Illusion : A Tale of the Mind

27 juin 2018
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L'utopie d'un jeu équilibré

Illusion : A Tale Of The Mind n'est pas un mauvais jeu : il propose une petite histoire sympathique qui se laisse finalement bien vivre. Les premières énigmes proposées sont intéressantes et donnent de l'attrait au titre. Pourtant, la répétition des énigmes vient vite couper votre progression, vous poussant à vous demander quand cela va cesser dans les quatre heures de jeux nécessaires. Pire, une partie Die and Retry agaçante dans les phases de course et de sauts entachent la poésie générale. Heureusement, la direction artistique et la bande son embellissent l'aventure d'Emma et de Toupin pour la rendre supportable jusqu'à la fin.

Développé par Frima Studio, Illusion : A Tale Of The Mind vous propose une balade rêveuse dans le pays des songes. Le studio québécois choisit ici d'exploiter la noirceur de l'âme adulte plutôt que la candeur de celle de l'enfant. Est-ce un bon choix ?

L'histoire

Illusion : A Tale Of The Mind vous met aux commandes d'Emma, une petite fille, et de son lapin en peluche Toupin. Pourtant, tout ne va pas très bien. Enchaînée dans un sombre endroit, vous ne devez votre liberté qu'à l'intervention de votre peluche, non sans l'avoir libérée au préalable. Vous vous rendez vite compte que votre prison n'est autre que les pensées d'Euclide, un Homme Fort dans un cirque des années 10-20. Des méandres de la solitude au désarroi de la guerre qui se déroule en passant par la perte du grand amour, vous allez visiter de sublimes tableaux à émotion variable.

Découpé en trois parties, le jeu s'appuie sur des tableaux magnifiques. Que ce soit le cirque ou la guerre de tranchées, les décors proposés donnent vie aux sentiments d'Euclide. Servi par de merveilleuses mélodies, le côté technique du jeu est vraiment réussi et est, sans nul doute, la partie la plus prenante.

Non, l'Enfer ce n'est pas la guerre. L'Enfer, ce sont ces plateformes de glace.

Le principe

Le plus souvent, dans Illusion : A Tale Of The Mind, vous devez résoudre des casse-têtes en alignant des parties du décor pour former un objet ou en tournant des roues. Pour arriver à cette partie du jeu, vous devez d'abord collecter des informations et des morceaux de miroir dans les différents niveaux. Plus vous avancez et plus il y a d'informations et de pièces à collecter. La première approche des étapes de collecte est toujours intéressante, montant en exigence progressivement. Mais voilà, il y a aussi un petit côté barbant vu que vous refaites toujours les mêmes choses durant les quatre à cinq heures de jeu. Et le fait d'arriver face au miroir final avec une pièce manquante n'a pas de quoi vous réjouir, vu que vous aurez déjà arpenté moult fois les recoins des décors et qu'il faudra y retourner.

Mais ce qui est le plus contraignant dans votre aventure, ce sont certainement les phases de morts faciles liées aux plateformes de glace ou aux poursuites. Qui a trouvé que l'idée était bonne de faire une course poursuite en revenant vers l'écran sans laisser le moindre champ visuel disponible ? Les morts s'enchaînent bêtement jusqu'à enfin connaitre le parcours par cœur. Et puis il y a les sauts en rythme. Alors certes, Toupin vous rattrape systématiquement et vous remet au début mais voyons, dans des phases ainsi pensées, il aurait été plus judicieux qu'il soit possible de terminer en jouant le timing juste plutôt que de se poser toutes les trente secondes la question de la raison de l'échec. Là, vous êtes face à des passerelles de glace qui cèdent plus ou moins en rythme, sauf si vous êtes monté dessus, avec une animation avant de rompre qui vous laisse sans possibilité d'actions, et qui vous font chuter de façon inexpliquée. Ces passages ne sont pas inintéressants mais nécessitent de recommencer un nombre de fois important de façon très frustrante (et aléatoire).

Certaines énigmes sont malines.

Pour qui ?

Illusion : A Tale Of The Mind est l'un de ces petits jeux indé qui ne déméritent pas, ne serait-ce que par son côté artistique. Pourtant, une fois dans l'aventure, c'est bien la répétitivité et les petits défauts qui viennent plomber l'ambiance. Les morts inévitables et utiles juste pour changer de direction l'essai d'après cassent la poésie du titre. Un jeu moyen qui se laisse vivre une fois mais pas plus.

Les casse-têtes avec des roues à tourner ne sont pas les plus difficiles, loin de là.

L'anecdote

Pendant le chapitre traitant de la guerre, je me suis retrouvé avec un morceau de miroir manquant. J'ai donc été obligé de revenir sur mes pas, de tourner en rond, de passer sur les bords de l'écran de tous les lieux visités. Jusqu'au moment où je me suis souvenu que le premier endroit, celui où l'on arrive, disposait de deux escaliers. Et bien sûr, j'avais pris celui menant à la plus grosse partie du niveau et pas celui menant au cul de sac avec un morceau de miroir... J'ai souvent eu l'impression de perdre mon temps à faire des allers-retours inutiles.
Les Plus
  • La direction artistique, du début à le fin
  • La bande son sublime qui accompagne le récit
  • Le scénario et la mise en scène qui donnent corps au jeu
Les Moins
  • C'est répétitif, très répétitif
  • Les phases de sauts et de course, des horreurs qui manquent de logique
  • Le script trop long à chaque fois que vous tapez dans un interrupteur
  • Les balades intempestives dans les niveaux quand vous avez manqué un élément