Bulletstorm ou "le frag, rien que le frag"

25 mars 2011
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3

Promis comme trublion du genre, Bulletstorm n'arrive cependant pas à troubler la quiétude des ténors autrement appelés "grosses ventes", et ce malgré une bonne réalisation ainsi qu'un gameplay instinctif et nerveux. Hélas, sa folie destructrice n'arrive qu'en fin de jeu, quelques heures de plus auraient été de bonne augure, tout du moins cela aurait espacé les cinématiques qui, bien que jolies, cassent également le rythme de la progression. Les amateurs de violence gratuite peuvent néanmoins se contenter du contenu disponible mais les voila prévenus : ils devront patienter un peu avant d'entrer dans le vif du sujet qui prendra, espérons-le, une autre tournure dans une probable suite.

Les créateurs de Painkiller récidivent en ne cachant pas leur amour pour le frag pur et dur qui logiquement devient la quintessence de Bulletstorm. Se moquant ouvertement au sein du jeu ainsi que dans leur campagne marketing des FPS se prenant trop au sérieux, ils nous emmènent à contre-courant de ce qui se fait actuellement dans le genre. C'est une voie intéressante qu'ils empruntent et cela fonctionne même si, au final, il flotte comme une impression de "trop peu".

Voici qui rappelle étrangement d'anciennes boites de jeux.

Tau-Ceti

Certes, Bulletstorm donne dans l'action brute, mais il n'en est pas moins doté d'un scénario prétexte à de jolies mais hélas un peu trop nombreuses cinématiques. Le début de l'aventure prend la forme d'une de ces longues scènes entrecoupées de QTE mettant en place votre personnage, Grayson Hunt, ainsi que votre groupe de mercenaires à la solde de la confédération. Une mission cependant vous met face à une sale réalité qui est celle d'avoir été trompé par votre commanditaire, le Général Sarrano. Pensant avoir été un soldat modèle, vous n'êtes qu'en fait un assassin et la rébellion de votre groupe font de vous les humains - ou presque-humains - les plus recherchés de la galaxie. Au final, lors d'une confrontation avec Sarrano vous lancez une attaque suicide qui ne pouvait qu'échouer vu votre état d'alcoolisation avancé, le tout résultant en votre crash à la surface d'une planète hostile. C'est maintenant que la franche rigolade commence car les autochtones sont pour le moins abruptes.

Faites un cours à vos ennemis sur les dangers de l'électricité.

Alors, on attend pas Hunt ?

L'action démarre pour ne plus s'arrêter. Mais ce n'est pas une action ininterrompue à la Painkiller qui est ici le sujet. Prévoyez pour une demi-douzaine d'heures de suivre des couloirs. Ce n'est pas gênant vu que vous en êtes averti, n'est-ce pas ? Cependant, les extérieurs méritent le coup d’œil et le champ de vision est inversement proportionnel à votre champ de liberté, ceci rappelle étrangement MDK. Gardez aussi à l'esprit que vous devez frayer votre chemin de la plus belle manière qui soit, donc la plus violente. Vous disposez d'armes lourdes mais aussi d'un coup de pied qui projette vos ennemis en les ralentissant d'une façon Bullet-time. Cela vous permet d'enchaîner les combos en visant plusieurs parties de ces corps bientôt démembrés mais aussi de remplir la liste ahurissante de combos à accomplir. Projection contre un cactus, contre une plaque électrique, tirs précis mais aussi et surtout l'enchaînement de tous ces points qui permettent de mutiler artistiquement. De plus, vous obtenez rapidement un fouet qui fonctionne à l'inverse du coup de pied, donc vous pouvez projeter, ramener et re-projetter jusqu'à ce que vous trouviez comment achever ces barbares de la plus gore manière possible. L'intérêt réel de ce jouet est bien d’amener à vous un maximum de viande sans avoir à vous déplacer. Délectable.

Cette mitrailleuse vous impressionne ? Attendez de voir la suite.

Une nette avancée

Vous vous trouvez surpuissant ? Vous avez raison car à part certains boss et mini-boss mis en scènes dans des cinématiques dont vous êtes le héros, il est vrai que vous êtes rarement inquiété par votre barre de vie. Alors les développeurs ont eu pour bonne idée de vous faire payer les munitions et les Medkits. Une motivation supplémentaire vient de l'arsenal proprement déjanté : lance-foreuses, ceintures de dynamites prêtes à équiper vos ennemis ou balles chercheuses, c'est tout un programme sachant qu'en plus chaque arme possède un tir "chargé" dévastateur. Les possibilités de massacre sont énormes, ce qui fait un peu regretter l'absence d'ennemis et c'est ce qui faisait toute la force d'un Serious Sam par exemple dont nous reprenons le mythique canon. L'idéal aurait été de parcourir de nouveau l'aventure à deux, mais il n'y a pas de mode coopératif à l'horizon. Le multi-joueur, qui consiste à repousser des hordes d'ennemis en gonflant les scores à l'aide de combos à plusieurs, se trouve être répétitif et doté d'arènes de tailles non proportionnées. Un mode alternatif vous incite à parcourir de nouveau le mode solo, tout en respectant le chronomètre et en battant les scores. Le contenu est certes un peu maigre mais attention : Bulletstorm n'est pas un mauvais jeu ! Ses vidéos promotionnelles et le passé de ses développeurs nous ont peut être fait rêver un peut trop, c'est tout. En tous cas, il y a du potentiel pour une suite ...
Les Plus
  • Graphiquement attrayant
  • Parlé franc et ordurier
  • Gameplay idéal
  • Gros défouloir
Les Moins
  • Manque de rythme
  • Un gros potentiel pour le moment pas exploité
  • Multi-joueur inconsistant