Assassin's Creed Unity

02 déc. 2014
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 13 novembre 2014
  • Genres Action, Aventure

Le jour de gloire est arrivé

Après des jeux de batailles navales satisfaisants, Assassin's Creed Unity revient aux origines du Credo, à savoir le conflit avec les Templiers, le respect du règlement des Assassins et l'influence des deux factions sur le monde. Si l'abandon plus ou moins déguisé de l'histoire avec Junon ainsi que le personnage d'Arno est regrettable, le rendu visuel est des plus réussis et le système de course libre n'a jamais été aussi plaisant à l'utilisation. Le fait de pouvoir entrer dans les maisons plutôt que de systématiquement les contourner vous offre de nouvelles perspectives pour les courses poursuites et les recherches. Un très bon épisode d'Assassin's Creed auquel vous succomberez avec plaisir.

Après avoir donné son indépendance aux États-Unis et vogué sur la belle mer des Caraïbes, la licence phare d'Ubisoft revient sur le Vieux Continent. Le contexte historique favorisant la prouesse technique, Assassin's Creed Unity débarque en France pour nous conter la Révolution d'une autre façon. Oyez, braves gens, des têtes vont tomber pour les plus chauvins d'entre vous !

L'histoire

Les siècles défilent et la guerre opposant Assassins et Templiers est toujours au cœur du monde. Abstergo, l’entreprise qui sert de couverture aux Templiers, a décidé de décoder l’ensemble du génome des Premiers habitants de la Terre. Le seul moyen est de retrouver tous les Sages dans toutes les époques pour obtenir les précieuses informations détenues dans la fameuse triple hélice. Ils sont partis à la recherche du corps du Sage qui aurait vécu en France, au 18ème siècle, soit en plein milieu de la Révolution française, grâce à sa nouvelle console de salon. Les Assassins entendent bien contrecarrer les projets des Templiers et partent eux aussi dans l’Animus pour découvrir en premier l’emplacement du Sage de cette époque. Cette trame est légère et bien trop vite abandonnée au profit de l'histoire à l'intérieur de la machine d'Abstergo.

Dans l’Animus, vous incarnez Arno Dorian, un noble Parisien, dont le père a été assassiné alors qu’il était enfant, et élevé par le grand maître Templier De la Serre en personne. Accusé à tort du meurtre de son bienfaiteur quelques années plus tard, chassé comme un malfrat par son amour, Élise de la Serre, il se retrouve obligé de retrouver ses origines, à savoir les Assassins. Initié au Crédo comme le fut son père, Arno part dans Paris avec une soif de vengeance qui sera néanmoins limitée par les règles qui sont devenues les siennes, alors qu’une trêve a été signée entre les deux camps. Le contexte de la Révolution n'est pas comme dans Assassin's Creed III, dépendante de la trame scénaristique mais une trame de fond qui permet de donner vie aux personnages secondaires, souvent charismatiques, qu'Arno utilise régulièrement pour parvenir à ses fins ou inversement.

Le retour aux sources de la série est visible tout au long du jeu et l’adieu aux bateaux sera accueilli comme une bonne nouvelle par les fans d’Assassin's Creed. Il y a d’ailleurs plein de petites répétitions avec les premiers épisodes : amour impossible avec une Templière comme dans le premier épisode ou un séjour en prison (comme dans à peu près tous les volets). Un épisode qui s’inscrit donc plus dans le respect du Credo et qui contrebalancera complètement avec Assassin's Creed Rogue ou Assassin's Creed IV. Par contre, la personnalité d'Arno apparaît comme une pâle copie d'Ezio plutôt que comme un nouveau personnage marquant.

Tous les intérieurs ont un rendu de haute qualité.

La technique

Autant le dire tout de suite : tout y est magnifique ! Ubisoft avait promis un gros travail sur les intérieurs comme sur les extérieurs, et la promesse est tenue grâce au nouveau moteur de jeu intégré. Côté extérieur, la ville de Paris ne s’est jamais retrouvée aussi bien modélisée. Les grands monuments de la capitale y sont représentés à l’échelle ou presque pour la plus grande satisfaction manette à la main, avec leurs bas-reliefs, les gargouilles ou tous autres éléments qui les caractérisent. Les balades sur les toits permettent d’apprécier aussi l’immensité de la ville et la vie qui l’anime. Le brouillard est de plus en plus lointain à l’horizon pour une sensation de liberté augmentée. Côté intérieur, c’est encore mieux ! Chaque objet a son propre relief, qu’il s’agisse des ornements, meubles décoratifs, peintures ou des livres dans une bibliothèque. De même, dans les maisons plus pauvres, la modélisation est poussée jusqu'au parquet abîmé, aux sacs qui traînent ou aux murs fissurés. Une véritable prouesse technique qui ne se limite pas aux décors. Les bombes fumigènes ont vu notamment leurs effets visuels améliorés. Il n'est plus question ici de voir un mur de fumée imperméable se former mais bel et bien un nuage qui se dissipe rapidement et progressivement. Une vrai réussite !

Les balades sur les toits sont toujours aussi utiles pour rester discret.

Le principe

Comme ses prédécesseurs, Assassin's Creed Unity est un jeu d'action aventure mélangeant SF dans le présent et Histoire pour le passé. En terme de déplacement, Ubisoft a revu sa copie pour limiter les problèmes de collision ainsi que de chutes dans le vide. Comme d’habitude, la gâchette de droite vous permet de courir. Au sol, il faudra cependant joindre la touche d’action A pour grimper aux murs ou sur les étals, ou B pour pouvoir glisser en dessous. Mais c’est sur les toits que cette modification prend de l’importance car en maintenant RT et B, vous pouvez désormais descendre en toute sécurité, ce qui limite grandement les chutes et participe à la fluidité des courses. Le système de course libre réalise ainsi un vrai bond en avant.

Des améliorations ont aussi été apportées au niveau des combats. Si le panel d’armes disponibles est plus important, en incluant les armes longues comme catégorie distincte, les combats sont plus difficiles, surtout parce que l’IA n’attend pas bêtement que vous ayez achevé un ennemi pour vous attaquer. Les bombes fumigènes revêtent alors plus d’importance que jamais et la fuite est une issue à prendre en compte avant chaque confrontation. Cependant, les combats ne proposent que peu de variété, se limitant souvent à un jeu d’attaque de trois passes d’armes successives avant de se préparer à contrer et une fuite devant un groupe d’ennemis trop nombreux. Heureusement, le titre offre du renouvellement dans d’autres domaines.

Après la gestion de votre petite ville d'Italie et celle d'une île pour pirates dans les Caraïbes, c'est ici une maison qu'il vous faut gérer ainsi qu'un ensemble de cafés-théâtres que vous trouverez un peu partout dans la capitale. En plus de vous rapporter de l'argent en fonction des rénovations et des missions accomplies, vous pouvez vous entraîner dans votre maison pour améliorer votre technique, vous y changer ou tout simplement consulter vos statistiques. Vous ne retrouvez pas complètement le travail de réhabilitation d'Assassin's Creed 2 ou le plaisir de fonder votre village, mais ce système est économiquement intéressant et comblera assez vite vos poches si vous y passez un peu de temps.

La vision d'aigle est dorénavant limitée en temps et en utilisation.

Les nouveautés

Au rayon des nouveautés, celle qui aura le plus d’importance sur votre façon de jouer est le mode Infiltration. Sur la simple pression d’une gâchette, Arno se baisse, fait moins de bruit et peut se mettre à couvert. Très largement inspiré du système de Splinter Cell : Blacklist, notamment avec votre dernière position signalée par votre fantôme, ce mode ajoute une crédibilité à certains assassinats et aux passages de discrétions.

Ubisoft a aussi pensé aux spécialistes du crime avec l’ajout de quêtes annexes qui visent à élucider des meurtres pour aider au rétablissement de l’ordre public. Après une rapide présentation, un jeu d’enquête commence. Se rendre sur les lieux du crime, inspecter le corps et les indices, parler aux témoins et analyser l’ensemble des éléments pour trouver le coupable à grands coups de vision d'aigle. Et si vous accusez la mauvaise personne ? L’argent gagné sera moins important. Ces quêtes sont divertissantes pour la plupart.

Enfin, et pour ne pas vous gâcher tous les plaisirs, Assassin's Creed Unity dispose aussi d’une armure unique, à débloquer sous certaines conditions. Dans Paris, vous devrez résoudre les énigmes de Nostradamus en personne pour acquérir le précieux bien. À partir d’un poème, vous allez devoir trouver le lieu qui s’y rapproche puis en suivant les indices, trouver un point particulier sur le monument à découvrir là aussi avec la vision d'aigle. En plus de vous faire visiter la capitale, vos méninges devront travailler pour arriver au bout de toutes ces énigmes.

Même pendant les missions coop, le peuple est présent en quantité.

Le multi

Élément surprenant sur ce nouvel Assassin's Creed Unity : vous pouvez dire adieu au bon vieux multijoueur compétitif créé il y a fort longtemps. Il est remplacé par un tout nouveau mode coopératif qui vous propose de faire des missions en jeu pour le compte des Assassins. De 2 à 4 joueurs pour un objectif commun dont la difficulté et la durée sont assez variables, le sujet est maîtrisé par l’équipe d’Ubisoft. Lors des missions, vous repérez facilement vos alliés grâce aux symboles au-dessus de leurs têtes. Dans la pratique, c’est un multijoueur qui demande à tous les participants d’aller dans le même sens au même moment pour être efficaces. Chaque allié peut être réanimé sous un délai d'une minute, cependant être distancé par ses partenaires ou partir seul est une source de problèmes pouvant mener rapidement à la désynchronisation. L’atout de ce coop est que chaque joueur peut avoir débloqué des capacités différentes avant le début de la mission, telles que le crochetage ou les bombes incapacitantes, pour définir un rôle à chacun. Une bonne surprise qui ne fera pas oublier complètement le mode compétitif mais qui saura enflammer les passions.

Pour qui ?

Cet épisode a la particularité de ne pas trop s’attarder sur les événements du présent, ce qui avait été largement critiqué sur les premiers épisodes. Les néophytes de la série peuvent s’y plonger sans trop de difficulté. Les amateurs d’action y trouveront leur compte et les combats dont la difficulté a été revue à la hausse plairont à tous. Par contre, ceux qui aimaient boire du rhum et chanter des chansons paillardes accoudés à la barre d’un trois-mâts, feraient mieux de s'abstenir. Assassin's Creed Unity est un bon jeu d'action qui saura plaire à tout le monde.

L'apparence d'Arno est personnalisable grâce aux pièces d'équipement achetées ou gagnées.

L'anecdote

Au début du jeu, alors que je me baladais sur la propriété du père d’Elise, je suis tombé sur un coffre fermé. Pour l’ouvrir, vous devez obligatoirement passer par l’application Companion qui vous propose un mini-jeu de gestion d’assassins et de missions dans Paris, comme il avait existé sur Facebook pour Assassin's Creed : Brotherhood. En y regardant d'un peu plus près durant le jeu, il y a en réalité beaucoup de coffres concernés qui peuvent contenir des pièces d’équipement ou des tenues complètes d'Assassins devenus légendaires. Pour avoir tous les secrets du jeu, il vous faut donc passer par cette application ainsi que par Initiates sur votre console. Ça commence à faire beaucoup pour un seul jeu !
Les Plus
  • Les graphismes d'intérieurs sont simplement sublimes
  • La foule dense et vivante
  • La modélisation des monuments et des bâtiments
  • La taille impressionnante de la carte
  • Le mode Coopération intéressant
  • Le mode Infiltration, même s'il sent la copie
  • Les séquences d'enquêtes et les missions annexes en général
  • Le choix des compétences qui influe sur votre manière de jouer
Les Moins
  • Le mode Poursuite qui accroche toujours des éléments non voulus
  • Arno, un personnage un peu fade
  • La nécessité d'utiliser l'application Companion pour déverrouiller tous les coffres