Test | Harry Potter et la coupe de feu
10 déc. 2005

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Harry Potter and the Goblet of Fire

Faire un jeu à licence, c'est facile. Il y a déjà les personnages, la trame, et l'univers graphique. Mais c'est d'autant plus facile de sombrer dans la bête adaptation, sans ajouter de note artistique et profiter de tous ces éléments pour en oublier le principal : l'intérêt du jeu en lui-même. C'est aujourd'hui l'adaptation par EA du dernier long métrage inspiré du quatrième tome d'Harry Potter qui est passée au crible. Nous auront-ils gratifié d'une énième adaptation du monde magique de Harry sans saveur ou ont-ils su mettre les bonnes personnes sur le projet pour donner naissance à une sorte d'aventure parallèle aux livres et aux films ? En tous cas le côté action emprunté par cet opus fleure bon le renouveau.

On pose le décor

Harry Potter, dans sa quatrième année de magie à l'école de Poudlard, est toujours accompagné de ses amis Hermione et Ron. Il en est de même dans le jeu. La coupe de feu désigne le réceptacle où les jeunes sorciers déposent leur nom dans le but de participer au championnat de magie annuel. Bien que n'ayant pas participé en raison de son jeune âge, notre ami Harry voit son nom proposé par la coupe. Cet objet de haute magie n'aurait pu être corrompu et ce même à l'aide des plus puissants sorts. Après délibération, il est décidé que la coupe ne peut être contredite et que malgré la difficulté du challenge, exceptionnellement une école aura deux participants. Il faudra alors participer aux terribles épreuves du championnat et c'est au cours de onze missions que nous allons vivre l'aventure de l'apprenti sorcier, et bien plus encore.

Qu'est ce quidditch ?

Vous voyez les balais ont quand même leur place dans cet épisode

Ce titre est plus fidèle au livre qu'au film qui tronque certaines scènes. Néanmoins, les grandes lignes se retrouvent dans l'oeuvre cinématographique. Les cours de sorcellerie posant le décor se voient adaptés sous forme de tutorial, puis suivent les épreuves du championnat jusqu'au combat final contre... Non, pas de spoiler. L'éditeur a scrupuleusement suivi le déroulement de cet épisode et n'a pas cédé à la tentation du quidditch. En effet, quoi de plus facile que de prétexter un match pour gagner une heure de durée de vie ? Surtout que les fans se rassurent, ils feront un tour de balai. Le choix d'EA, bien que controversé est facilement défendable. Après tout, le sport national des sorciers n'a pas grande place dans le livre, ils n'ont fait que scrupuleusement suivre le fil conducteur.

Une IA pas au top

Les sorts à plusieurs sont souvent la clé pour avancer dans les niveaux

L'action se déroule presque toujours en présence de nos deux fidèles amis. Pouvant les incarner tour à tour, le joueur devra leur faire gagner des points d'expérience afin d'acheter des cartes. Celles-ci augmentent les capacités de chacun des personnages. Les sorts se combinant, il est important de pouvoir compter sur ses acolytes. L'IA n'est pas des plus efficaces, mais pas désagréable non plus dans le sens où ils ne se coinceront pas, vous forçant à faire demi tour pour les rechercher. Cependant, il faudra parfois unir les forces pour soulever un objet par exemple et il n'est pas rare de voir l'un deux faire deux fois le tour de l'écran avant de comprendre. La précision n'étant pas toujours de mise, ajoutée à ce défaut, ça en agacera plus d'un mais l'univers enfantin force à la tranquillité.

3 touches de douceur dans un monde de brute

La première épreuve...

Le gameplay – efficace malgré l'impossibilité de configurer ses touches – permet d'aborder toutes les phases avec trois boutons. Les sorts sont choisis automatiquement selon la situation. Une touche déclenchera l'accio, qui permet de récolter les bonus à distance. Une autre enverra le sort adéquat – une quinzaine sont disponibles – et force est de constater que ce choix est efficace. Le dernier lance une attaque spéciale collective. On récolte tout au long du niveau des dragées qui confèrent de la magie, ou donnent les points nécessaires pour débloquer les cartes de pouvoir. Il est à noter que bon nombre de photos du film se gagnent de cette manière, avis aux amateurs. Il faudra tout au long de l'aventure récolter des boucliers. Ceux-ci ouvrent le passage des autres niveaux et donnent de nouvelles capacités à nos héros. Il faudra repasser dans certains niveaux déjà finis pour les obtenir. Ce qui n'avait pas pu être fait auparavant, faute de moyens.

Un portage brut de décoffrage

Voici la coupe de feu, non ce n'est pas une nouvelle coiffure.

Bien que sentant le portage multi plateforme à plein nez, la version PC aux graphismes non configurables n'a pas à avoir honte. Même si les sorts ne sont pas bluffants, leur effet visuel est des plus sympathiques. Les environnements traversés, sans être fouinés, sont agréables. Certains angles de caméras sont très bien choisis, ce qui n'est pas le cas tout au long du jeu. Ce bémol ne baisse pas la note de cette adaptation réussie dans l'ensemble au point de vue technique. Certes il aurait été beaucoup mieux de bénéficier d'anti-aliasing ou de pouvoir monter la définition, mais la palette et la globalité des décors représentent bien l'univers d'Harry Potter. En passant du timidement glauque au pas franchement joyeux, le titre reste dans une moyenne qui plait à tous, petits et grands. La bande son reprend les voix du film et l'humour présent dans les blagues entre Ron et Hermione est bien retranscrit.
Les Plus
  • L'univers de Harry Potter est fidèlement retranscrit
  • Certaines blagues sont rigolotes
  • On peut laisser les enfants y jouer sans crainte
  • Très facile à prendre en main, pour tout le monde, même mémé
  • Assez joli dans l'ensemble
  • Rempli de bonus pour les fans
  • Jeu à deux degrés : pour les très jeunes, et pour les autres
Les Moins
  • On ne peut rien régler, graphismes, touches...
  • Trop facile, donc trop court
  • Une IA assez faible
Résultat

Pour finir, il faut se mettre une chose en tête : Harry Potter ne sera jamais pour les hardcore gamers. Destiné aux plus jeunes d'entre nous, il surprendra de par la maturité de son gameplay. La simplicité de la prise en main séduit les joueurs de tout âge et l'on prendra plaisir à se passer le clavier tour à tour lors d'un après midi pluvieux. Ici, il n'est pas question de frustration car on ne meurt que rarement (les vies se comptent en chocogrenouilles). Une fois la barre de vie à zéro, le personnage reprend vie. Et les ennemis battus, jamais effrayants, se voient transformés en papillon, affublés d'une citrouille sur la tête, etc. On prend plaisir à y jouer en famille, sans crainte de voir le petit dernier traumatisé. Juste après les polémiques sur les jeux tels que The Warriors, ça fait beaucoup de bien. Mais tout ça justifie t'il la dépense de 60 € ? Certainement pas, surtout que la durée de vie de 10 heures à peine ne donne pas envie de s'y remettre de suite. Alors, le bon plan juste avant les fêtes, c'est effectivement de l'acheter, y jouer un week end en famille et ensuite l'offrir à un neveu fan de la série pour devenir un super tonton sorcier.

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