Death Track Resurrection: Nitro, ni pas assez

17 sept. 2009
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Dans l'ensemble Death Track : Resurrection est assez bien réalisé, plutôt défoulant, dans une pure tradition arcade. L'éditeur a rajouté un petit aspect scénaristique, différents modes de jeu, les véhicules et les modes inversés sont à débloquer, et l'on saluera cette volonté d'enrichir le titre. Tout ceci ne sauve pas Death Track de sa durée de vie assez courte (à part peut être en multijoueur), mais il reste très plaisant à faire. Certains aspects gâchent le jeu, comme l'absence d'une vraie stratégie de course ou un réel plaisir du pilotage, et au bout d'un moment, trop de commandes et de choses à gérer rendent le tout un peu indigeste. Ceci reste néanmoins un titre réussi dans son genre arcade, bourré à la nitro, que le design est particulièrement réussi (mention spéciale à la galerie d'artwork qui sont vraiment magnifiques). Si vous voulez un jeu qui ne vous fasse pas trop réfléchir et qui vous détendra un coup, Death Track : Resurrection vous fera passez quelques heures agréables.

Death Track : Resurrection fait écho au titre éponyme sorti sous DOS il y a déjà de cela une vingtaine d'années. Il s'agit bel et bien d'une résurrection. Le magicien Micro Applications opère car si l'on peut s'attendre à un vieux jeu poussiéreux sur le retour, ils sortent en réalité une bombe concentrée qui sent la poudre, le soufre et le bitume. C'est du survolté et visuellement explosif. Démarrez votre gros cylindre et sortez vos gros calibres.

Tokyo semble avoir échappé à l'apocalypse, mais des robots de surveillance détraqués mène la vie dure aux survivants

Entre Mad Max et F-zero

Dans le monde de Death Track, une guerre planétaire a détruit la plupart des grandes villes actuelles et a laissé un fort taux de radiation. Mais la vie continue, et les être humains ont survécu, leur civilisation ne semble pas avoir périclité; et ils s'amusent d'un rien: faire courir des bolides bourrés à la nitro et armés jusqu'aux dents dans les rues dans anciennes capitales dévastées. L'univers est posé par quelques cinématiques de qualité moyenne, et le titre vous propose un mode story qui creuse un peu l'univers (on l'effleure, mais il n'est pas non plus archi détaillé), et vous met surtout au cœur d'une machination dans le grand prix Death Track, car tous les autres concurrents sont victimes de mystérieux accidents, que ce soit sur ou hors de la piste. Vous pourrez apprécier cette volonté de vouloir scénariser un jeu de course. J'ai dit jeu de course? Pardon je voulais dire jeu de massacre. Car le but du jeu, ne vous voilez pas la face, sera plutôt de canarder vos opposants à coup de missiles et de mitrailleuse lourde, plutôt que de savoir négocier un virage au frein à main.

Outre l'appréciable mode story, vous aurez la possibilité de passer par un mode course rapide, un mode tournoi, un mode dragster - où il s'agira de faire de belles figures pendant les sauts - et un mode rally - où les contrôles sont légèrement différent. Ce dernier mode est un peu plus axé sur le pilotage lui-même. Mais encore une fois, sous cet aspect de jeu de course, Death Track : Resurrection tiens plus du shoot them up que de Gran Turismo. D'ailleurs les fans de Rock'n roll racing ne pourront s'empêcher de retrouver le même esprit que dans le vieux titre SuperNes.

La tour Eiffel brûle plutôt bien

En piste!

Vous allez affrontez jusqu'à 10 concurrents sur un dizaine de circuits, allant de Paris (vous verrez, la tour Montparnasse brûle bien, et la défense en ruine est une sorte de fantasme personnel enfin assouvi), en passant par Istanbul, Prague ou encore Tokyo, toutes à moitié détruite et tranformée en circuit à grande vitesse. Dans l'ensemble, le décors sont très réussi et chaque ville a son atmosphère bien à elle. Tous les circuits sont faisables en mode inversé. Pour faire la course, vous disposez d'une dizaine de véhicules différents (les programmeurs devaient aimer le chiffre 10), dont les différences se font surtout sentir à la customisation. Et oui, vous trouverez encore un autre point commun avec Rock'n roll racing, la possibilité d'améliorer votre voiture (vitesse, armure et saut) ainsi que son armement, modifiable dans une certaine mesure. Ainsi chaque véhicule possède son panel de missiles et autres mines suivant vos préférences. Une fois votre bolide préparé, ou amélioré par le biais de l'argent gagné dans le jeu, vous êtes prêt pour la course... euh pardon, le combat.

Attention, Death Track n'est pas sponsorisé par le Code Rousseau!

Hard'n roll racing

Un fois sur le circuit, il y a beaucoup de choses à prendre en compte, vraiment beaucoup, voir trop... le principal soucis est d'ailleurs qu'il y a bien trop de commandes pour votre clavier, et de choses à faire même temps pour un cerveau humain: vous devez piloter votre véhicule correctement, comptant que toutes les possibilités normale d'un jeu de course sont là (boite de vitesse, frein à main, marche arrière, dérapage) et qu'en plus, à la souris, vous devez gérer la visée de votre arme, le boost nitro, le changement d'arme, que vous pouvez utiliser des commandes pour poser des pièges à missiles quand vous en voyez un arriver dans le rétro, le tout en surveillant vos concurrents et en détruisant les éléments de décor qui peuvent l'être et modifier un peu le trajet de la course. D'un coté,
Death Track : Resurrection parait électrique, survolté, et cela donne un coté arcade très défoulant. De l'autre, il est regrettable et frustrant de voir qu'un cerveau humain peut difficilement gérer tant de chose dans un laps de temps très court, jeu de course oblige. Ce qui est dommage, vous serez tellement pris par tout ce qu'il y à faire dans une fraction de seconde que vous aurez rarement l'occasion de vous attarder sur le visuel du jeu, très réussi, que ce soit dans le design ou les effets spéciaux, explosions, et autre ralentis. L'abondance de commandes et d'actions possibles est à la fois une force et une faiblesse, et vous serez bien vite amené à n'utiliser qu'une partie du panel des actions possibles, puisque qu'en creusant un peu, beaucoup de ces possibilités sont finalement illusoires.

Ce qui risque ce vous arriver souvent

Trop, c'est pas assez

Death Track : Resurrection à de nombreux petits défaut, mais le principal est qu'il ne sera jamais question de stratégie, au niveau de la course comme du combat. Même amélioré, les véhicules cassent tellement vite que tous les concurrents sont amené à se faire régulièrement dégommer (ce qui fait perdre un peu de temps et quelques place dans le classement de la course), que finalement, on est là que pour s'entretuer joyeusement, qu'il ne sers à rien de tenter de distancer vos concurrents car il y a toujours un type pour vous tirez dessus, que ce soit la pôle position ou le retardataire, et que le victoire de la course ne se joue que dans les derniers mètres. La gestion des munitions est aussi inutiles, que ce soit sur la piste, au check point, ou se faisant exploser, vous en recevez à foison. De plus, pour un titre tellement axé sur le combat, un pilotage plus nerveux aurait été appréciable, car même amélioré, la conduite des véhicules reste un peu lourde. Un dernier mot finalement sur la musique un peu décevante, car l'intro vous laisse croire à du rock bien énervé (entre type O negative et system of a down), mais qu'en jeu vous avez plutôt des thème techno-électro qui ne sont pas sans rappeler celles du tout premier Unreal Tournament, et donc un peu passée de mode, et que les voix in-game de l'annonceur sont plutôt risibles, car too much.
Les Plus
  • Un jeu qui en met plein les yeux
  • Design général très réussi, que ce soit les voitures ou les circuits
  • Défoulant sur le court terme...
Les Moins
  • ... mais une durée de vie limitée malgré les éléments à débloquer
  • Absence de finesse dans le gameplay sur le long terme