Shiness : The Lightning Kingdom

03 juin 2017
Testé par sur
Disponible sur
3

Un jeu de rôle inspiré

Shiness est une bonne surprise. Initialement jeu indé au budget minuscule, le résultat est plus que satisfaisant. Après des débuts simplistes, permettant votre initiation, l'aventure se corse pour vous rappeler vos meilleurs et vos pires souvenirs. Avec son système de combat dynamique, appuyé par des techniques variées, vous parcourez l'aventure avec bonheur. Épaulé par une direction artistique réussie, Shiness donne envie d'approfondir plus encore son univers. Quelques éléments viennent entacher le divertissement, à commencer par la caméra capricieuse. Heureusement, la nostalgie et l'euphorie l'emportent vite dès que l'aventure se lance et que le voyage reprend.

Après une série de reports inquiétants, Shiness : The Lightning Kingdom fini enfin par arriver sur nos machines. Et si ce jeu créé autant d'attente, c'est sans doute parce qu'il s'agit d'un jeu indé d'un studio français : EniGami, aidé par le CNC. Découvrons ensemble ce que cache ce titre brillant !

L'histoire

Dans l'univers Shiness, le chi module les règles du monde. Mahéra était un monde uni et en paix jusqu'au moment où l'utilisation abusive du shi sépara les continents en plusieurs îles flottantes. L'aventure commence lors du crash en bateau volant de Chado et Poky, deux wakis cherchant à fuir leur village natal : Kimpao. Depuis quelques temps, Chado peut communiquer avec Terra, un Shiness, sorte d'esprit magique. Mais ce crash va conduire les deux protagonistes en plein milieu d'un conflit qui oppose deux royaumes sur le point d'entrer en guerre. Avec l'aide de la jeune Rosalya, une humaine atteinte d'une étrange maladie, et de Kayenne du peuple des Shelks, ils vont tenter de découvrir une île secrète. Le chemin de la petite troupe va être semé d’embûches, de donjons et de bastons.

Créé par des amoureux du genre, Shiness est une sorte d'hommage aux jeux de rôle et d'aventure des années 90, intégrant beaucoup d'éléments de manga. Si le scénario est à l'image de ce qui se faisait à l'époque, vous devrez compter une petite trentaine d'heures de jeu pour terminer le scénario et une grande partie des quêtes secondaires. La direction artistique est colorée et magnifique, que ce soit la diversité des paysages ou les personnages (hormis quelques personnages secondaires). Elle est soutenue par une bande son vraiment réussie. Elle vous suit tout au long de l'aventure sans jamais vous lâcher.

Il faut bien gérer la barre de tension pendant les combats sous peine de ne plus pouvoir parer.

Le principe

Shiness utilise de nombreuses références pour se construire. Il s'agit principalement d'un jeu de rôle et d'aventure. Avec votre petite équipe, que vous pouvez fortifier de poignets, chapeaux, chaussures et ceintures, vous parcourez de grandes cartes ouvertes qui mènent à des donjons en plusieurs lieux. Les donjons eux reprennent alors le plus souvent une forme de couloir avec énigmes et labyrinthes. Et c'est là qu'interviennent les différents pouvoir de votre fine équipe. Chado peut invoquer une menhir pour le jeter ou bloquer un interrupteur. Kayenne peut utiliser la télékinésie. Poky a la possibilité de manipuler les flux de chi et les lier aux pierres. Tandis que Askel se sert d'un fouet pour activer et attraper les objets à distance. Si les premières combinaisons sont simples, bien vite les énigmes se complexifient pour utiliser tous les dons possibles simultanément.

Outre les niveaux qui progressent avec l'expérience, augmentant ainsi les points de vie et les attributs de vos personnages, le système de progression est lié à des rouleaux de Shi. Comme dans Lost Odyssey, l'apprentissage des nouvelles techniques se fait en équipant des rouleaux de shi sur vos personnages. En répétant la technique un certain nombre de fois en combat, vous devenez maître de la compétence. Vous pouvez ainsi passer à la technique suivante rendant ainsi l'apprentissage stratégique. Car outre les techniques offensives, vous pouvez apprendre la guérison et le renforcement pour vous rendre encore plus fort au combat.

Coté combat, Enigami a concocté un système dynamique en un contre un, qui reprend beaucoup de Naruto Shippuden : Ultimate Ninja Storm 4. Avec un coup de poing, un coup de pied, une esquive et un bloc, vous retrouvez tous les ingrédients pour placer des combos ravageurs. Vous disposez aussi de quatre emplacements de magie via la touche LT et l'apprentissage des rouleaux. Avec une difficulté assez élevée, liée au niveau des monstres ainsi qu'a leurs aptitudes, le système agréable sur la durée souffre tout de même de quelques défauts. Le premier est la caméra qui peine vraiment dès que la zone de combat inclus un élément de décor tel q'un coin de mur. Tantôt celui-ci est solide, tantôt il est invisible. Vous pianotez alors vos combos sans toucher l'adversaire et sans comprendre pourquoi. Il y a aussi une forte rigidité dans le timing des combos qui rend complexe l’exécution des Hyper (les supers attaques). Entre le contre des ennemis et le timing très tendu de l’exécution, vous favorisez souvent les enchaînements simples et efficaces.

Les cinématiques sous formes de BD avec audio font leurs petits effets.

Pour qui ?

Shiness est un hommage qui pioche allègrement dans tout ce qui s'est fait de bon, appelant à lui les nostalgiques. Alternant monde ouvert et carte en couloir, combats dynamiques et techniques à apprendre, le tout dans des décors somptueux, les éléments proposés ont de quoi séduire un large public. Et même si les mécaniques sont connues et l'histoire simpliste, ne laissant que peu de place à la surprise, le jeu est un petit plaisir à parcourir.

Certains endroits sont magiques.

L'anecdote

Avant d'être un jeu vidéo, Shiness a été un manga imaginé par Samir Rebib. Les premières idées lui sont venues alors qu'il était encore sur les bancs de l'école. Et c'est la rencontre avec Hazem hawash, compositeur de la bande son du jeu, qui aura permis au projet de décoller. Pratiquement vingt ans après les premières ébauches de Mahéra, le projet voit naître un manga puis un jeu vidéo avec le soutien de Kickstarter et du CNC.Le manga Shiness est d'ailleurs disponible gratuitement sur le web. Je vous conseille d'y jeter un œil avant de jouer ou juste pour vous donner une idée de ce qui vous attend. Comme quoi, tous les rêves d'enfants sont permis.
Les Plus
  • Un univers manga enchanteur et coloré
  • Des combats dynamiques
  • Le système de progression du shi par rouleaux
  • Un chara design somptueux
  • La bande son aux petits oignons
  • Les cinématiques sous forme de BD
  • Certaines énigmes plutôt ardues
Les Moins
  • La caméra au fraise en combat
  • Les phases de sauts délicates
  • Le timing des combats qui les rendent un peu rigides

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

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