Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands

01 avr. 2017
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 7 mars 2017
  • Genres Action, Third Person Shooter

Un monde à partager

Avec Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands, Ubisoft démontre une nouvelle fois son savoir faire en matière de monde ouvert et de paysages. En piochant allègrement dans les mécanismes éprouvés d'autres licences du groupe (Far Cry 4 ou The Division), le jeu assure un gameplay bien pensé et très plaisant, quelque soit le niveau de difficulté et le style adopté. Le summum est atteint en multijoueur, lorsque trois autres gringos et potos vous rejoignent pour en découdre. En solo, une fois habitué à la beauté des lieux et aux possibilités offertes (plus de 20 heures), une forme de redondance peut vous envahir sans pour autant vous refroidir. Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands reste une très bonne expérience, à partager entre amis de préférence.

Les années s'enchaînent et ne se ressemblent pas pour Ubisoft. Après le surprenant For Honor, le géant français continue de dérouler son planning avec Wildlands. Il aura fallu cinq années de pause avant que la série Ghost Recon ne revienne sur le devant de la scène. Et si c'était dans les vieux pots qu'Ubisoft faisait ses meilleures recettes ? (07/06/17 : Mise à jour DLC)

L'histoire

El Sueno est un type franchement glauque. Il a un grand projet pour son pays qui a sombré sur le plan économique face à ses voisins. La Bolivie est devenu le terrain de jeu du Cartel Santa Blanca et la CIA a essayé d'y infiltrer un agent, le dénommé Sandoval. Cependant, sa couverture a été grillée et le voilà retrouvé abattu à la méthode locale. Quand la loi ne peut plus rien pour vous, il vous reste un recours, un seul : l'Agence tous risques. C'est à peu près la base du scénario. Les ricains envoient sur le terrain leurs quatre meilleurs agents : des ghosts. Hommes fantômes sans existences reconnus, c'est à vous que la tache de libération du pays est confié. Et autant vous dire qu'il va y avoir du boulot ! Plein ! Vu qu'il va falloir vous occuper des filières production, sécurité, trafic et influence, soit six Buchons par filières (Buchon = sous-boss) et pas loin de 20 zones différentes. Ses zones vous amèneront à voir du paysage, souvent varié et encore plus souvent réussi. Du très bon boulot pour les studios d'Ubisoft qui mérite clairement de prendre le temps de faire de petites balades sans armes ni violence.

Le repérage avec le drone est l'un des points clés des missions.

Le principe

Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands est un jeu de tir à la troisième personne, hybride entre Far Cry et The Division. Vous êtes largué dans un monde ouvert gigantesque vous laissant libre choix entre les différentes missions qui vous sont proposées. À vous de suivre le scénario ou de vous éloigner un peu de la trame principale pour collecter des objets et autres documents. Vous avez aussi la possibilité de collecter des armes et des accessoires, d'interroger les lieutenants du cartel sur place qui vous dévoileront beaucoup d'informations. Dans les missions principales, vous trouvez une assez bonne variété de tâches : destruction d'objectif, sauver des otages, capturer un ennemi, escorte, assassinat, défense, poursuite, écoute... Un large panel qui ne trouvera de répétitivité qu'après la vingtaine d'heures atteinte.

Mais le véritable point fort du jeu vient des possibilités d'approches mises à votre disposition. En effet, vous disposez d'un drone, capable de survoler de larges zones en repérant et marquant les ennemis. Si vous la jouer sniper silencieux, coupler aux traditionnelles jumelles, vous vous trouvez face à un jeu plaisant. Idem pour l'infiltration, grâce à une série d'accessoires, de leurres et de votre pistolet favori. Vous en avez assez d'attendre ? Vous pouvez aussi vous la jouer gros bourrin avec un arsenal de grenades, de mines et même un drone explosif. Vous pouvez aussi mixer tous ces éléments et trouver votre façon de jouer. Cette liberté d'approche est facilitée par les compétences et les missions secondaires.

Les missions secondaires recouvrent d'ailleurs souvent les mêmes schémas : dérober un avion ou un hélicoptère, arrêter un convoi ou stopper un relais radio. Si ces missions sont répétitives, elles vous permettent d'accumuler de précieuses ressources afin d'augmenter vos compétences. Tout droit repiqué de Tom Clancy's The Division, ce système de progression vous permet d'approfondir ou non vos capacités en fonction de vos besoins et de vos envies. L'arbre de compétences est d'ailleurs assez bien fourni, réparti entre aptitudes physiques, des armes, des grenades, du drone ou de l'escouade. Et là aussi, l'ensemble fonctionne très bien et la répartition des points de compétences vous donnera une approche finalement différente d'un autre joueur.

Cependant, l'IA pose une ombre au tableau, que seul le multijoueur peut compenser. En effet, vos alliés IA sont dotés de facultés surprenantes afin de donner du rythme au jeu. Ainsi, quand vous effectuez des tirs synchronisés, il n'est pas rare de voir vos alliés passer dans la base ennemie, au plein milieu, pour se positionner et finir par sortir un headshot à travers les murs. Cela évite certes d'attendre cinq minutes que le personnage face le tour de la carte pour se positionner correctement, mais voir votre allié passer parmi un groupe de trois ennemis sans se faire remarquer est toujours drôle (et pas dans le bon sens). Sans compter que la transparence de vos alliés est aussi valable pendant les batailles faisant de vous la seule et unique cible ou presque.

Les paysages sont somptueux, que dire d'autre.

Le multi

Si Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands est un jeu plus qu'agréable à parcourir, vous entrevoyez aussi rapidement que l'aventure est meilleure à quatre, entre amis. Que ce soit en solo ou en multi, l'aventure est la même, et une fois la cession de coopération terminée, vous retrouvez votre petite map (moins les missions faites durant la session). Pour la partie à quatre, en plus du petit côté "Agence tous risques" qui vient de la personnalité de chaque joueur, c'est aussi la difficulté rehaussée qui fait monter le plaisir. Tous les différents défauts liés à l'IA allié disparaissent et les vraies missions commencent. Synchroniser un tir avec trois autre joueurs, c'est aussi s'organiser, se positionner, repérer pour enfin achever un plan sans accrocs. Idem en cas de bourrinage massif avec des bases nettoyées très rapidement et très efficacement. Nous ne saurions que trop vous recommander de favoriser cette expérience qui est l'essence même du jeu.

Les armes sont personnalisables... Enfin, quand vous aurez trouvé de quoi les personnaliser.

Pour qui ?

Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands est un de ses petits bonheur à partager avec ses amis mais qui saura aussi très facilement convenir à tout individu en solo. Rien que la balade du nord au sud vaut le coup pour profiter des paysages. En laissant libre choix de l'approche, des missions à réaliser et du niveau de difficulté, tout un chacun peut s'y perdre quelques heures sans forcer. Et c'est sans doute là l'un des points forts du jeu, là où Tom Clancy's The Division se montrait extrêmement exigeant par exemple. Pourtant, il s'agira aussi de sa faiblesse, la sensation d'avoir déjà parcouru les mécanismes du jeu alors que vous l'avez à peine commencer.

L'ambiance du jeu est sombre et assez mature, à l'image des Far Cry.

L'anecdote

Une fois que vous avez réalisé toutes les missions principales d'une zone, vous vous retrouvez face au petit chef du secteur. Chaque chef ayant une mission liée propre, vous avez souvent l'occasion de tuer le meneur local ou de l'expatrier. La Madre Coca est l'une d'entre eux. Une fois rendu à sa mission, j'ai pourtant subi une des déconvenues drôles mais pourtant un peu affligeantes liées aux problèmes d'IA alliés/ennemis. En entrant dans le village servant de lieu de mission, j'ai automatiquement attiré les tirs de tous les ennemis présents sur ma trombine. Bien sûr, tout le monde s'est donc jeté sur le flan où j'étais caché. Pourtant, un rebelle resté à la traîne est entré dans la zone par un flan de montagne et a tué la Madre Coca en quinze secondes. Fin de mission, sans avoir le temps d'abattre un seul ennemi et un souvenir amer !

Un DLC décidément très surprenant.

DLC - Narco Road (MàJ du 06/05/17)

Premier DLC de l'ogre Bolivien, Narco Road se présente à vous comme un contenu additionnel surprenant. Vous commencez par abandonner votre héros pour incarner un nouveau Ghost. Vous êtes dépêché dans la même zone pour affronter El Invisible, membre imminent de la Santa Blanca, qui tient son nom de la particularité de ne jamais se montrer. Le seul moyen de l'approcher est de s'infiltrer dans le cartel pour atteindre la cible. Et vous voilà parachuté dans un monde différent de celui de Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands. Là ou vous deviez mettre à mort l'ignoble bête dans le jeu principal, vous allez devoir gagner votre place de vilain local dans ce contenu.

Si le principe du jeu ne change pas, en réalisant des missions pour atteindre le chef du coin et le faire parler, c'est l'ambiance générale qui est impactée. Vous devez drifter, faire des figures en avions, des sauts en Monster Trucks, etc. Le tout pour impressionner de nouveaux followers (petit tacle au passage de notre société) débloquant ainsi de nouvelles missions principales. Ce DLC met en avant le fun, le rock n'roll, le spectaculaire et l’esbroufe, s'opposant ainsi beaucoup au jeu principal. Et c'est là son point faible : malgré sa grosse quinzaine d'heures dans des environnements plus vraiment dépaysants, vous ne jouez plus du tout au même jeu. Malgré tout le contenu reste plaisant à parcourir.

Vous vouliez du challenge ? Vous allez être servi !

DLC - Fallen Ghosts (MàJ du 07/06/17)

Après un DLC haut en couleur, qui misait sur un éloignement du principe de base pour proposer une expérience plus vitaminée, Tom Clancy's Ghost Recon : Wildlands revient sur ses bases. Et c'est peu dire puisque vous revenez en Bolivie, peu après votre grande victoire, pour constater que tout n'a pas tourné rond. Afin de faire face au vide laissé par la chute de El Sueño et chassé les derniers américains sur le sol, l'Unidad et le gouvernement de Bolivie ont décidé de faire appel à une milice privée : Los extranjeros. Celle-ci a effectivement participé de manière brutale à chasser les derniers membres de la Santa Blanca, mais elle a aussi décidé de mettre fin aux activités secrètes des Américains sur le territoire. Vous êtes donc dépêché sur place pour exfiltrer au plus vite tout ce petit monde manu militari.

Vous retrouvez trois zones de la partie Est du territoire visité pendant l'aventure principale, sans aucun changement de forme. Tout est toujours aussi joli mais tout est aussi déjà vu. Heureusement, le changement est ailleurs, a commencé par la qualité des ennemis proposées. Los Extrajeros est composé de quatre types de soldats qui amènent du challenge et la sensation d'être une proie facile. En plus d'un sniper très longue distance, vous trouvez un tank qui ne peut être tué que d'un tir dans la tête, ainsi qu'un agent doté d'un camouflage optique, qui viendra vous taquiner lors de vos phases de préparation. Enfin, un petit dernier vient s'ajouter à la liste : le brouilleur. Ce soldat brouille toutes vos machines (carte, drone, vision thermique, etc.) pour vous rendre la tâche encore plus ardue. Avec ses quinze missions, Fallen Ghosts ne renouvelle pas le jeu mais offre un souffle nouveau et du challenge au jeu original. Plus difficile, plus oppressant, vous devez vous habituer à vos nouveaux ennemis pour espérer survivre un peu plus longtemps.
Les Plus
  • La Bolivie et ses splendides paysages (bravo les gars !)
  • La taille impressionnante du monde ouvert
  • Un jeu de tir et d'action parfait pour le multijoueur
  • La diversité d'approche dans les missions
  • L'approche tactique qui est une véritable réussite
  • Un vrai jeu coopératif
Les Moins
  • Des redondances flagrantes mais après un long moment de jeu
  • L'IA allié particulièrement surprenante et les inconvénients en résultant
  • La conduite et la physique des véhicules terrestres

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

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