Shadow Vault est irradiant

24 juil. 2006
Testé par sur
Disponible sur
1
  • Développeur Mayhem Studios
  • Sortie initiale Mars 2006
  • Genre Role Playing Strategy

Ces combats qui enchantent aux premiers instants eux aussi souffrent de la même tare. Ainsi vos adversaires se content d'attaquer stupidement votre homme le plus proche. Il n'y a aucune cohésion entre eux. Voir aucune stratégie, et dans un jeu de stratégie ça fait tâche. Au final, vous vous aperçevez avec dépit que d'une base pas mauvaise du tout, vous assistez à une descente progressive de la qualité. Ce sont tous les mauvais détails mis bout à bout qui ternissent la qualité de ce titre au fond plus que correct. Si, et seulement si, vous passez outre ces défauts, vous vivrez néanmoins une aventure d'une durée respectable qui ne sera pas sans rappeler Fallout. Mais ce sera au prix d'un sacrifice sur l'intérêt de jouer, d'énervements incessants au sujet de l'IA ou encore en acceptant avec soumission l'idée de jouer les tours pour se déplacer. Il faut en vouloir ou être complètement fan du genre pour subir la vingtaine de chapitres, assez longs, qui découpent Shadow Vault. Notez au passage que le forum officiel est rempli de clients mécontents qui ne peuvent lancer le jeu qu'en 320 x 240 parce qu'ils sont équipés de Geforce 6xxx et vous comprendrez à quel point vous devez acheter ce titre.

Certains jeux vidéo sont effectivement comme des boîtes de chocolat. Vous ne savez pas à quoi vous attendre en mettant le CD dans le lecteur. Pour le cas de Shadow Vault, c'est légèrement différent. L'absence de notice et la jaquette dépouillée ont tendance à faire peur. Les captures d'écran au dos du packaging présentent une bouillie graphique sans nom. Et pourtant, le titre promet de reprendre le meilleur d'UFO et de Fallout, rien que ça. Voila qui mérite le détour.

Au niveau des graphismes, le ton est donné d'emblée : ce n'était pas la priorité des développeurs.

Apocalypse now !

L'histoire est simple et judicieuse. Elle tient sur 3 lignes, mais permet une multitude de rebondissements et surtout, elle tient debout. Voyez vous-même. Au cours du XXème siècle, une bombe jugée comme nucléaire s'écrase sur terre. La nation touchée riposte aussitôt vers ses ennemis potentiels. Eux aussi font de même et, en quelques jours, la planète se voit allégée de 4 milliards d'êtres humains. Un bien bon score qui s'amplifie rapidement grâce aux dégâts causés par les radiations, et l'arrivée de visiteurs de l'espace venus asservir les survivants. Et puiser au passage les ressources naturelles qui leur manquent. Quel surprise d'apprendre que ces belliqueux visiteurs viennent en fait du futur. Mais alors que faire des géniales théories de Doc dans Retour vers le futur ? Robert Zemeckis se serait trompé en criant haut et fort que toute action sur le présent modifie immanquablement le futur ? Dans ce cas, ces visiteurs retrouveraient à leur retour un monde dévasté, n'est-ce pas ? Tout cela peut se discuter, même le fait que dans le futur, on ne regarde pas les filmes de Michael J Fox. Non, ça c'est impossible. Voici la preuve que le scénario est bancal.

Oui, ça n'a pas l'air mais le joueur vit un moment intense en cet instant précis. Allez, avec un peu d'imagination.

Ferme les yeux et regarde un peu

Toutes ces discussions ésothériques n'effacent pas le fait que vous vous retrouvez dans un désert nucléaire. Les graphismes rendent à la perfection cet ambiance de mort qui y règne. Le sol est jonché de déchets, les bâtiments sont délabrés à souhait et abritent toutes sortes d'être pour la plupart vivants. Qu'ils soient mutants ou non. La première parenthèse à ouvrir est sur cette palette graphique. Elle rappelle indéniablement Fallout. Bien que retranscrivant à l'écran parfaitement ce qui pourrait être un holocauste de cet ampleur, on se lasse bien vite de ces décors sans ambiance. En effet, les lieux se succèdent et se ressemblent. Bref. Vous incarnez un Général de l'armée de résistance. A vous alors de rassembler un maximum de soldats et de parcourir ces terres dévastées combattre l'envahisseur. Et de l'envahisseur, il y en a de toutes sortes. Des clones écervelés, au sens propre, des gros, des petits, vous avez du pain sur la planche. Alors au travail.

Faites évoluer vos personnages, il n'y en a que pour 10 ans.

Un gameplay qui donne une bonne première impression...

Le système de jeu mérite un rappel. Vous disposez d'un certain nombre de PA, ou points d'action. Ceux-ci vous sont donnés en fonction de votre niveau. Chaque déplacement ou action débite le total de vos points. Pour une explication plus détaillée, reportez vous au test de l'excellent Hammer & Sickle qui se pame d'obtenir la note de 1. A la différence de ce dernier, Shadow Vault rend les combats accessibles et virils. Pas besoin de longs discours, le bref tutorial vous apprend rapidement à occire. Un bon point donc. Mais tout l'intérêt de la chose se situe dans sa dimension tactique. Et là le néophyte peut se régaler en un rien de temps. Vous calculez, souvent mal au début, le nombre de points nécessaires aux déplacements. Approchez vous assez pour faire mouche, et faire mal, mais restez à bonne distance pour ne pas être au corps à corps lors du tour suivant. En un mot comme en cent, vous vous amusez. Vous serez surpris, pris à revers et vers le lointain vous vous enfuirez. Si vos attaques ne prennent pas en compte l'éventualité de voir surgir du fog of war d'autres abominations, vous n'irez pas loin. Tout cela est vraiment bon. Sauf que...

Une partie de chasse.

... et une affreuse seconde impression

Sauf que ce système de points, même génial pour les combats qui se veulent ici sans chichis, ne doit et ne peut pas s'appliquer aux déplacements. Effectivement, même les développeurs du génialissime Hammer & Sickle l'ont compris. De cette impression de puissance, où vous vous prenez pour le général d'une cause désespérée, vous tombez subitement dans les méandres des tours imposés. Que ce soit pour vous ravitailler, aller espionner ou simplement vous rendre à l'autre bout de la carte, vous jouerez avec les tours. Et comme vous devez en avoir quelques uns en réserve pour acheter du matériel, il arrive souvent de passer deux tours avant d'arriver à votre QG. Quel gâchis ! Le plus énervant reste à venir : l'IA. Vous ne mettrez pas 5 minutes à comprendre que c'est le point faible du jeu. Dans la première mission, vous devez ramener pour interrogatoire un ennemi. C'est une mission secondaire, soit, mais il serait pratique que cet hurluberlu daigne vous suivre lorsque vous lui demandez. Inutile de s'énerver : rien n'y fait. Et ça continue, au fil des niveaux, vous assimilez les faiblesses de l'intelligence artificielle, et ce point est trop important pour le laisser passer.
Les Plus
  • La prise en main rapide permet de s'essayer aux combats immédiatement
  • L'histoire est riche, et les PNJ nombreux
  • Les musiques, bien industrielles, collent à l'ambiance
Les Moins
  • Les décors sont fades
  • L'IA est décevante
  • Le système de tours n'aurait jamais dû être appliqué aux déplacements libres