Test | God of War : Ragnarok
03 déc. 2022

Un air de famille

Testé par sur
Aussi disponible sur
God of War : Ragnarok

Le dieu de la guerre est de retour pour casser des bouches dans God of War : Ragnarok, avec son fils et quelques alliés au passage. Leur but ? Empêcher la fin du monde. Ou la déclencher, à voir. Mais tout ça en cassant des bouches en tout cas.

L'histoire

Comment vous réagiriez si on tuait votre fils ? Ne cherchez pas, Freya a la réponse : une épée à plonger dans le cœur des meurtriers, Kratos et Atreus. C'est comme ça que commence God of War : Ragnarok : par une course poursuite en traîneau, par un combat dantesque. Bon et maintenant, si on avait tué deux de vos fils, Magni et Modi ? Et votre frère Baldur au passage ? Ah ça, il faudra demander à Thor... et ce sera à découvrir manette en main dans cette suite qui creuse un sillon sanglant dans votre console.
La vengeance est un plat qui se mange matin, midi et soir avec Kratos

Le principe

De nouveaux puzzles basés sur les ricochets de la hache ont fait leur apparition.

Tout casser. Voilà comment on pourrait résumer God of War : Ragnarok : on y tranche des têtes, des bustes, des bras, on y abat des statues millénaires pour traverser un gouffre, on y fait dérailler des trains, s'effondrer des arches, on crève des toits, abat des arbres, arrache des cornes, etc. C'est très varié. Plus que dans le précédent opus, grâce à un bestiaire renouvelé.

C'est aussi le résultat d'un rythme mieux maîtrisé. On alterne niveaux linéaires bourrés de scripts et environnements ouverts à explorer en traîneau (ou en barque). Disséminés dans ces grands espaces, des îlots à explorer avec un peu de grimpette, une énigme, deux-trois ennemis à découpailler et beaucoup de loot. Îlots que l'on peut ignorer pour juste continuer l'aventure principale (mais ce serait dommage).
Combats, exploration, dialogues : la recette est connue

L'humain

Quêtes secondaires et nouveaux persos cassent la monotonie des échanges père-fils bien connus.

Pour habiller tout ça, il y a de l'humain. Un père bourru qui a toujours autant de mal à parler à son ado de fils. Du Kratos à la voix grave qui annone des vérités à un Atreus gavé. Il y a quelques belles surprises aussi comme ces deux adversaires redoutables qui se servent un verre avant de se mettre sur la tronche. Ou ces phases de gameplay inédites où on joue un autre personnage que Kratos – mais chut. Impossible d'en dire trop. God of War : Ragnarok a bien géré sa communication et n'en a pas trop dévoilé dans ses bandes-annonces. Ce serait dommage de ruiner ces moments maintenant. Sachez juste qu'ils comptent pour beaucoup dans le plaisir que l'on ressent à découvrir nouveaux environnements et situations.
Vous n'incarnez pas que Kratos... mais impossible d'en dire plus sans spoiler

Pour qui ?

La caméra très très très rapprochée en combat ne permet pas de voir tous les ennemis.

Sous ses airs de God of War 1.5, cette suite cache bien son jeu. Certes le début rappelle trop le précédent opus avec un lac à explorer en bateau, une mine et des énigmes vues et revues (la hache gelée pour bloquer l'eau...). On se surprend à jouer au jeu des 7 erreurs et à craindre que les nouveautés comme le traîneau (peu maniable) ne soient que cosmétiques.

Cette suite prend vraiment son envol après une dizaine d'heures, quand on débloque de nouvelles compétences, des zones plus ouvertes et des quêtes annexes – toutes portées par des personnages hauts en couleur qui contribuent beaucoup au charme du jeu. Quand les personnages gagnent en profondeur aussi, qu'il s'agisse des conseils parentaux de Mimir ou des états d'âmes de Týr. C'est là que la mayonnaise commence vraiment à prendre, en plus des surprises impossibles à lister sans spoiler.
Ce Ragnarok est un jeu très généreux qui met du temps à montrer ses nouveautés

L'anecdote

Les combats sont violents avec démembrements et "glory kills" pour terminer un ennemi à la Doom.

Entre deux baffes, il faut améliorer ses armes et armures. Obtenir +10 de ceci, +6 de cela, voire acheter de nouvelles attaques – ce n'était pas le point fort du précédent jeu, ça ne l'est pas plus dans celui-ci. Il faut dire que l'interface est lourdingue, surchargée, et qu'on s'emmêle les pinceaux entre les différentes options.

Une bonne stratégie : se concentrer sur des armes et des bonus d'étourdissement ou de poison dont les effets finissent par se cumuler. Et par ruiner la barre de vie de vos ennemis – le poison a été pour moi une des approches les plus rentables. Après voilà, on incarne Kratos, pas la fée des menus, et passer son temps à améliorer des bonus d'attaque à la marge devient frustrant à la longue. L'astuce ? Il est tout à fait possible de baisser un ou deux curseurs de difficulté, à tout moment. Et de continuer les massacres gaiement sans trop se prendre la tête avec l'amélioration des armes et la collecte des ressources dédiées.
Dommage que le crafting et l'upgrade soient aussi compliqués
Les Plus
  • Des héros et des antagonistes attachants
  • Des combats particulièrement violents
  • La mise en scène
  • La réalisation technique
  • Les nombreuses surprises (chut ! pas de spoilers)
  • Temps de chargements ultra courts sur PS5
Les Moins
  • Des menus trop chargés pour les upgrades
  • La caméra trop rapprochée empêche de bien voir tous les ennemis
Résultat

Quelle masterclass. Cette suite reprend tout ce qui a fait le succès du précédent volet, en améliorant ses quelques faiblesses. Oui la narration est mieux maîtrisée avec davantage d'intervenants, de surprises, pour rompre la monotonie du duo père-fils. Oui les combats sont toujours aussi percutants, avec un bestiaire enfin plus varié. Oui l'exploration est renforcée avec des zones où on peut aller où on veut, picorer des missions, des puzzles, des combats avec du loot à la clef. Et la mise en scène... Quel spectacle ! Un excellent cru qui nous rappelle à quel point un bon gameplay mixé à une bonne histoire font des merveilles dans les jeux en solo.

Partagez ce test
Tribune libre