Back to Gaya ou le voyage parmi les hommes

10 avr. 2006
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur 4Head Studios
  • Développeur Nobilis
  • Sortie initiale 3 février 2006
  • Genres Action, Aventure

Back to Gaya est donc un titre destiné aux tout-petits, qui remplit le rôle qui lui est par la même occasion imposé. Il est toutefois regrettable de ne pas avoir mis au même niveau d'accessibilité générale les courses de voitures qui interviennent de temps à entre. La durée de vie des 16 niveaux est très raisonnable pour des enfants. L'agréable avec Back to Gaya, c'est ce sentiment qu'il ne s'agit pas de ce n’est pas ce qu’on peut appeler un "piège à licence", bien qu’il soit moyen dans sa globalité. L’univers de Gaya est certes bien présent, mais ce n’est que prétexte à un jeu de plate-formes qui sans cela n’aurait certainement pas vu le jour. Le fait qu’il soit sorti bien après le film et son tout petit prix attestent de la bonne foi et de l'éditeur, et de l’équipe de développement. L’oeuvre cinématographique en elle-même ne se veut pas d’un humour à deux niveaux et vise les moins de 8 ans, ce que le jeu reproduit parfaitement. Ici, nul besoin de se creuser la cervelle, il manquait un titre non éducatif pour cette tranche d’âge, alors laissons les s’amuser et retrouver les héros du monde de Gaya.

Back to Gaya est un film d’animation allemand sorti durant l’été 2005 dans nos salles. N'ayant pas connu de succès retentissant, certainement dû à une technique un peu dépassée et une absence d'humour à deux niveaux, il est néanmoins très mignon et charme le public auquel il est destiné. Aussi, vous aurez compris que le jeu qui en est tiré vise ce même public, pas de place ici pour les parents, les enfants sont rois. Partis dans une aventure au pays des humains, ils guideront leurs héros préférés réduits à la taille d’une cannette de soda dans un univers devenu gigantesque.

C'est de l'atelier de Boo que tout débute

Il était une fois, dans un pays éloigné

Boo et Zino coulent des jours tranquilles à Gaya, terre de tous les délices. Certes, ils sont des fois dérangés par leurs indicibles ennemis les infâmes Snurks, mais comme dans tous bons dessins animés la victoire est au rendez vous à la fin de chaque épisode. Cependant, les choses se corsent car le méchant professeur Le Gentil vole la source de vie des Gayens - la dalamite - et la transporte sur Terre. N’écoutant que leur courage, notre duo préféré Boo (l’inventeur) et Zino (l’exécuteur) part à sa recherche. Ils sont alors confrontés à un monde de géant où une simple araignée devient un féroce prédateur. D’ailleurs, nous pouvons noter là une erreur de proportions car Zino est grand comme une canette de soda et les araignées du jeu font à peu près sa taille. Comme nous ne chipoterons pas sur cet univers bon enfant, admettons que l’action se déroule dans une contrée éloignée de l’Amazonie, où les mygales géantes sont légions. Bref.

Des coups spéciaux sont à débloquer. Ils ne sont pas très utiles mais facilement réalisables.

Ohé ? Y'a quelqu'un ?

Nous voila sur Terre, avec en poche la toute dernière invention gayenne : un lance pierre multi fonctions. Celui-ci ne rape pas les carottes et ne fait pas les frites mais permet de lancer une ventouse sur certaines parois ou points d’accroche et de se balancer à son filin, tel Spiderman. La comparaison s’arrête là et d’ailleurs toute comparaison serait fortuite. Car s’il ne devait y en avoir qu’une, ce serait celle avec Tomb Raider qu’il faudrait retenir. En effet, les mouvements de Zino ne sont pas sans rappeler ceux de Lara Croft, hormis le poirier et les plongeons. Dans Back to Gaya, il faut sauter de poutre en poutre, s’accrocher puis escalader une multitude de caisses pour traverser les pièces composant les niveaux. D’autres accessoires deviennent disponibles en cours de partie, par exemple des bracelets permettant de figer les adversaires ou une lampe de poche bricolée en cours de route. Mais c’est bel et bien le bâton dont est pourvu notre héros qui sert le plus souvent à défaire les implacables rongeurs et insectes qui tentent de vous barrer la route. La liste de ces ustensiles est plus que restreinte, mais le nombre de vos ennemis potentiels l’est tout autant. C’est donc tout au plus 6 types d'affreux méchants que vous pouvez rencontrer. C'est plus que limité et ça en deviendrait même le point noir du jeu. Tant mieux car le meilleur reste à venir.

Il est juste dommage de constater que certaines erreurs se glissent dans les explications.

Une maniabilité enfantine

La prise en main se fait aisément pour tout joueur qui s’est essayé aux FPS au moins une fois dans sa vie. Il semblerait pourtant que le public visé ne l’a certainement jamais fait (c'est tant mieux). Ici, la maniabilité devient le point clé du titre car si elle est trop ardue elle peut vite rebuter le très jeune ; si elle est trop simpliste, elle limite le champ d’action jusqu'à rendre le titre complètement inintéressant. Les développeurs ont fait le bon choix en proposant de n’utiliser que le clavier, en plus de la souris pour les plus habiles. Mais c’est certainement le choix de la manette qui l’emportera chez le jeune utilisateur. En n’utilisant que le clavier, le gameplay se résume aux actions de base du jeu de plate forme : avancer, sauter, utiliser les objets de l'inventaire. Vous avez justement le temps d’analyser les situations, n’éprouvez pas de stress lors des passages difficiles et prenez le temps de bien penser vos mouvements. En ce sens, Back to Gaya est idéal si votre chérubin ne peut encore pas manier Rayman. Il est même certainement très bon pour développer sa motricité, car ce qui peut paraître long et énervant pour un joueur plus âgé, sera pour lui bénéfique. Par contre, il est dommage de noter que la jouabilité présente dans les niveaux de course ne soit pas plus précise. Ces séquences de jeu offrent un peu trop de difficulté. Cela crée un contraste important avec toutes les phases de plate forme qui représentent heureusement 80% du jeu.

On pourrait croire que l'action se déroule principalement de nuit.

Une palette des plus ternes

Sans être bouleversants, Les graphismes sont soignés mais non exempts d'erreurs de textures grossières. Les tons tirent la plupart du temps vers le gris, ce qui donne vraiment l’impression de jouer la nuit. Le tutorial, qui se déroule à Gaya même, est un exemple de luminosité et offre de sympathiques décors extérieurs. Vous imaginez sans peine que l’intérêt du jeu en pâti, sans pour autant le plomber. Dérouler l'histoire en pleine journée aurait impliqué d’apporter de l’action dans les niveaux afin de créer une ambiance, qui, il faut bien l’avouer, est inexistante. Les sons, respectables, collent bien aux actions. Le seul gros défaut technique du jeu est la qualité des cinématiques. En résolution et en compression approximativement moyennes, elles décevoient ceux qui ont connu le film sur grand écran. Pour un titre à licence, il aurait été logique de disposer de vrais extraits de DVD. Gageons tout de même que les plus petits n’y prêteront pas grande attention. Une grosse production EA telle que le dernier Harry Potter est graphiquement mille fois plus réussie, mais c’est déjà pour les beaucoup plus vieux.
Les Plus
  • Ambiance enfantine qui reprend bien celle du film.
  • Le degré de difficulté s'adapte bien aux plus jeunes. Le public visé ne reste pas bloqué longtemps sur un passage.
  • La prise en main est aisée.
  • Les cinématiques tirées du film raviront les fans.
Les Moins
  • Les cinématiques auraient pu être de bien meilleure qualité.
  • Un grave manque d'ampleur dans les sauts du héros étouffe l'action.
  • Le level-design est basique à souhait.
  • Les ennemis se font trop rares.