Top Spin 4 réussi son passing shot

28 mars 2011
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Avec Top Spin 4, 2K Czech réussi un véritable tour de force : parvenir à rendre Top Spin plus accessible sans pour autant lui faire perdre de son réalisme. En effet, les jauges de fatigue et de puissance ainsi que les indicateurs de timing et de rebond révolutionnent notre appréhension de la franchise. Si les bases du gameplay sont relativement identiques, et ce malgré un rythme accru, notre façon d'appréhender le jeu et d'établir une stratégie s'en retrouve changée. Sans compter que le titre bénéficie d'un casting franchement sympathique car incluant pas mal de légendes du tennis. Quand on sait que la concurrence en matière de simulation est inexistante, on ne peut s'empêcher de penser que 2K Czech a bien fait d'aller chercher de nouveaux joueurs en rendant le jeu moins austère. Le meilleur jeu de tennis à ce jour. Tout simplement.

Avant tout connue pour son penchant pour la simulation, la saga Top Spin a toujours eu de quoi effrayer les novices. Avec Top Spin 4, les petits gars de 2K Czech (anciennement PAM Development) sont bien décidés à révolutionner la série en la rendant plus accessible. Un pari périlleux mais qui risque bien d'assommer la concurrence. Explications.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser cette image, Top Spin 4 reste orienté vers la simulation.

Quand accessibilité et simulation font bon ménage

Comme dit dans l'introduction, ce qui frappe en premier dans Top Spin 4, c'est l'effort fourni pour rendre le jeu attractif. Ainsi, les menus foncés laissent place à une interface bleu ciel toujours sobre mais moins dépressive. Un détail pouvant paraître anecdotique mais qui ne l'est pas vraiment, l'interface étant bien moins rebutante qu'auparavant. Un côté accessible que nous retrouvons dans l'appréhension du gameplay. Si la jouabilité repose sur les mêmes bases qu'autrefois, c'est à dire sur une gestion précise du timing en fonction de la panoplie de coups propres au tennis (plats, amortis, coupés, lobés, etc.), le rythme de jeu est plus soutenu et des indicateurs sont désormais présents à l'écran. Pouvant être désactivés, ces derniers permettent de mieux nous repérer : jauge de fatigue ou d'endurance, indicateur de rebond, précision du timing... autant d'informations précieuses qui dissipent la sensation de hasard qui émanait des épisodes précédents. Car ces indications apportent surtout du confort et n'entachent en rien l'expérience de jeu, Top Spin restant la référence en matière de réalisme, en témoigne l'importance du timing et la disparition des "coups risqués" pourtant propres à la franchise. Bien sûr, une fois habitués à ces changements, il sera temps de vous familiariser avec le reste du contenu que propose le jeu.

Pete Sampras, l'une des nombreuses légendes présentes dans Top Spin 4.

Un jeu de légendes

Là encore, les développeurs de 2K Czech ont fait très fort. Réunissant pas moins de 28 joueurs et joueuses, Top Spin 4 peut se targuer d'avoir un casting plutôt excellent. Si la présence de joueurs tels que Gilles Simon, Bernard Tomic ou Eugénie Bouchard est discutable, force est de constater que bon nombre des grands noms du tennis sont de la partie : Roger Federer, Rafael Nadal, Novac Djokovic, Andy Murray, Nikolay Davydenko, Caroline Wozniacki, Ana Ivanovic, Jelena Jankovic, Dinara Safina, etc. Mais la bonne surprise vient plutôt des légendes comme Boris Becker, Björn Borg, Ivan Lendl, Pete Sampras, Andre Agassi ou encore Michael Chang. Au nombre de huit, ces tennismen constituent une catégorie de joueurs à part entière. Vous comprenez donc qu'en ce qui concerne les sportifs, Top Spin 4 s'en sort admirablement bien. Hélas, il n'en est pas tout à fait de même pour les terrains puisque seul sept d'entre eux sont sous licence. Un défaut qu'il fallait souligné même si celui-ci reste mineur, la quarantaine de courts que compte le jeu ayant bénéficié d'un certain soin.

Lorsque vous remplissez ses objectifs, votre coach vous apporte des attributs qui restent effectifs tant que vous restez avec lui.

De Paris à Melbourne, en passant par les boites de Miami

Le gros morceau du solo reste le mode Carrière vous permettant de mener un joueur préalablement créé au panthéon du tennis mondial. Ici, la grosse nouveauté concerne la gestion des entraîneurs : au fil de votre progression, différents coachs vous contactent pour vous entraîner dans des domaines spécifiques. Ces entraînements s'effectuent accomplissant des objectifs durant les matchs. Une fois ceux-ci remplis, des bonus et capacités viennent se greffer petit à petit à vos caractéristiques. Au final, on pourrait presque dire que choisir un entraîneur revient à choisir un pack de compétence, un peu à l'instar des atouts et perks dans Call of Duty. A noter que chaque entraîneur dispose d'apports spécifiques et que ceux-ci sont de plus en plus intéressants au fur et à mesure de vos exploits. Pour le reste, vous retrouvez la progression somme toute assez classique de l'épisode précédent : en remportant des matchs, vous gagnez des points d'expérience à répartir dans trois styles de jeu : service-volée, attaque de fond de court et défense de fond de court. Limités à 20, ces points sont évidemment à répartir à bon escient. A noter qu'il est possible de gagner de l'expérience dans différents mode de jeux et même lors d'événements spéciaux (œuvres de bienfaisance, défilés de mode, sorties en boîte façon Richard Gasquet, etc.), se résumant à des cases à sélectionner dans la saison. Malgré une progression agréable et un quasi sans-faute, le mode Carrière n'est pas exempt de défauts. En premier lieu, il y a cette gestion maladroite de la difficulté. C'est bien simple : choisir le mode normal revient à signer un contrat pour l'ennui. Un défaut relatif puisqu'il n'appartient qu'à vous de choisir le niveau de difficulté au début de votre carrière, mais bel et bien présent puisqu'aucune note n'est là pour nous prévenir de la grande facilité de ce mode. Les rares autres bémols concernent plutôt la structure des parties. Ainsi, avant d'atteindre les Masters et Grands Chelems, chaque match se joue sous la forme de super tie-breaks en 10 points. Pas génial pour l'immersion, surtout quand on regarde les efforts fournis sur le reste. Dernier points là encore relatif : l'obligation d'attendre la fin des matchs pour avoir accès aux statistiques des objectifs. Il aurait était judicieux de nous permettre de consulter ces derniers pendant la partie afin de savoir exactement où nous en sommes.

Le mode Circuit Mondial est logiquement de la partie.

Un vrai challenge

Une fois le mode Carrière terminé, soit après une petite quinzaine d'heures de jeu, vous aurez peut-être envie d'explorer le reste du contenu, comme le mode Roi du Court composés de défis ou les différents modes multijoueurs. Jouable à quatre aussi bien en local qu'en ligne, Top Spin 4 dispose logiquement du matchmaking commun aux jeux en ligne ainsi que d'un nouveau mode intitulé 2K Open, synonyme de parties classées avec la possibilité de choisir des joueurs pros. De toute évidence et comme ce fut le cas pour Top Spin 3, la force du mode en ligne réside dans son Circuit Mondial vous permettant d'effectuer des saisons contre de vrais joueurs dans le but de devenir le number one. Faisant office de mode classé pour vos avatars, le Circuit Mondial (et plus généralement les parties multijoueurs) vous prodigueront leur lot de points épiques. Plus que jamais, Top Spin 4 retranscrit le côté grisant du tennis. Ainsi, c'est dans le multijoueur que vous vous rendez compte de la profondeur intacte du gameplay. Ici aussi, les indications présentes à l'écran vous permettent d'avoir toutes les cartes en mains pour établir votre stratégie. On pense notamment à la jauge de fatigue, assez primordiale puisque vous pouvez voir celle de l'adversaire. Si tout cela ne se vérifie que très peu dans le mode Carrière compte tenu de sa très grande facilité, il n'en est pas de même face à des joueurs vous demandant de vous battre sur chaque point. Top Spin 4, ou comment retranscrire à merveille le mental parfois nécessaire aux vrais sportifs. Une immersion qui trouve une continuité dans la réalisation et l'ambiance du titre.

Si la modélisation des joueurs est excellente, les animations sont quant à elles époustouflantes.

Aussi joliment animé qu'Ana Ivanovic

Graphiquement, le jeu s'en sort très bien sans totalement briller. Si la modélisation des joueurs force le respect, ces derniers étant criant de vérité, les terrains manquent tout de même de détails et de vie. On s'étonne par exemple de ne pas voir l'arbitre bouger sa tête ou les ramasseurs de balles bouger tout court. Il en va de même pour le public qui bien que mieux modélisé demeure en retrait. En revanche, là où le jeu impressionne, c'est pour ce qui est des animations. Celles-ci sont tout bonnement saisissantes de réalisme. On parle des animation lors des points mais également des réactions des joueurs vraiment naturelles. Très représentatif de l'effort fourni, le clivage entre les matchs sur terre battue et ceux sur dur encore plus prononcé qu'avant. D'ailleurs, les animations sur terre battue ont grandement gagné en réalisme. Au niveau de l'ambiance, on n'est pas dans le tennis pour rien et celle-ci est toujours aussi sobre. Pour accentuer le réalisme, les matchs sont par défaut dépourvus de musiques. Tennis oblige, le public ne fait pas non plus dans l'euphorie. Néanmoins, il arrive parfois que les spectateurs s'excitent lors les points réellement spectaculaires. Un point qui accentue le réalisme et fait office de récompense pour nous autres joueurs. Au final, si le jeu ne pas dans le grand spectacle, ce qui paraît logique, l'ambiance atypique de ce sport reste diablement bien retranscrite.
Les Plus
  • Le HUD et ses indications qui révolutionnent l'appréhension du jeu
  • Plus accessible sans pour autant mettre la simulation de côté, loin de là
  • La disparition des coups risqués
  • La gestion des entraîneurs
  • Du contenu en veux-tu en voilà
  • De nombreux joueurs et joueuses
  • Des joueurs de légendes bien plus nombreux qu'auparavant
  • Plutôt beau
  • Des animations à couper le souffle
  • L'ambiance lors des points serrés
  • Unn éditeur de joueurs toujours aussi complet
  • De même pour ce qui est du jeu en ligne toujours
Les Moins
  • Ça manque parfois de licences (seul sept terrains officiels)
  • La carrière en mode normal, bien trop facile
  • Trop de super tie-breaks dans la carrière
  • On aurait aimé connaître l'avancement des objectifs en "live"
  • L'Académie Top Spin (le didacticiel) toujours aussi inintéressant
  • On aurait aimé pouvoir sauvegarder certains points/ralentis