Fire Department 3 à bout de souffre

26 mai 2006
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2

Le gros souci de Fire Department 3 est sa longévité. Ses cartes, bien qu’intéressantes et nerveusement éprouvantes, ne sont qu’au nombre de 13. Trois niveaux de difficulté sont présents pour pimenter les parties, celui de base à été totalement revu à la hausse, ce qui rend le titre difficile. Hélas, ceux-ci n’en ajoutent pas aux scénarios mais rendent plus sévère la notation finale. Le mode multijoueur ravira les fans qui se connaissent. Les autres resteront plantés devant l’écran où il faut entrer l’IP du serveur. Vous l’aurez compris, un navigateur n’aurait pas été du luxe. Cependant, même si ce titre est empreint de nombreux défauts, il prend aux tripes. Une alchimie s’opère dès que vous saissez la souris. Même si après chaque mission vous constatez des problèmes ou pensez aux améliorations qui auraient pu être apportées, vous continuez. Alors pour la note finale, prenez en considération le peu d’unités et de cartes disponibles ainsi qu’un gameplay inchangé. D’un autre côté, prenez l’intensité des actions, l’implication qu’elles procurent et la diversité de ces dernières. En mettant tout cela sur une balance vous obtenez une note égale à la moyenne, surtout si l’on commence à comparer avec le concurrent Emergency 4. Le fan ne fera pas la comparaison, et voudra absolument s’essayer à ce qui aurait été plus judicieux d’appeler un Fire Department 2+ et ses situations catastrophe. En bref, il se jettera sur ce titre pour le dévorer de sa passion, tout feu tout flamme.

La série des Fire Department innova en remplaçant les traditionnels guerriers des jeux de stratégie par des soldats du feu. A vous alors les combats épiques contre cet insaisissable ennemi. Le troisième volet, Fire Department Episode 3 était à l'origine prévu comme un add-on. Bonne nouvelle pour le joueur qui ne devra pas se procurer Fire Department 2 pour le faire fonctionner, mais cela ne trahit il pas un essoufflement de la série ?

Les missions prennent des virages aussi particuliers qu'inattendus.

De mauvais prétextes

Pour rendre l’action intéressante, Fire Department 3 s’est vu doté d’un fil conducteur. Ce n'était pas indispensable mais les développeurs ont insisté. Voila ce qui est sorti de leur imagination. Auparavant vous étiez ami avec un certain Franck. Celui-ci, froid et distant avec ses camarades, n’a pas obtenu de promotion alors que vous, si. De ce fait, il commença à sérieusement disjoncter. Jusqu’au jour où de précipitation il fit une erreur qui coûta la vie à de nombreuses personnes. Le tribunal des pompiers le radia manu militari. Et voila que 5 ans plus tard, vous suivez la trace d’un pyromane dont les actions portent une touche un peu trop professionnelle à votre goût... Même si vous pensez sérieusement que votre ancien acolyte est impliqué dans ces feux à répétition, il va falloir le prouver. Ou plutôt éteindre les brasiers un à un, en limitant les pertes jusqu’à ce que la police trouve assez de preuves pour le piéger. Voila pour l’histoire. C’est simple, il n’y a qu’à suivre le guide, et la lire en chaque fin d'intervention.

Les équipes cynotechniques permettent de retrouver les blessés sous les décombres. Vos sapeurs joueront par la suite de la hache.

Peu d'unités au rapport

Ainsi, les catastrophes semblent suivre votre chemin à travers notre bonne vieille Europe. Vous êtes mis à contribution sur des sites fréquentés (Euro tunnel, centre commercial souterrain), à risque (centrale nucléaire) ou sur de gros édifices (logements au coeur de Paris). A l’instar des premiers volets, vous assignez vos unités à des tâches bien distinctes. Tel groupe de pompiers éteindront et évacueront tel bâtiment, tandis que les véhicules à lance s’occuperont de citernes en feu par exemple. A votre disposition vous aurez comme auparavant les grandes échelles et les camions à lance à incendie de plus ou moins grandes tailles. Quant aux troupes, sapeurs de base, médecins, sapeurs inifugés, unités de désincarcération, équipes cynotechniques et éclaireurs équipés de grappin sont au programme. En effet, c’est court. Notons simplement que les feux de différentes classes (4 au total) nécessiteront d’être attaqués par le personnel compétent. Les pompiers pourront se ravitailler avec l’agent extincteur de leur choix si un camion qui en dispose est à proximité. Les développeurs ont voulu d’une part ajouter une touche de réalisme, et d’autre part allonger les parties. Mais une fois que l’on reconnaît les types de feux et les unités, la tâche s’en voit grandement facilitée. L’effet n’est pas totalement raté car il donne une dimension différente aux niveaux. Disons que maintenant il serait dur de s’en passer.

Chaque porte ouvert révèle bien des surprises. Des backdrafts par exemple.

Une action condensée

Les cartes, de tailles plutôt modestes, donnent assez d’éléments de stress à la fois : brasiers à droite, mécanisme à activer à gauche, et civils au milieu. Bien que l’aire de jeu ne fasse pas des kilomètres, vous ne savez où donner de la tête. La gestion du feu en elle-même est magnifique, oubliez ne serait ce qu’un flammèche et tout est à refaire. De la même manière, apprenez au cours des missions à le rendre prévisible. Une voiture qui risque d’exploser, un camion citerne non loin, et vous savez à l’avance où vous positionner. Mais cela n’est que théorie car le gros atout du titre est justement de vous rendre fou. Vous pensez que tout est fini mais ça recommence de plus belle, à l’opposé sur la carte. De ce côté-là, rien à redire. Le gameplay minimaliste et indentique aux précédents volets permet de maîtriser les troupes sur le terrain. De quoi se rendre rapidement efficace. Les renforts disponibles au cours de la mission tombent toujours à point nommé. Voila le hic : tout y est trop scripté. Reprenez quelques fois de suite une mission et vous y viendrez à bout. Attention, ce ne sera pas plus facile mais l'effet de surprise sera en moins. Si ça en enlève beaucoup au charme, l'intensité de l'action est préservée. Heureusement.

Un air de déjà vu...

Une repompe totale du moteur

Le moteur, indentique à Fire Department 2, tient toujours la route. Seulement quelques saccades en mode multi joueurs sont à déplorer. Evidemment, vous aimeriez faire cracher plus de polygones à votre dernière carte vidéo, mais le contenu est correct. Ce qui intéresse ici, plus que la beauté du spectacle, c’est la lisibilité des informations (type d’unité et de feu). Pari gagné pour les développeurs qui ont compris qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Néanmoins, il ne faudrait par refaire le coup à l’avenir. Les rares musiques sont stressantes, il est juste dommage de les perdre en chargeant une partie sauvegardée. C’est ainsi que l’on s’aperçoit de l’intensité qu’elles apportent à l’action. Du côté des bugs, rien de spécial à signaler, uniquement un véhicule bloqué sur une carte, ce qui n’a pas eu de conséquence. L’IA est par contre totalement paradoxale. En premier lieu, il aurait été appréciable que les unités terrestres puissent identifier le type de feu auquel elles ont affaire. Des problèmes de pathfinding inhérents au précédent volet sont toujours à déplorer. En second lieu, le titre surprend agréablement en laissant à ses unités la capacité de circonscrire un feu efficacement. Vos petits bonshommes mettront du coeur à l’ouvrage et effaceront de la carte en un rien de temps les plus gros des brasiers. Pas tout le temps hélas, car après ces actes de bravoure, constatez avec effroi qu’un médecin parti sauver un civil reste les bras ballants au milieu des flammes. Quoiqu’il en soit, vous apprenez à faire avec, et surtout vérifiez que tout se déroule bien.
Les Plus
  • La qualité des interventions et leur diversité
  • Un gameplay déjà connu
  • Nerveusement éprouvant
Les Moins
  • Manque d'envergure dans les opérations
  • Les situations rencontrées ne sont pas approfondies
  • Un gameplay déjà connu
  • Scénario fantôme
  • Trop court