Silence

15 déc. 2016
Testé par sur
Disponible sur
4

Un joli conte à mettre entre toutes les mains

Réaliser l'aventure de Silence revient à parcourir un conte richement illustré, aux personnages attachants et à la trame plus profonde qu'il n'y parait. Malgré quelques lenteurs dans certaines actions ou dialogues, inhérentes au fait que le jeu se veut très pédagogue avec vous, il se parcourt avec plaisir. Daedalic Entertainment signe une très belle aventure, tant par sa prise en main aisée qui conviendra parfaitement aux jeunes joueurs en herbe que par son histoire qui ne laisse pas indifférent. Silence est une excellente surprise, certes un peu courte, mais très appréciable dans l'univers parfois maladroit des point and click sur console.

Avec pour héros un frère et une sœur plongés dans un monde fantastique, Silence est plus sombre qu'il n'y paraît. Leur relation, fusionnelle et conflictuelle à la fois, guide vos actions tandis que vous jouez l'un ou l'autre personnage. Accompagnés de leur étrange petit ver protéiforme que se révèle être un compagnon de bon secours, Renie et Noah parviendront-ils à vous embarquer avec eux dans leur aventure ?

L'histoire

Alors que la guerre fait rage, la petite Renie et son grand frère Noah s'abritent dans un bunker lors d'un bombardement. Leur abri ne résiste pas longtemps et c'est complètement sonné que Noah se réveille à Silence, un monde imaginaire qui se situe entre la vie et la mort. Il va tout faire pour retrouver sa petite sœur en rencontrant dans sa quête différents personnages qui forment la rébellion : la "fausse Reine" sème le chaos à Silence avec ses sombres monstres, à la recherche d'un fragment de miroir. Alors que Noah retrouve enfin Renie, les différents personnages se rendent compte que celle-ci a peut-être un rôle plus important à jouer dans toute cette histoire...

Hi hi hi !

Le principe

Silence est un point and click issu du monde du PC. Mais son adaptation sur console s'est faite sans encombre et c'est un plaisir de naviguer dans les différents tableaux à la recherche d'indices à dénicher ou d'actions à réaliser. L'histoire suit une trame assez classique de quête, avec des personnages qui viennent guider nos deux héros dans leurs pérégrination. L'adorable petite Renie, espiègle et maligne, ne manque pas de vous surprendre par sa répartie et son humour pince-sans-rire plus qu'attendrissant. Alors qu'elle doit par exemple chercher un ingrédient amer dans un marécage pour libérer son compagnon de voyage d'une plante carnivore, elle goûte à diverses plantes et se shoote avec plaisir à l'une d'elles, particulièrement enivrante.

Dans chaque tableau, diverses actions sont à réaliser à l'aide des éléments du décor. Si par défaut ils ne sont pas indiqués et nécessitent de se rapprocher pour apparaître en surbrillance, une option permet de les rendre visible par défaut, ce qui facilitera la prise en mains des jeunes joueurs. Cependant, les différents dialogues sont suffisamment bien écrits pour vous guider tout au long de votre réflexion. Silence se parcourt donc comme un conte interactif dans lequel vous avez un rôle à la fois d'acteur et de spectateur.

Renie, une petite fille pleine de courage !

Pour qui ?

Avec son histoire bien écrite, ses personnages attachants et son univers graphiques très poussé, Silence plaît autant à jouer qu'à regarder. C'est une aventure qui se réalise en famille, les jeunes joueurs s'y retrouvent sans problèmes tandis que les adultes découvrent un conte triste, ponctué de scènes d'amitié franche et d'amour fraternel qui pince le cœur. La difficulté du point and click n'étant pas des plus élevées, n'y voyez pas un challenge incroyable à relever. Pas d'énigme tordue, pas de combinaison bizarre : Silence vous accompagne tout en douceur dans son monde de rêverie, ponctué d'humour et d'effroi.

Une petite session de réflexion pour faire passer tout le monde de l'autre côté du pont.

L'anecdote

Silence est la suite d'un jeu plus ancien du studio Daedalic Entertainment : The Whispered World : Les Chroniques de Sadwick. N'ayant pas joué au jeu, il m'a manqué quelques références que j'ai peu à peu comblées. Par exemple, Noah, le grand frère, est à la base un clown triste, Sadwick. Ce second personnage est évoqué dans les dialogues entre Noah et Renie comme une tierce personne, ce qui donne l'impression d'être en présence de deux personnes fortement touchées par la schizophrénie. Mais ce genre de détails rend la relation entre ce grand frère protecteur et sa petite sœur torturée intérieurement plus attachante.
Les Plus
  • L'histoire de Noah et Renie ne laisse définitivement pas indifférent
  • Graphiquement réussi
  • La prise en main pour tous les âges
  • Un véritable conte interactif
Les Moins
  • Quelques longueurs et répétitions dans certains échanges
  • Un peu court ! Les personnages secondaires donnent envie d'en voir davantage