Styx : Shards of Darkness

03 avr. 2017
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Un jeu qui sort de l'ombre

Quel plaisir de trouver Styx au meilleur de son art. Les possibilités qu'il offre dans sa jouabilité font de cet épisode un bon jeu d'infiltration. Bien entendu, tout ceci ne serait rien sans ce level-design labyrinthique qui a bénéficié d'un gros travail. Le titre met l'accent sur une rejouabilité dont l'intérêt est accru par différents niveaux de difficulté et objectifs diverses. Dommage que les ennemis soient le point noir du titre, sans pour autant le rendre mauvais. De plus, l'histoire est assez mal contée, via des cinématiques qui ne sont pas du même niveau que le reste du jeu. Mais ces défauts s'oublient vite face au plaisir de jeu procuré, faisant de Styx : Shards of Darkness un jeu d'infiltration qui a toute sa place dans votre logithèque.

Le studio Cyanide remet en piste l'attachant gobelin Styx dans un Shards of Darkness aux airs d'Assassin's Creed. Dans cette suite de Master of Shadows, il doit traverser habilement de nombreux niveaux pour mener à bien sa mission. Seulement lorsqu'on mesure 1 mètre 10, il vaut mieux compter sur sa discrétion que sur sa force.

L'histoire

L'histoire débute dans un repaire de malfrats de la ville de Thoben dont vous voulez subtiliser les richesses. L'occasion de vous offrir un tutorial dans lequel vous prenez rapidement la mesure des mouvements de Styx, le gobelin que vous incarnez. Seulement, vous êtes fait prisonnier par la milice locale qui, plutôt que de vous supprimer, utilise votre addiction à l'ambre pour se payer vos services. Vos talents doivent servir à subtiliser un sceptre de lumière, source de pouvoir ultime. Les scènes explicatives ne sont pas à la hauteur de la réalisation globale du titre. C'est un moindre mal bien qu'une meilleure qualité aurait contribué à parfaire l'ambiance prenant de Styx : Shards of Darkness. À vous alors de traverser les donjons, bien gardés, pour atteindre ce but. Simple, n'est ce pas ? Oui, si seulement votre personnage n'avait pas la poisse.

Pour peu Styx se prendrait pour Lara Croft !

Le principe

Styx a tout d'un assassin : il peut rouler sous les tables, s'accrocher aux corniches et aux cordes pour s'y balancer et atteindre d'improbables endroits. Tuer furtivement fait aussi partie de vos talents. Le combat frontal est possible mais une telle situation est synonyme d'échec dans votre tentative d'infiltration. D'autre part, vous devez parer le coup de votre adversaire pile au bon moment avant de contre-attaquer et même si sur le papier cela semble possible sachez que vous succombez très souvent car les renforts débarquent rapidement. De plus, Styx n'a vraiment pas le gabarit nécessaire pour se mesurer aux gardes des oubliettes.

Vous découvrez bien vite une réelle richesse de jeu. Vous jetez du sable sur les torches pour les éteindre afin d'avancer plus furtivement. Tuez les gardes en empoisonnant leur repas ou leur faisant tomber un lustre sur la tête. Les niveaux aux chemins variés ne cessent de vous forcer à faire des choix se finissant souvent en rechargement de partie. Styx peut heureusement compter sur des pouvoirs spéciaux. Un pouvoir d'invisibilité et la capacité de créer des clones vous aident à passer les premiers niveaux, chaque utilisation vous coûtent de l'Ambre. Bientôt le quartz, sous forme de pierres rares à trouver, fait son apparition : il sert à débloquer votre arbre de compétence. Que vous soyez discret, bagarreur, joueur rapide ou que vous vouliez détecter aisément les objets cachés cet arbre vous permet de parfaire ces manières de jouer. Le coût de ces capacités spéciales étant basé sur le résultat de vos missions vous n'avez de cesse de rejouer les niveaux, mettant à profit leur richesse.

Le tableau semble parfait mais l'IA n'est pas au rendez-vous. Les chemins scriptés que vous observez avant de vous déplacer ne sont pas les seuls en cause. Les temps de détection, quant à eux, sont les principaux responsables de ce manque d'engagement. Lorsqu'un garde vous détecte quatre phases sont nécessaires avant l'attaque. Blanc : ils se demandent si quelque chose d'inhabituel se produit. Jaune : la fouille de la pièce débute. Orange : le doute se confirme. Rouge : vous feriez mieux de trouver une cache en hauteur. À vous alors de profiter de ces temps, trop longs, pour abuser de leur vigilance, sachant qu'un garde revenu à l'état normal repasse par ces étapes s'il vous détecte de nouveau.

À deux l'attaque par derrière devient obligatoire.

Le multi

Jouable en ligne, le mode coopératif permet d'intégrer rapidement la partie d'un autre joueur déjà en pleine infiltration. Le second joueur incarne un clone qui partage votre barre de vie. L'aventure reste totalement identique, tant au niveau du nombre d'ennemis que du niveau de difficulté globale. Oubliez également les combats frontaux, maintenant impossibles. La résurrection de votre clone coûte la moité de votre barre de vie, alors entendez-vous bien avant d'agir. Le mode est simple et efficace. Sans donner de dimension supplémentaire au titre il a le mérité d'en accroître la difficulté, ne serait-ce que par les limitations qu'il impose.

Un pouvoir permet de révéler les objets et passages cachés.

Pour qui ?

Styx : Shards of Darkness est pour absolument quiconque veut jouer à un bon titre d'infiltration, pour peu que vous n'ayez pas le vertige. Sa verticalité utilisée à bon escient permet de prendre conscience rapidement de la complexité des niveaux et surtout de vous cacher. De plus, l'artisanat qui permet de fabriquer pièges et armes donne lieu à des moment de réflexion. Vous pouvez être équipé d'un laboratoire mobile, mais alors vous devenez plus bruyant. Cela en fait un titre complet où tout est fait pour une rejouabilité maximum de ses missions. Cela lui confère également une durée de vie honorable d'une quinzaine d'heures pour le parcourir la première fois.

Les développeurs ont créé le personnage en partie grâce à ses remarques constantes.

L'anecdote

J'avoue avoir bien rigolé durant ce test. Styx : Shards of Darkness est bourré d'allusion à Assassin's Creed entre autres, mais ce n'est pas là l'étendue de son humour. Cynique et moqueur Styx vous surprend, notamment au moment de mourir. En effet, il n'est pas tendre et vous reproche directement le sort que vous lui faites subir. Ronchon certes, Styx n'en est pas moins attachant.
Les Plus
  • Beaucoup de possibilités d'infiltration : se cacher dans les meubles, éteindre les torches...
  • L'arbre de compétence est conséquent et modifie la manière de jouer
  • Un level-design impressionant
  • Mode coopératif présent !
  • Des graphismes agréables, grâce à l'Unreal Engine 4 notamment
  • Un humour et des références à outrance
Les Moins
  • La narration n'est pas au même niveau que le reste du jeu
  • Le manque d'agressivité de la part des ennemis
  • Des boss anecdotiques