une IA moyenne et une réalisation moyenne, cela justifie-t-il l'achat d'une aventure moyenne ?

Death to Spies se situe à mi-chemin entre Hitman et Metal Gear Solid. Comprenez par là qu'il s'agit d'un jeu d'espionnage et d'infiltration à la fois. Il vous met du côté des contre-espions russes durant la Seconde guerre Mondiale. Ce qui, à la vue de la difficulté du jeu, ne devait pas être de tout repos. Immersif de prime abord ce titre de Haggard Games peut décourager les moins persévérants d'entre vous, mais les autres ne peuvent que s'en réjouir...

Votre ordre de mission en Russe, avec le camarade Staline en estampe.

Nasrovia

Vous êtes un membre du SMERSH : une unité spécialisée dans le contre-espionnage, et votre but est d'aller parasiter les communications nazies mais aussi d'assassiner des personnalités saboter, voler ou falsifier des documents. Le panel d'actions à accomplir est large : les missions ne sont pas de tout repos. Elles sont au nombre d'une dizaine, toutes différentes et aux objectifs multiples et variés. Ce jeu de Haggard Games vous place de suite dans l'ambiance avec des briefings de mission en Russe le tout sur un grain volontairement vieilli. De même en cours de jeu, au milieu d'un camp nazi, de la musique allemande se fait entendre. Les ennemis parlent entre eux et vous ressentez bien le fait de ne pas être à votre place. Seul contre tous, c'est par la ruse et l'observation que vous arrivez à vos fins, car le moindre conflit armé signe presque automatiquement votre arrêt de mort.

Tout à l'inverse de cet immersion historique le premier contact avec les graphismes de Death to Spies est plutôt froid. Les couleurs sont ternes et les graphismes sont sommaires... voire même épurés. Les animations sont rigides, ainsi que le contrôle de notre héros. Ce dernier point est dû en particulier à un système d'action peu ergonomique qui se pilote via un menu. Associer des touches a des actions précises aurait été plus dynamique. Pas très attirant au début, le jeu dévoile sa richesse dans les techniques et stratégies à mettre à place pour mener une mission à bien.

Déguisé en cuisinier, faites attention à pas confondre le sel et le poivre, sinon c'est le peloton!

Metal Hitman

Death to Spies a ce petit côté d'infiltration rappelant Metal Gear Solid, les qualités et les défauts s'y retrouvant. Penser à se dissimuler du regard de l'ennemi à l'aide d'une mini carte - qui vous donne l'angle et la portée de vue des gardes - vous facilite la tâche. Mais cela nuit à l'impression d'immersion et, par moments, vous jouez d'avantage en regardant la carte que les décors. Il y a même un icône qui vous indique si vous êtes dans le champ de vision d'un adversaire ou non. Il y a aussi un aspect de fausse liberté, qui d'un côté vous donne l'impression que l'univers est indépendant et que les gardes font leur vie. Seulement si vous pensez pouvoir procéder comme bon vous semble pour mener votre mission (tel Hitman) vous déchantez car au final les solutions réelles pour avancer sont très limitées, voir uniques.

Ainsi vous avez les options de pouvoir piéger des portes ou des cadavres. Vous manipulez des fusils et des pistolets à foison (le nombre que vous pouvez porter est limité au poids). Calmez vos ardeurs car à la première explosion ou détonation tout l'univers se met à réagir. Options inutiles, juste là pour vous faire croire que vous avez le choix ? Un peu en effet car vous passez l'essentiel de votre temps à chercher des sentinelles isolées pour leur voler leur costume afin d'accéder aux zones restreintes à tel ou tel type de personnel.

En tant qu'officier vous pouvez assister aux meetings politiques.

Pour joueurs chevronnés... ou acharnés

Le principal défaut de Death to Spies est sa difficulté, immense, à cause d'une IA incohérente. Les réactions de l'univers ne sont également pas toujours appropriées et les alertes ne baissent jamais! En cas d'échange de coups de feu, les sentinelles connaissent votre position et arrivent à l'infini : au final vous recommencez les missions. Encore une fois, seul les actions discrètes sont tolérées : donc le crochetage et le vol d'habits. Sur ce point, le jeu vous interdit étrangement de voler les uniformes des gens que vous tuez (sans doute à cause du sang). Il est à noter aussi que les effets du chloroforme durent indéfiniment. Les sentinelles réagissent à la moindre anomalie sur le chemine de leur patrouille et donnent l'alerte. Par contre ils vous laissent crocheter les portes devant leur nez. D'autre part faites attention à posséder la bonne arme avec votre tenue, mais aussi sachez qu'un cuisinier n'a rien à faire dans le bâtiment des officiers, sauf aux toilettes où sa présence est acceptée. Ces points montrent tout de même l'attention portée au système de jeu. Par contre au moindre écart on vous cueille à la grenade au bout de dix secondes, alors qu'il était tellement plus simple de vous reconduire à la porte. Au final de ces réactions aux antipodes vous ne pouvez qu'être frustré. Vous en venez au final à jouer sur les bugs de l'IA et la mini-carte plutôt qu'avec le jeu lui-même : c'est dommage.
Les Plus
  • Un jeu immersif
Les Moins
  • Trop de pseudo-possibilités inutiles
  • Réalisation générale très moyenne
  • IA incohérente et frustrante