2Dark

09 avr. 2017
Testé par sur
Disponible sur
3

Plus dur que Dark Souls

2Dark est une réussite, hommage à un genre repandu, et qui malgré un budget restreint, à de quoi surprendre. Entre le décors en voxel et l'ambiance horrifique à vous faire crisser les dents, tous les éléments sont réunis pour vous plonger dans le monde imaginé par Frederick Raynal. Le genre survival-horror y est ici mis en exergue, au point de stresser les joueurs les plus aguerris. Seul le nombre de morts élevées et la gestion de l'inventaire viendront gâcher cette expérience singulière. Un très bon jeu qui ne se met pas entre les mains de tout un chacun.

Fort d'un budget inespéré de 33 000 € récolté via Ulule, 2Dark débarque sur PC et consoles de salon. Ce jeu d'horreur à l'ancienne produit par le français Frédérick Raynal (Alone in the Dark, c'est lui) a de quoi attirer l'attention. Préparez-vous à suer dans un jeu qui prône le retro-gaming comme art de vivre.

L'histoire

Smith était un père de famille heureux avec sa femme et ses deux enfants. Pourtant une nuit de camping va complètement bouleverser sa vie. Sa femme est assassinée et ses enfants enlevés alors qu'ils se trouvaient à quelques mètres de lui. Sept années plus tard, le glorieux policier est devenu un rebut, pourchassant les kidnappeurs d'enfants sans la moindre limitation. Détective de son état, il n'a pas perdu espoir de retrouver sa chair et son sang. Le parc d'attraction de Gloomyditch ne tarde pas à attirer l'attention de notre obscur enquêteur suite à la disparition d'une multitude d'enfants.

Le studio Gloomywood vous livre un jeu d'horreur à la sauce rétro. L'ambiance y est savamment orchestrée et la bande son rend l'univers parfaitement glauque, même pour un adulte consentant. Les jeux d'ombres et de lumières sont au cœur de cette expérience vidéoludique mais est-ce vraiment suffisant ?

Une fois les enfants en sécurité dans la cage, il faut s'occuper des deux fauves en liberté.

Le principe

Si 2Dark est a classifié dans les jeux survival horror par son aspect narratif et son descriptif, il pioche aussi assez largement dans le point & click pour tout ce qui est enquêtes et énigmes ainsi que dans le jeu d'infiltration. La mécanique est la même pour chaque niveau : vous êtes lâché sans plus d'indications dans un nouveau décor et il vous faut sauver les enfants. Bien sûr, les lieux sont bourrés de méchants et de gens innocents (que vous ne pouvez pas différencier avant la rencontre). Vous allez donc devoir récolter les indices et passer dans les différents labyrinthes jusqu'à parvenir à un boss. Sur votre chemin, vous aurez l'occasion de vous cacher dans les ombres ou de marcher discrètement afin de pouvoir passer inaperçu auprès des vils occupants, voire même vous déguiser. Car si vous possédez une arme à feu, vous disposez de bien peu de munitions.

L'une des bizarreries du jeux tient au fait de sauver des enfants de psychopathes notoires. Et quoi de moins qu'un homme en imperméable et proposant des bonbons roses pour donner confiance aux enfants ? Une fois libérés, vous devez les ramener jusqu'à la zone de sécurité. Vous avez pour cela plusieurs ordres que vous pouvez leur donner : suivre, silence ou porter. Tout cela en respectant les conditions ardues des niveaux. Vous imaginez rapidement que votre calvitie sera plus que naissante à la fin du jeu.

Car plus que l'ambiance du jeu, c'est sa difficulté qui peut paraître l'élément le plus important. En effet, vous êtes assez peu aiguillé dans votre enquête et chaque tournant ou chaque porte peut entraîner une mort, synonyme de chargement de la dernière sauvegarde (pas de checkpoint). La lampe torche est votre meilleur alliée vu que seule celle-ci vous permet de voir suffisamment loin pour éviter les pièges et les ennemis. Car n'importe quel rat ou groupe d'araignées auront votre peau si vous n'y prêtez pas attention. De plus, vous devrez souvent essayer plusieurs actions (et donc mort) avant de trouver la solution du niveau.

Vous pouvez aussi tuer les enfants par accident, mettant fin à l'enquête à l'occasion.

Pour qui ?

N'ayons pas peur des mots, derrière son aspect survival-horror bien pensé qui vous plonge avec nostalgie dans les années 90, 2Dark est un die and retry parfois plus coriace que Dark Souls (les trois réunis). Et si les atmosphères pesantes ne vous conviennent pas, 2Dark donne aussi largement dans ce qui se fait de mieux, au point de heurter les âmes sensibles. Le jeu peut prétendre à un place dans les meilleurs jeux indé du moment mais il faut aussi avouer que cette pépite est plus qu'élitiste. Vous l'aurez compris, 2Dark n'est pas à mettre entre toutes les mains, loin de là.

L'univers en voxel participe grandement à la réussite du jeu.

L'anecdote

Le premier niveau de 2Dark est une entrée en matière tout ce qu'il y a de plus violent. Avec quelques bribes d'information sur le gameplay, vous êtes lâché dans le cirque abandonné et vos premiers pas vont être une vraie boucherie. Entre les rats à peine visible, les trous et les pièges, j'ai dû bloquer une bonne vingtaine de minutes sur le premier passage consistant à éviter l'homme de maintenance que j'ai fini par tuer par inadvertance avec mon revolver suite à un problème d'inventaire et de panique. Un reset de niveau plus tard pour pénurie de munitions, je me suis rendu compte que le pauvre homme n'était pas hostile. Et s'il vous cri bien dessus à vue, il ne se passe rien si vous n'avez pas d'arme. C'est finalement là que l'on voit l'ensemble des possibilités offertes par le jeu.
Les Plus
  • Un jeu sombre, violent, glauque, oppressant et adulte
  • Une bande son qui colle parfaitement au thème
  • Les possibilités d'approches dans le niveau
  • Des mécaniques de gameplay intéressantes
  • Une direction artistique génialissime si vous aimez la 2D et le voxel
Les Moins
  • L'inventaire difficile à gérer en partie (sur console)
  • Des morts à répétitions difficilement justifiées
  • La visibilité réduite, parfois trop