Aragami

07 oct. 2016
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Développeur Lince Works
  • Sortie initiale 4 octobre 2016
  • Genre Infiltration

Dans la lumière

En 2016, il est un peu compliqué de noter un jeu comme Aragami. D'un côté, il s'en sort mieux que la pléthore de titres indés qui prennent pour base une infiltration sans saveur. À coup sûr, sa verticalité et le fait qu'il multiplie les idées plaident en sa faveur. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que les modèles du jeu (et notamment Dishonored) sont infiniment plus profonds, plus complets, plus intelligents... Et pour un prix plus ou moins similaire aujourd'hui. De ce fait, Aragami est surtout susceptible de plaire aux fans d'infiltration en manque de jeu. Mais en 2016, à une époque ou des dizaines de titres usent la formule, est-ce encore possible ?

Grâce à son statut de "petit jeu", Aragami mêle des inspirations diverses et variées. De Shinobi à Dishonored en passant par Journey, le titre de Lince Works a néanmoins l'avantage de proposer des influences un peu plus atypiques que d'habitude. Est-ce suffisant pour autant ?

Le principe

Tel un ninja, esquivons le scénario cousu de fil blanc (une jeune princesse prisonnière vous invoque pour la sauver, sans que ne vous connaissiez quoi que ce soit sur votre background) pour se concentrer sur le principe d'Aragami. Ainsi, nous avons affaire à un jeu d'infiltration d'apparence très classique : vous devez généralement aller d'un point A à un point B en prenant soin de tuer (ou non) les gardes sur votre chemin. Du très classique en somme, même si Aragami a l'intelligence - enfin si on veut - de piocher des mécaniques qui se marient plutôt bien.

Premièrement et ce n'est pas rien, le titre reprend à sa manière le système de téléportation de Dishonored. En maintenant une gâchette, vous ciblez une destination où vous téléporter dans l'ombre. Évidemment, le périmètre reste relativement restreint, mais cela vous permet de multiplier les possibilités. Élimination par le haut, clochettes attirant les ennemis, vortex les aspirant, monstre les dévorant, lancés de kunais, assassinats en bonne et due forme... Aragami propose une belle palette de moyens d'action, évidemment renforcée par son système de déplacement vous permettant de jouer sur la verticalité, de trouver des cachettes ou de passer à travers des grilles.

Sans surprise, les mouvements les plus efficaces nécessitent du pouvoir et celui-ci est visible à travers l'écharpe du héros (un peu comme dans Journey). Toutefois, cette contrainte d'un pouvoir limité - couplée à des mécaniques pas toujours rodées - a aussi ses inconvénients. Il n'est pas rare de se téléporter à un mauvais endroit, ou de ne pas pouvoir effectuer une action dans un temps imparti sans que l'on sache réellement pourquoi (faire disparaître un cadavre, se téléporter à X endroit d'ordinaire accessible, etc.). De même, il nous est arrivé de tomber sur des bugs impactant directement la progression, notamment durant le cinquième chapitre (nous obligeant à le recommencer). Rien de grave, mais quelques bémols qui ternissent légèrement une expérience pourtant assez scolaire.

L'ambiance du jeu peut aussi rappeler Tenchu (évidemment) et il est possible de tuer en sautant.

L'emballage

Soulignons tout de même l'esthétique du jeu qui, si elle n'a rien d'originale (difficile de ne pas penser au Shinobi sorti sur PlayStation 2, ou plus généralement à tous les jeux de ninjas), demeure assez réussie. Dommage que le jeu se contente une fois de plus de piocher quelques ambiances à droite et à gauche. D'ailleurs, les voix abstraites ainsi que la trajectoire du héros sont elles aussi un peu caractéristiques de ce que nous voyons ces dernières années dans le jeu vidéo.

Bonne surprise : les possibilités sont relativement nombreuses est le level design est ouvert.

Pour qui ?

Malgré cela, Aragami demeure un jeu assez séduisant pour quiconque aime l'infiltration. Et de façon plus pragmatique, certaines mécaniques lui apportent la verticalité et la liberté qui manquent à de nombreux titres indés lorgnant sur ce secteur (et qui sont au fond beaucoup plus ennuyeux).

Les parchemins trouvés vous permettent de débloquer des compétences influant vraiment les approches.

L'anecdote

Les premières missions d'Aragami sont assez rebutantes. En effet, le héros étant au départ dépourvu de capacités spéciales (hormis la téléportation) et le joueur n'ayant pas forcément conscience des possibilités, il vous arrivera de pester devant le côté die'n retry du titre. Pourtant, une fois les compétences principales acquises, l'aventure devient plus agréable et la recette se met à fonctionner. Pensez notamment à acheter la capacité vous permettant de voir l'emplacement des parchemins : les trouver rapidement vous permettra de multiplier les possibilités.
Les Plus
  • Quelques mécaniques efficaces
  • Un level design plus original/ouvert que d'ordinaire
  • Un vrai challenge (surtout dans la deuxième moitié du jeu)
  • Au-dessus de nombreux autres jeux du genre (sur le secteur indé)
  • Une durée de vie honnête (une quinzaine d'heures en prenant son temps)
Les Moins
  • Du pompage mais sans le génie des modèles
  • Cela manque globalement de diversité sur le plan visuel
  • Des bugs parfois handicapant
  • Toujours scolaire (mais pas trop)