Sid Meier's Civilization VI

19 nov. 2016
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur 2K Games
  • Développeur Firaxis Games
  • Sortie initiale 21 octobre 2016
  • Genre Stratégie tour par tour

Le retour du Roi

Sid Meier's Civilization VI est un monument du jeu vidéo. Il réussit le tour de force de renouveler une série vieille de 25 ans. Là où Civilization V et Civilization Beyond Earth décevaient de par leur manque cruel de nouveautés, Civilization VI sublime et réinvente certains pans entiers de gameplay. Il nous pousse à jouer quelques tours de plus, et ce jusqu’au petit matin. Malgré quelques défauts d’IA, Firaxis fait là un sans faute. Tant graphiquement que techniquement Civilization VI démontre que la stratégie n’est pas morte et que la licence à encore de beaux jours devant elle.

Sur le papier, Civilization propose les mêmes systèmes depuis près de 25 ans en graissant leurs rouages et en les modernisant quelque peu à chaque nouvelle version. Avec Sid Meier's Civilization VI, Firaxis révolutionne certaines mécaniques sans les dénaturer. Ils ont même l’excellente idée de fournir dans le jeu de base toutes les améliorations apportées par les extensions de son prédécesseur. Et ça, de nos jours, c’est assez rare pour être souligné.

L'histoire

Chers explorateurs, bâtisseurs et grands dirigeants de ce monde, votre histoire commence ici. Vous avez la lourde responsabilité de mener votre civilisation à son apogée. La route sera longue et semée d'embûches. Votre petit village va prospérer. Vous allez réécrire l’Histoire. Serez-vous un leader militaire et écraserez tout sur votre passage ? Un scientifique en quête de connaissance où encore le prophète que cette terre attendait ? C’est à vous d’en décider mais choisissez vite, car pendant ce temps, tapies dans le brouillard de guerre, les tribus barbares attendent le moindre faux pas de votre part pour passer à l’action. N’oubliez jamais que l’histoire est fourbe. Enfin, méfiez-vous du Maître de guerre Gandhi, qui n'hésitera pas un seul instant à vous lancer quelques bombes nucléaires avant de venir contester votre capitale. Bon courage chers explorateurs. Que votre civilisation prospère !

Les quartiers font désormais leur arrivée dans les villes. Un plaisir pour les yeux.

Le principe

Avant de commencer une partie vous devez choisir une des 19 civilisations disponibles. Chaque civilisation possède un dirigeant, sauf la Grèce qui en possède deux. Chaque dirigeant se différencie grâce à ses personnalités spécifiques fixes, et un trait secret différent à chaque partie. De ce fait, une fois les dirigeants connus, il est très facile de prédire comment celui-ci va réagir. Le trait secret est donc là pour donner un peu de diversités à vos escarmouches.

Comme à l’accoutumé, vous avez la possibilité de gagner la partie en remplissant des objectifs bien différents. La plus pragmatique, la militaire, vous impose de posséder la dernière capitale et de capturer toutes celles des civilisations ennemies. La victoire culturelle, tout droit sortie de l'extension Brave New World, consiste à accueillir plus de touristes externes que les autres. Pour les élitistes et les Elon Musk en herbe, optez pour la victoire scientifique. Celle-ci se déclenche au moment même où Mars sera à votre portée. Enfin, la victoire religieuse vous demande de convertir au moins 51% de la population mondiale à votre secte... pardon, religion.

Ce nouveau volet marque surtout l'arrivée de la micro-gestion dans vos cités. Terminé (enfin) les villes sur une seule case. Désormais vous allez devoir ajouter des quartiers dans vos centres-villes. Ceux-ci doivent se positionner en général sur les cases adjacentes. Créer une nouvelle cité n’est plus juste une question de ressources mais bel-et-bien de géographie. Car selon celle-ci, les quartiers gagnent des bonus, par exemple, le campus engrangera plus de points de science s’il est placé près d’une montagne. Les merveilles fonctionnent aussi de cette manière, ainsi, exit les cités où l’on retrouve les Pyramides, Stonehenge et le Phare d'Alexandrie sur la même case.

L’arbre technologique classique est ici séparé en deux. L’arbre dit technologique et l’arbre des dogmes. Les dogmes débloquent différents gouvernements. Le système de gouvernement fait partie des nouveautés de cet opus. Il vous demandera de choisir des cartes "doctrines" afin de diriger votre civilisation à votre manière. Une idée rafraîchissante et très simple à maîtriser.

Voilà les options présentes en multijoueur. Il y en a hélas moins que dans le volet précédent.

Le multi

Un des intérêt de Civilization VI est son mode multijoueur. Une fois l’intelligence artificielle retournée dans tous les sens, votre ego va vouloir exhiber à la Terre entière son génie. Le jeu vous propose donc quelques options bien senties comme la taille de la carte, la vitesse du jeu, le type de carte et bien d’autres choses. Tout ça pour vous permettre de personnaliser vos parties selon vos envies.

Cela dit, comme toute partie de Civilization, prévoyez une bonne dizaine d’heures par partie. La vitesse du jeu peut faire varier cette durée, les parties les plus rapides ne se dérouleront pas du tout de la même manière et les victoires visées seront différentes. N'espérez tout de même pas terminer une partie en moins de quatre heures, même dans la vitesse maximum. Autre mode intéressant, le jeu vous propose du local sur une même machine. Indispensable pour les couples, fratries ou autres schizophrènes.

La grande Reine Cléopâtre joue à Civilization VI après 22 heures.

Pour qui ?

Civilization VI s’adresse avant tout aux inconditionnels de la licence. Tout est fait pour les réjouir, tant au niveau gameplay, que nouveautés. Firaxis a su insuffler un vent de renouveau sur leur recette déjà succulente. Pour les débutants, commencer un 4x est toujours une éprouvante épreuve, mais la conseillère saura les aider et les soutenir tout au long d’une partie. L’IA dans les niveaux les plus bas est assez faiblarde, donc nous pouvons que vous conseiller de vous y atteler quelque soit votre maîtrise du genre. Aussi, Civilization VI arbore un style cartoon qui saura plaire à tout le monde sans rebuter personne.

Un grand jeu commence toujours par un grand moment d'émotion.

L'anecdote

Étant Corse et résident sur place, quelle fût ma surprise de voir dans la cinématique d’ouverture du jeu, le personnage principal dessiner la Corse et ses alentours. Le début d’une aventure qui se termine par la conquête spatiale. un petit clin d’œil qui pour moi, n’est pas dénué de sens. La civilisation européenne s’est développée autour de la Méditerranée, toutes les grandes civilisations sont nées en son sein, que ça soit les égyptiens, les grecs ou les romains, tous ont baignés dans la Mare Nostrum. De là à dire que la Corse est au centre de la civilisation moderne, il n’y a qu’un pas. Plaisanterie à part, il fallait certainement choisir un endroit reconnaissable entre milles et situé en Méditerranée. C’est simplement tombé sur la Corse. Il en faut peu pour émoustiller mon petit cœur chauvin.
Les Plus
  • Un gameplay toujours aussi maîtrisé
  • Artistiquement réussi
  • Les dirigeants très expressifs
  • De nombreuses nouveautés
  • Plus besoin d'attendre d'extension pour profiter de l'experience complète
Les Moins
  • L'IA à la ramasse dans les niveaux de difficulté les plus bas
  • Les nuits blanches risquent de vous faire perdre votre emploi