Forza Motorsport 5

19 déc. 2013
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Turn 10
  • Sortie initiale 22 novembre 2013
  • Genre Course

La honte de l'audace

Forza Motorsport 5 est évidemment dans la lignée de la série. C'est d'ailleurs son principal souci. Pris à parti par des fans ne faisant aucune concession, les développeurs de Turn 10 se sont sentis obligés de mettre leur audace de côté. Du coup, au revoir le luxe et l'attachement aux véhicule, et bonjour la mise-à-jour maladroite. Suite à celle-ci, les défauts pourtant camouflés par une progression jusqu'ici faite de rigueur referont surface. Un gameplay plus ou moins identique à d'habitude et une technique à la hauteur vont se voir être confrontés à une progression classique (pour ne pas dire bancale). C'est dommage, car Forza Motorsport 5 avait au départ commencé à révolutionner le jeu de Grand Tourisme.

A la fois porte-étendard du lancement Xbox One et épisode de transition entre deux générations, Forza Motorsport 5 a pour objectif de faire vendre la plateforme de Microsoft par trouzaines. Cependant, avec le recul nécessaire, le titre est désormais plus synonyme de rétropédalage malheureux que de coup de génie. Car oui, ce jeu avait pourtant tout pour convaincre.

Le principe

Épisode de transition, Forza Motorsport 5 a dû faire avec les moyens du bord... et un contenu forcément revu à la baisse. Avec 16 circuits (déclinés en plusieurs tracés) et 200 véhicules, le bilan comptable de ce cinquième volet fait pâle figure en comparaison de ses aînés. Pourtant, l'équipe de Turn 10 a eu une idée brillante : rendre ce contenu plus luxueux qu'à l'accoutumée. Bien que le nombre de véhicules à disposition soit relativement faible, le prix de chaque bolide a été revu à la hausse, au point qu'il devient inconcevable d'espérer avoir plus de 30 voitures dans son garage. Le mode carrière étant segmenté en catégories, vous avez tout intérêt à acheter vos voitures une par une, en vue des différentes compétition. Quand on sait que la Lotus F1 coûte 6 millions de CR et que chaque course en rapporte environ 9 000, inutile de dire que vous y réfléchissez à deux fois avant de dépenser vos deniers. De même, les affinités avec les constructeurs ainsi que les bonus liés à la difficulté gagnent de nouveau en intérêt.

Plus généralement, le titre profite de son manque de contenu pour s'affranchir de l'héritage de Gran turismo. Depuis la sortie du premier Gran Turismo sur PlayStation, les jeux se positionnant sur ce segment du marché n'ont cessé de courir après le contenu. Forza Motorsport 5 prend le parti pris opposé, celui de proposer moins de contenu, mais de faire en sorte que l'on s'attache plus à chacun de nos bolides. Ainsi, vous n'êtes jamais aussi content que lorsque vous achetez une voiture vous ayant coûté deux semaines d'économies virtuelles. C'est beaucoup, certes, mais toujours moins que si vous vouliez vous acheter cette même voiture dans la réalité. Forza Motorsport 5 réintègre, en quelque sorte, l'idée de luxe au sein des jeux de Grand Tourisme. D'ailleurs, la bande son va dans ce sens (bien aidée par la segmentation de la licence, le survolté Forza Horizon est sorti l'an dernier) : les musiques ne sont constituées que de pistes instrumentales voire classiques, donnant à chaque course une dimension lyrique dans laquelle se confondent parfois moteurs et violons.

Mais voilà, il suffit qu'un jeu soit incompris pour que, en 2013, il subisse les foudres des mises-à-jour. Après qu'une majorité de joueurs aient pesté contre le système économique du jeu, Turn 10 semble faire marche arrière et proposera une progression plus souple dans les jours à venir. Visiblement, le joueur de 2013 est bête. Forza Motorsport 5 proposait en effet des micros transactions réelles si absurdes (une voiture pouvait coûter plusieurs dizaines d'euros) qu'elles auraient dû amener les joueurs à réfléchir sur le différents partis pris du titre. Hélas, ce n'est pas le cas et Turn 10 a décidé de se plier à l'industrie, quitte à saborder ses propres idées. De ce fait, un tel retournement de situation est déplorable et devrait faire ressortir les problèmes liés au manque de contenu. Désormais, un joueur pourra rapidement acquérir les 200 bolides du jeu, chose auparavant impossible. Où quand la quantité prime sur les idées.

Les courses incluent des Drivatars, des IA calquant leurs comportements sur ceux des joueurs. Sympa.

Le multi

Pour ce passage sur une nouvelle génération, Forza Motorsport 5 a également simplifié son aspect communautaire. En dehors de quelques modes anecdotiques inscrits aux abonnés absents (mais dont certains feront leur retour dans la future mise-à-jour), la gestion des peintures et calques a été modifié : désormais, ces derniers peuvent être sélectionnés dès l'achat d'un véhicule. De façon plus pragmatique, les courses conservent les avantages et défauts des jeux du genre, qui dépendent avant tout des joueurs sur lesquels vous tombez. Alors que certaines parties se déroulent sans accros, d'autres ressemblent plus à des batailles d'auto-tamponneuses. A noter que le système économique présent à la sortie du titre avait un drôle d'atout : les voitures présentes sur la ligne de départ était plutôt éclectiques. Pas sûr que cela soit toujours le cas la semaine prochaine.

La gestion de la lumière est bluffante et influe pleinement sur le gameplay. Assez incroyable.

Pour qui ?

Sans surprise, Forza Motorsport 5 s'adresse à quiconque désire acquérir un jeu de course. Souvent joli et quasi photoréaliste par moments (le circuit de Silverstone), le jeu est un achat vivement conseillé pour ceux qui veulent voir ce que la Xbox One a sous le capot. Tournant en 60 images par seconde et dans une résolution de 1080p, Forza Motorsport 5 n'a pas vraiment de concurrent à l'heure actuelle et relègue Need for Speed Rivals derrière lui. C'est d'autant plus vrai que le titre dispose comme toujours d'une difficulté modulable, allant de l'arcade à la simulation plus ou moins poussée.

Les prix des voitures et des DLC auraient dû aiguiller les joueurs quant aux intentions du titre.

L'anecdote

Plus qu'une anecdote, c'est bel et bien d'un coup de gueule dont il s'agit. un coup de gueule visant Turn 10 qui, plutôt que d'expliquer les choix effectués pour ce Forza Motorsport 5, a préféré rétro pédaler. Une décision hallucinante quand on sait que le jeu vidéo s'érige souvent comme art et non comme un banal divertissement. Sacrifier ses idées sur l'autel des ventes, voilà un choix dommageable et que l'on ne trouverait pas forcément dans d'autres secteurs artistiques. Entre l'incompréhension des joueurs, des journalistes spécialisés incapables d'éclairer le public et des développeurs baissant leur froc face à des critiques pourtant discutables... Le jeu vidéo nous montre qu'il est encore loin d'arrivé à maturité sur le plan culturel. Au fond, est-ce que la polémique entourant le système de progression de Forza Motorsport 5 aurait eu une vraie influence sur les ventes du prochain épisode ? Pas sûr, surtout si ce dernier gagne en contenu, devient véritablement bluffant techniquement et se met à proposer ce que les fans réclament depuis une éternité (gestion de la météo et de la nuit, courses d'endurance dignes de ce nom, etc.).
Les Plus
  • C'est beau
  • Quelques ajustements dans un gameplay toujours aussi efficace
  • Terriblement audacieux (jusqu'à la mise à jour)
  • Une ambiance toujours aussi classieuse
  • La simplification de certains aspects communautaires
  • Un multi toujours aussi sympathique
Les Moins
  • La simplification de certains aspects communautaires
  • La Xbox One en a bien plus sous le capot
  • Satanée mise-à-jour
  • Toujours les mêmes soucis (absence de conditions climatiques, etc.)