Another Code, l'autre façon de jouer sur NDS

11 sept. 2005
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Cing
  • Sortie initiale 24 juin 2005
  • Genre Aventure

Mais malgré ses bonnes idées, Another Code souffre par moments de certaines longueurs, attisées par des rebondissements agaçants, propres aux scénarios japonais, comme si l’Empereur aurait voulu être joueur en lâchant un "Luke, je suis ton père"... D’autant que les doubles démêlés familiaux dans cette aventure croisée pèsent sur l’histoire, qui en devient étouffante. Ce qui n’empêche pas une durée de vie assez courte, de l’ordre de 5 à 6 heures maximum. On aurait préféré vivre une aventure plus riche et variée que de suivre tous ces nombreux couloirs et découvrir des énigmes plus nombreuses, encore plus inventives. Au lieu de cela, la fin dure une éternité - sans pouvoir sauvegarder, attention aux batteries - et se constitue d’un échange de regrets et d’explications tarabiscotées. Mais au moins, on connaît enfin le passé de nos deux jeunes héros. Et pour motiver les troupes, sachez qu’en finissant une deuxième fois le jeu, on a droit à une petite surprise...

Un jeu d’aventure sur console ? Quelle idée. Et en plus sur console portable ? Insensé. Et pourtant, Another Code est là pour témoigner que c’est possible d'allier subtilement les caractéristiques propres à la NDS et les ficelles habituelles de tout bon jeu d’aventure qui se respecte. Avec ses défauts comme ses qualités.

Les souvenirs sont le fil conducteur

Trou de mémoire (au carré)

Le sous-titre d’Another Code, "mémoires doubles", évoque d'emblée la double aventure que va vivre le joueur, armé de son stylet et de sa réflexion. Le personnage principal (Ashley), une jeune fille de 14 ans à la recherche de son père inconnu, tombe au cours de sa quête sur un jeune fantôme du même âge (D), qui lui aussi est à la recherche de son passé. La rencontre a lieu au tout début du jeu et il est vrai qu’un certain nombre d’informations déferlent sur le joueur au fur et à mesure, si bien qu'il se sent vite dépassé par toutes ses pièces de ce double puzzle. Entre les liens de parentés, les départs, les retours, les époques, on fini par ne plus savoir qui a fait quoi. Mais qu’importe, puisque après chaque chapitre de jeu, notre jeune héroïne prend le temps de récapituler les événements importants.

Même Ashley a sa NDS. En vérité, c'est bien plus qu'une console...

Le doigté est de rigueur

Tout commence quand Ashley reçoit une lettre de son père, l’invitant à le retrouver sur une île. Sachant qu’il était scientifique, on se doute qu’il s’y est retiré pour continuer ses sombres travaux. Cette petite île, autrefois habitée par une riche famille, est aujourd’hui déserte. On débarque. Première prise en main : la direction, très facile, s’opère au stylet. L’écran du haut indique le décor principal du lieu sous forme de dessin, tandis que l’écran du bas affiche une vue de haut de l’endroit. Très vite on se surprend à courir le long du chemin, tandis que les décors défilent tels des diapos sur l’écran du haut. Mais un jeu d’aventure ne serait rien sans les phases d’observation ; lorsqu’une icône le lui indique, Ashley peut s’arrêter et observer le décor de plus près. En passant le curseur sur différentes zones plus ou moins intéressantes, on peut ramasser des objets, en combiner, découvrir des messages etc.

Votre nouveau copain, D, que personne d'autre que vous ne voit

Les idées viennent en marchant

Si la progression globale est rapide, le joueur est très vite freiné par des allers et retours dans les différentes zones du jeu, notamment dans la partie du manoir. De longs couloirs bordés de salles sont à explorer, et bien qu’Ashley trouve un certain nombre d’objets intéressants, elle n’est pas du genre à ramasser tout ce qui traîne. Il faut donc penser à revenir souvent explorer à nouveau des endroits déjà visités, pour qu’enfin l’on puisse actionner tel levier ou ramasser tel objet. C’est un peu le principe du jeu d’aventure, mais la tendance actuelle sur PC est de minimiser au maximum ce désagrément. Ce n’est pas encore tout à fait au point sur NDS, cependant les quelques énigmes présentées dans Another Code présagent de très bonnes choses pour la petite console de Nintendo.

Mon énigme favorite

Même sur PC ça n’existe pas

Une qualité indéniable dans Another Code réside dans l’inventivité de ses énigmes. Il ne s’agit pas de mécanismes à réparer, ni de puzzles à reconstituer (du moins, à part le premier message papier trouvé), mais de véritables manipulations à plusieurs niveaux, résultats d’enchaînements d’actions et de réflexion. Plus précisément, on trouvera disséminés des indices qui permettront de connaître l’énigme. La façon de la résoudre n’est quant à elle jamais suggérée : au joueur de la trouver. Et c’est particulièrement jouissif de résoudre certains problèmes par des méthodes jamais employées dans un jeu vidéo. On peut peut le souligner, il est impensable de trouver des énigmes identiques sur PC car c'est parfois la console NDS elle-même qui physiquement est impliquée dans leur résolution. Sans tout dévoiler, faisons remarquer que la console peut se replier... et donc contribuer à résoudre un savant mélange de rébus et de reflets. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, mais de nombreuses fonctionnalités sont ainsi mises en jeu, que ce soit le micro ou l'approche tactile de l'écran inférieur.
Les Plus
  • Les énigmes, à la fois inédites et créatives
  • La réflexion du joueur mise à contribution
  • Les fonctionnalités de la NDS subtilement exploitées
  • Le premier vrai jeu d'aventure sur console portable
Les Moins
  • Les nombreux allers et retours dans les environnements
  • La durée de vie