Assassin's Creed Syndicate

22 nov. 2015
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 23 octobre 2015
  • Genre Action

Un pardon difficile

Difficile de faire oublier les défauts d'Assassin's Creed Unity. Ainsi, Assassin's Creed Syndicate n'y arrive malheureusement que partiellement. Plus stable que son aîné, limitant les ralentissements, le jeu subit de plein fouet les limites techniques du moteur graphique. Entre le brouillard qui trouble quasiment tous les bâtiments, les intérieurs peu visitables et les visages pas franchement réussis, vous ne pouvez pas vous réjouir pleinement du résultat visuel. En terme de gameplay, le grappin, qui se présente comme une bonne idée, manque d'un petit quelque chose pour être convaincant. Côté scénario, les progrès sont visibles grâce à la profondeur de la relation des jumeaux et à la présence d'un vrai méchant. Cependant, toute la partie dans le présent est encore laissée de côté (ou presque). Un épisode qui peine à convaincre les habitués mais qui plaira sans doute aux nouveaux venus.

Malgré la controverse de l'épisode précédent, la série Assassin's Creed revient tel un métronome juste avant les fêtes. Syndicate, c'est le nom de la cuvée 2015, débarque sur nos machines avec l'intention de faire mieux qu'Assassin's Creed Unity. Il s'agit surtout de proposer un jeu au développement achevé. Verdict ?

L'histoire

Londres va mal. L'époque Victorienne enrichie les hommes politiques et les hommes d'affaires mais les habitants dépérissent. Les enfants travaillent le jour comme la nuit et les gangs rackettent les honnêtes gens. Il n'y a pas d'échappatoire à la révolution industrielle et le peuple en est la victime principale. Sous le joug de Crawford Starrick, chef de l'ordre des Templiers, l'Angleterre sombre et les Templiers gouvernent le monde. Mais deux jeunes gens, les jumeaux Jacob et Evie Frye, entendent bien libérer Londres des Templiers et débarquent sur les rives de la Tamise avec de louables intentions assassines. Mais remonter les chaînons de l'organisation templière est compliqué surtout quand la course aux reliques tel le suaire d'Eden est déjà bien engagée. Finalement cette ambiance sombre sur fond de révolution industrielle n'est pas sans rappeler l'Albion de Fable III.

Assassin's Creed Syndicate offre la possibilité d'incarner les deux protagonistes comme bon vous semble. La relation entre les deux jumeaux est au cœur du scénario. Cependant, afin de définir ses personnages rapidement, Ubisoft a tendance à présenter ses personnages trop caricaturalement, surtout sur les premières heures de jeu. Au fil de l'aventure, la relation s'épaissie et des traits plus fins se dessinent en laissant entrevoir deux héros attachants. Malheureusement une fois n'est pas coutume, le méchant de l'histoire possède une aura et un charisme plus importantes que les héros.

L'appartition du grappin dans votre équipement modifie toutes vos habitudes.

Le principe

Assassin's Creed Syndicate ne change en rien le principe de la série : un jeu d'action à la troisième personne dans un monde ouvert situé dans une époque passée, ici l'Angleterre du XIXème siècle. Vous y incarnez un duo d'assassins, dont le style s'avère radicalement opposé sur le papier mais moins dans les faits, mais nous en reparlerons plus tard. La trame principale vous emmène à la pourchasse des templiers dans différents types de missions : vol de matériel, pourchasse et assassinat, installation frauduleuse ou sabotage. Ses missions rythment les différentes séquences de la trame scénaristique mais ne remplissent pas la plupart de votre temps puisque vous devez aussi libérer les différents quartiers de Londres afin d'y installer vos Rooks, votre gang à vous. Pour libérer les quartiers vous devez alors effectuer des missions particulières dans les zones : Libération des enfants qui travaillent, exécutions des gangs locaux, assassinat sur le chef Templier du secteur et enlèvement d'une crapule pour aider la police. Dans la pratique, l'enlèvement pour arrestation est la tâche qui revient le plus souvent sans montrer un grand intérêt avec la répétition, voire même en créant des phases de jeu ridicules tant l'IA est aux abonnés absents.

Côté nouveauté, deux éléments font leur apparition pour changer un peu votre façon de jouer, malheureusement d'une façon très maladroite. Tout d'abord, l'accès aux calèches en permanence (déjà apparut il y a fort longtemps dans Assassin's Creed 2) qui change le paysage de la ville pour permettre aux véhicules de circuler librement quasiment partout. Si cela fluidifie beaucoup vos déplacements sur cette grande carte, il faut dire aussi que ses phases de jeu ont été bâclées, donnant la sensation de retourner dans le passé. Si le GPS au sol est déjà un peu déroutant, le manque de liberté et de réalisme de cette conduite vous poussera souvent à fuir par les airs. Et cela tombe bien puisque le second ajout majeur est un grappin qui permet de se déplacer de toit en toit ou de fuir rapidement. Mais la pression de la touche LB n'est pas suffisante, il faut aussi un endroit où s'agripper. Et c'est là que le bas blesse puisqu'il faut chercher souvent plusieurs secondes un endroit ou accrocher le grappin en tournant la caméra dans tous les sens, s'en parler du fait que le grappin puisse s'accrocher à un endroit que vous ne souhaitiez pas. L'idée est bonne mais la réalisation moins, et pour cela vous préférerez aller jouer à Batman.

Sans être brillant, le jeu est tout de même assez réussi techniquement... sauf les visages.

La technique

Soyons honnête : cet Assassin's Creed Syndicate est plutôt joli et agréable visuellement. Londres y est magnifiquement représentée et le jeu propose quelques superbes points de vues. Les bâtiments sont travaillés ainsi que les rues ou même les nouvelles calèches. À ce niveau, le jeu est une réussite qui permet même une stabilité durant la quasi totalité de l'aventure. Cependant, cette stabilité ce fait au détriment d'éléments qui avaient fait la superbe d'Assassin's Creed Unity. Pour commencer, Londres est recouvert en permanence d'une brume qui empêche d'apprécier les synchronisations à la vue d'aigle, tout comme certaines balades sur les toits, en floutant quasiment tous les bâtiments. Ensuite, et c'est là une vrai limite dans les choix de parcours, la quasi totalité des maisons sont fermées à la visite, ce qui réduit beaucoup l'espace de jeu. Certes, quelques missions proposent des activités en intérieur mais ce n'est que dans des endroits limités à la mission. Enfin, il faut aussi signaler que les visages ne sont pas les plus fins et que les PNJ sont parfois hideux, souvent très répétitifs.

Quelques intérieurs restent visitables, mais trop peu nombreux.

Le multi

Nouvelle déception ici puisque le jeu ne possède pas de mode multijoueur. La licence a pourtant longtemps essayé d'en offrir un, qu'il soit compétitif ou coopératif. Celui d'Assassin's Creed Unity proposait d'ailleurs l'ébauche d'un mode intéressant en coopération à quatre mais desservi à l'époque par les différents ralentissements de connexion. L'abandon de cette expérience en ligne à plusieurs est donc assez triste, si ce n'est regrettable. Que dire de plus !

Pour qui ?

En regardant Assassin's Creed Syndicate, vous vous retrouvez très clairement devant un AAA qui cherche à aller grignoter un peu partout des nouveaux joueurs. Les amoureux de la capuche ne suffisaient plus, alors autant aller taper chez les voisins. Avec ce nouveau système de combat, plus proche des QTE de Batman que de l'ancien système, ainsi que le grappin, les habitués du chevalier noir ne seront pas vraiment dépaysés. En plus, ce système simplifie d'un cran les combats ou les fuites, rendant le jeu très accessible. Très ouvert en terme de public, le jeu semblera commun aux habitués de la série.

Les points d'accès par les toits vous confèrent souvent un avantage considérable.

L'anecdote

Assassin's Creed Syndicate propose d'alterner entre les deux protagonistes quand vous le souhaitez. Jacob est présenté comme une brute impulsive tandis que Evie favorise la fourberie et la discrétion en respectant le credo au maximum. J'ai étrangement choisie Jacob dans un premier temps pour ses aptitudes physiques. Mais après quelques heures de jeu et avec l'évolution de l'arbre de compétences de chacun des personnages, les écarts se nivellent et finalement, j'ai pu jouer les deux personnages de la même façon sans que cela n'impacte réellement le résultat. Au final, vos deux arbres de compétences seront identiques, le choix de votre combattant n'influençant jamais votre approche.
Les Plus
  • Relation entre Jacob et Evie assez bien construite
  • Plutôt joli et stable
  • Une musique et et une ambiance particulièrement soignées
  • La taille de la carte vraiment conséquente
Les Moins
  • Des scènes repiquées d'autres AAA
  • Le grappin, sympa mais dont l'utilistation n'est pas assez fluide
  • La conduite de calèche, sans grand intérêt
  • Les enlèvements/arrestations trop souvent demandés
  • L'effet de brouillard / flou nuisible à l'expérience
  • Où sont passés tous les intérieurs ?
  • Une IA molassonne