Test | Tenebris Somnia
03 nov. 2026

La peur fait tout un cinéma

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Tenebris Somnia

Après une preview saisissante, Tenebris Somnia nous avait donné goût à ce mélange diabolique de composition en pixels 8-bits et de plans tournés à la caméra. Est-ce que le titre tient ses promesses de ténébreux point & click ? La réponse après cette incantation...

L'histoire

Votre ex-petit ami ne vous donne pas de nouvelles. Malgré votre rupture, vous avez gardé une certaine affection pour lui et devant une inquiétude naissante, vous vous rendez à son appartement. Un appartement chargé de souvenirs, pour vous deux qui avez étudié le cinéma, êtes allés à de nombreux festivals, et lui, Iván, qui a réalisé son premier film sans toutefois connaître le succès. En pénétrant dans l'appartement, quelque chose cloche. Des traces de combat. Des écritures ésotériques. Et qui se cache derrière ce rideau de douche ? Non, ça n'est pas possible, quelle est cette abomination ? Vous allez malgré vous plonger du côté sombre de la réalité, celui hanté par des esprits malfaisants avec lesquels Iván a pactisé... le temps de tenter de le sauver.


Prends ça, succube ! et ça ! et encore ça !
Encore un homme sauvé par une femme

Le principe

Pire que le contrôle parental, le code satanique qui allume la télé.

Le titre s'appuie solidement sur deux genres pour se définir. D'une part, Tenebris Somnia est un point & click assumé, avec son inventaire, ses objets à assembler, ses pièces à énigmes. La progression demande une réflexion poussée, avec des indices disséminés à des endroits opposés vous contraignant parfois à quelques errements si vous n'avez pas noté précisément la présence dans cette pièce de tel objet qui pourrait être utile quelques heures plus tard... L'aventure se déroulant dans un monde mêlant réalité et souvenirs, il n'y a pas de logique dans l'architecture du niveau, chaque porte pouvant déboucher sur un espace irrationnel. Une carte aurait été la bienvenue pour se rappeler où se situe quoi dans cet univers alambiqué, aussi pensez à jouer avec un calepin à proximité.


Mais Tenebris Somnia s'appuie également sur le genre action-aventure, réveillant chez vous le trauma de jeux vous ayant rendus fous de par leur difficulté. Si battre les monstruosités – qui apparaissent régulièrement dans les pièces visitées – devient accessoire (autant les contourner), les boss sont malheureusement inévitables. Et là, accrochez-vous. Il vous faudra prouver une certaine dextérité, croisée d'une pugnacité et d'une bonne dose de potions de santé pour en venir à bout. Entre nous : leur difficulté a de quoi sérieusement refroidir.
Entre Demon Slayer et Professeur Layton

L'ambiance

Les cutscenes sont d'un niveau rarement vu.

L'histoire vous plonge au cœur des souvenirs d'un couple qui a été amoureux et a évolué en même temps que des études puis une carrière (mitigée) dans le cinéma. Tout dans le titre se réfère à ces deux aspects. L'évolution du couple, les moments de vie, mais aussi le court-métrage qui a été réalisé par Iván, que vous aurez l'occasion de reconstituer en trouvant les trois bobines perdues. Ce qui donne une mise en abîme assez rare : une actrice, qui joue le rôle d'une actrice, dans un film qu'elle regarde projeté, représentée par un personnage de 120 pixels de haut.


Mais ce qui frappe encore plus, c'est à quel point le système film / pixel art fonctionne parfaitement de manière combinatoire. Le film met des images très précises sur ce qui est deviné en pixel art, rendant les séquences de jeu encore plus effrayantes. Le soin apporté aux personnages et à leur prothèses monstrueuses, les gros plans sur leurs horribles et absurdes physiques, renforcent ce que le jeu avec ses quelques bouts de pixels vous fait vivre. Du grand art !
Le cinéma, très présent dans l'histoire et la forme

Pour qui ?

Oups, qui casse paye !

Tenebris Somnia n'est pas à mettre entre toutes les mains. Réservé au public adulte, adepte des jeux et films d'horreurs, le titre pose un décor sombre, en contraste avec sa palette de couleurs vives VGA par endroits. Mais c'est surtout la double mécanique réflexion/action qui crée une barrière. Tenebris Somnia n'a rien du point & click facile où tout s'enchaîne. Malgré un terrain de jeu relativement serré, ce dernier est bourré de portes et accès fermés par des clés que vous trouvez au fil de votre progression. Celle-ci est donc loin d'être linéaire, et il n'est pas rare de tenter de combiner un produit chimique avec une rune pour essayer de déclencher quelque chose (et non, il ne se passe rien). Quant aux combats de boss : leur difficulté monte sérieusement au fil du jeu, et peut entraîner quelques rage quits compréhensibles. Accrochez-vous, ou glanez quelques astuces dans des walkthrough en ligne, il y a généralement une manière de faire pour éviter de trop souffrir...
Flipper avec une poignée de pixels

L'anecdote

Les boss sont coriaces, sachez-le.

Le premier truc auquel j'ai pensé au bout de quelques heures de jeu c'est à quel point Tenebris Somnia me fait penser à Resident Evil premier du nom. Vous explorez un bâtiment à l'architecture alambiquée, des monstres apparaissent dans des pièces visitées, les portes sont scellées par des clés cheloues à trouver dans des endroits improbables, vous avez un shotgun... Et les deux titres sont fortement inspirés par le cinéma d'horreur. Avouez, il y a un truc non ? Ah et si : chaque boss a son point faible qu'il vous faut débusquer sous peine de mourir à chaque tentative. Avec une petite particularité pour Tenebris Somnia : j'ai plusieurs fois laissé le jeu de côté plusieurs heures, le trouvant injustement difficile. Oui, je lui faisais la gueule, quoi. De quel droit ce boss me tue en un coup, avec sa bouche à la Alien là ? Et puis j'y revenais, le lendemain : aah, mais je peux le contourner, ok. Et puis je mourrais à nouveau. Et puis j'ai fini par regarder sur Youtube. Mais je suis encore fâché.
Je suis pas venu ici pour souffrir, ok ?
Les Plus
  • L'ambiance terrifiante
  • Le mix film / pixel art
  • La bande-son rétro
  • L'histoire bien ficelée
Les Moins
  • Des puzzles trop alambiqués
  • Une difficulté décourageante
Résultat

Tenebris Somnia n'a rien d'une promenade de santé. Sous ses airs vintage, il cache bien son jeu. Une histoire sombre qui embarque, une héroïne à laquelle on s'attache, des cutscenes nombreuses et de qualité... mais aussi des puzzles parfois compliqués, un espace de jeu labyrinthique et une difficulté digne de la grande époque de la NES... Un objet vidéoludique unique en son genre qui vaut largement le détour, mais vous savez dans quel diablerie vous mettez les pieds.

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