No Man's Sky

05 sept. 2016
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La taille ne fait pas tout

No Man's Sky débarque avec beaucoup de promesses, la plus grande étant un terrain de jeu quasi infini, associé à une biodiversité elle aussi gigantesque. Mais à l'usage, ce jeu d'exploration spatiale se révèle très redondant. La carotte qui pourrait vous inciter à aller au bout de l'aventure n'a pas un goût suffisamment prononcé. Ainsi, même les plus motivés des explorateurs auront du mal à ne pas se décourager. C'est en grande partie la faute à l'absence d'un vrai scénario, donc d'enjeux, et surtout à une fainéantise artistique à peine cachée par une programmation procédurale logiquement sans saveur. Dommage, le principe original était tentant. Seule l'arrivée d'un mode multijoueur pourrait ralentir l'inexorable dérive de No Man's Sky dans l'espace.

Explorer l'infini. En voilà un projet alléchant. Mais c'est aussi un concept casse-gueule car l'infini, c'est grand. Et l'explorer, c'est forcément lent. Avec le très médiatisé No Man's Sky, précédé par des espoirs nombreux voire irraisonnés, l'équipe d'Hello Games joue gros. À tel point qu'il parait difficile de gagner ce pari aussi risqué.

L'histoire

Dans No Man's Sky, vous êtes un explorateur perdu dans l'espace. Et c'est bien là tout le problème : vous êtes véritablement perdu, confronté à des questions existentielles telles que "par où commencer ?", "est-ce la bonne direction ?", "à quoi sert donc ce truc ?" ou encore "ce jeu va-t'il finir par être amusant ?". Si vous aurez la réponse à cette dernière question au cours de ce test, nous pouvons déjà vous aider à répondre à cette question primordiale : quel est le but du jeu ? Et ce sont des petits malins chez Hello Games, car la réponse n'est pas si évidente. Ils l'éludent astucieusement en promettant un trésor caché au centre de l'univers... Peut-être même la solution à l’énigmatique nombre 42, qui sait ?

Vous l'aurez compris : No Man's Sky ne propose pas d'histoire à proprement parler. Des traces de civilisations antiques parsèment les planètes que vous allez visiter, sous la forme d'étranges ruines faisant office de guide spirituel. Mais c'est tout. Rien sur vos origines et encore moins sur vos objectifs. D'aucuns trouveront sans doute cela impliquant, beaucoup auront vite fait d'y deviner une fainéantise artistique latente.

Des recettes, en veux-tu en voilà. Avec des éléments à récolter toutes les cinq minutes.

Le principe

Malgré ce qui a longtemps été annoncé - et l'utilisation trompeuse du terme "bac-à-sable" -, résumer le principe de No Man's Sky se révèle assez simple. Vous démarrez sur une planète plus ou moins hospitalière (selon votre degré de veine du jour), juste à côté d'un vaisseau qu'il va falloir réparer pour l'utiliser. Heureusement, vous disposez d'un laser extracteur de minerai (essentiellement). Grâce à lui vous allez pouvoir récupérer les éléments nécessaires à la réparation. Oui, No Man's Sky c'est un peu beaucoup une sorte de Minecraft dans l'espace. Pour obtenir suffisamment d'éléments pour avancer dans le jeu, le temps consacré au crafting pourra d'ailleurs vous paraître bien long.

Heureusement, vous n'êtes pas qu'un crafteur de l'espace. Vous êtes aussi un pilote. De l'espace (ok, running gag detected). Une fois votre vaisseau remis en état, à vous les joies du pilotage interstellaire. Bon, en pratique, comme tout le reste du jeu, vous allez vite vous apercevoir que cet aspect s'avère également répétitif. Et visuellement beaucoup moins fun que le générique de The Big Bang Theory par exemple. Cela dit, des batailles spatiales interviennent de temps à autre, histoire de mouvementer un peu tout ça. Notez que vous avez également accès à des stations orbitales où vous pouvez faire vos courses et interagir - un peu - avec la population locale. À ce propos, ne vous attendez pas à autre chose que des dialogues à choix multiples (mais limités) concernant vos rapports avec les extraterrestres. Ces choix de répliques seront d'ailleurs très similaires, quelle que soit la race rencontrée. Côté diversité, il faudra repasser.

Avec le temps, les planètes se révèlent relativement similaires.

La programmation

Venons-en justement à la programmation même de No Man's Sky, cette fameuse génération procédurale du monde dans lequel vous allez évoluer. Basiquement, il s'agit de générer aléatoirement des planètes (relief, conditions climatiques, faune et flore) en piochant dans une base conséquente de différents éléments pour les assembler. Ce procédé permet d'obtenir d'innombrables combinaisons, si bien qu'un joueur devrait disposer d'un univers tout à fait unique, généré juste pour lui. Ok, sur le papier, ça a l'air très sympathique, voire même vendeur ("Wouah, Hello Games a programmé un jeu juste pour moi, trop stylé !"). Mais en pratique, l'effet escompté se révèle beaucoup moins sexy.

Si visuellement, le résultat de tous ces mélanges est loin d'être désagréable, il n'évite pas la redondance. Si bien que vous avez rapidement l'impression que l'univers à explorer n'est finalement pas aussi varié que promis. Mais le véritable souci de l'utilisation de cette génération procédurale, c'est l'absence totale de vision artistique. Contrairement à un cerveau humain, une machine aussi pointue soit elle ne peut pas faire preuve de poésie (à l'heure actuelle en tous cas). Elle va simplement associer des éléments aléatoirement sans se soucier de l'effet autre que visuel que cela va avoir sur le joueur. En plus de l’absence de scénario, No Man's Sky pâtit donc de ce supplément d'âme qui lui manque pour rendre votre expérience aussi puissante que les promesses faites par ce jeu.

Les voyages spatiaux sont jolis, les premières fois...

Pour qui ?

Si vous êtes mathématicien, vous allez adorer No Man's Sky. Plus sérieusement, conseiller ce jeu à un type de joueurs en particulier n'est pas chose aisée. Plutôt du genre "action" ? Passez votre chemin. Plutôt du genre "exploration" ? Après quelques heures, vous aurez fait le tour des "surprises" du jeu. Plutôt du genre "simulation spatiale" ? Cet aspect n'est pas assez poussé pour rassasier le gestionnaire pointilleux qui sommeille en vous. Plutôt du genre "crafting" ? Pourquoi ne pas tenter l'expérience, ce système étant souvent associé aux RPGs heroic fantasy, vous aurez l'occasion d'y goûter dans un contexte spatial qui n'est pas déplaisant.

Découvrez de nouvelles espèces à la manière d'un chasseur de Pokémon ou presque.

L'anecdote

Dans No Man's Sky, vous pouvez scanner la faune et la flore locales, histoire de constituer une sorte d'encyclopédie des espèces végétales et animales rencontrées durant votre périple galactique. Soit ! Mais puisque ces éléments sont générés eux aussi aléatoirement selon la programmation procédurale du jeu, quel est l'intérêt de lister des animaux qu'un autre joueur n'aura quasi aucune chance de rencontrer ?
Les Plus
  • L'idée de base est alléchante
  • C'est parfois plutôt joli
  • Les premières explorations sont amusantes
Les Moins
  • Le concept s'essouffle rapidement
  • La musique est meilleure que le jeu
  • Aucune vraie vision artistique
  • Des voyages spatiaux très répétitifs
  • Des interactions avec les autochtones frustrantes car limitées
  • Beaucoup de crafting et pas assez de réflexion
  • L'exploration des planètes n'est pas assez gratifiante