Ankh n'est pas toc

21 déc. 2005
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Jusqu’à présent, nous connaissions l’Egypte pour ses pyramides, ses tombeaux, son sphinx, ses oasis, ses souks, son phare d’Alexandrie (oh-oh-oh)... Dorénavant, il va falloir ajouter à cette liste un certain Assil, héros d’un jeu d’aventure en tous points conforme à ce qu’un fan des productions Lucas Arts de la grande époque est en droit d’attendre du genre. Preview d’une aventure égyptienne réjouissante qui a apparemment parfaitement compris comment utiliser l’héritage du passé.

"Prenez moi donc la main mon enfant" qu'elle disait...

La Malédiction de la Momie

Etre le fils de l’architecte royal du Pharaon, ça peut avoir du bon. C’est en tous cas ce que croyait Assil jusqu’à ce qu’il emprunte à son père la clé de la grande Pyramide pour y organiser une fête entre amis. Il ne s’est pas imaginé une seconde que ce petit méfait pourrait l’entraîner dans une aventure pour le moins mouvementée. Il faut dire aussi qu’elle était très mal entreposée cette urne sacrée. Quelle idée de la mettre sur un coin de sarcophage ! Un faux geste et la voila en mille morceaux sur le sol. Le vacarme aura tôt fait d’attirer l’attention d’une momie centenaire à première vue ravie de confier une étrange amulette au jeune homme. Quand on sait qu’elle fait l’objet d’une malédiction, on comprend mieux cet empressement. Merci du cadeau Momie ! Lorsqu’il apprend que seul le Pharaon pourra le sortir de ce mauvais pas et qu’accessoirement, un prénommé Osiris - dieu des morts de son état - en a après cette Ankh magique, Assil prend d’un coup conscience de la gravité de la situation. Heureusement, il a plus d’un tour dans son sac. Et l’équipe de Deck13 en charge du développement de ce jeu d’aventure également.

Dans ce jeu, on se prend pour tout sauf au sérieux

Esprit LucasArts, es-tu là ?

Avec Ankh - Une aventure Egyptienne, les petits gars du studio Allemand Deck13 exploitent deux bonnes idées principales. La première consiste à utiliser un pays magnifique et une civilisation fascinante comme toile de fond. A part des titres ludoéducatifs assommants (la série Egypte) ou des jeux de gestion qui tournent vite en rond (Pharaon, Les Enfants du Nil), jusqu’ici on ne peut pas dire que cette base si riche ait été utilisée à sa juste valeur. La deuxième bonne idée de Deck13, c’est tout simplement de piocher dans le génial héritage du genre que sont les titres LucasArts. En choisissant un design cartoon décalé (observez un peu le lifting du sphinx par exemple), et en proposant des dialogues et des situations loufoques, les développeurs exploitent astucieusement le ton succulent qui a fait le succès des Monkey Island, Sam & Max et autres Day of the Tentacle. Cet hommage flagrant est fait dans un tel respect général et avec un niveau de qualité si prometteur, notamment sur le plan technique, qu’il laisse déjà tout simplement admiratif.

Même le Sphinx a l'air sorti d'un Tex Avery

Une ribambelle de déjantés

Un héros adepte de l’humour noir et à l’ironie mordante ; une alliée - jouable - n'ayant pas sa langue dans la poche ; une fille de Pharaon belle, sexy, vraiment désirable qui ne trouvera rien de mieux que de se faire enlever ; un marchand du souk du Caire qui guette la moindre occasion de faire du profit et conçoit un plan vraiment machiavélique ; des gardes royaux qui n’ont peur que d’une chose... ou presque ; un Pharaon lamentable et sans aucun doute le pire manager que les Dieux aient jamais eu sur Terre ; un conducteur de felouque rasta qui aime rendre service ; un Osiris qui est tout sauf un rigolo... Voici un échantillon des personnages présents dans Ankh. Au total, ce seront plus d’une cinquantaine de gens bizarres, pas forcément recommandables mais a priori toujours très drôles que l’on sera amené à croiser. Ces rencontres seront prétextes à des dialogues taillés sur mesure où les propositions de conversations sont parfois si amusantes qu’on aurait presque du mal à choisir.

Des dialogues qui fleurent bon le décalé

Une future référence

Cette version preview comportait l’intégralité de l’aventure jouable et les quelques bugs restant à corriger sont essentiellement liés à la localisation du jeu (dont les premières impressions sont vraiment excellentes). A l’approche de sa sortie, les promesses de cet Ankh semblent donc tout à fait tenables. Ajoutons à ça des énigmes intégrées au gameplay de façon plutôt logique et une réalisation technique très respectable (quelques soucis de pathfinding mais rien de bien dramatique). Son look cartoon inspiré et son humour omniprésent finiront d’enthousiasmer les fans de point'n'clic full 3D. Ce jeu est d'autant plus attachant qu'il apparaît plutôt humble et discret alors que ses nombreuses qualités pourraient facilement justifier l’inverse. A l'heure où d'autres titres à venir (Runaway 2 pour ne pas le nommer) n'hésitent pas à afficher une certaine surenchère, notamment dans les unités de lieux, Ankh se positionne sur un univers plus réduit mais tout à fait cohérent, possédant une vraie identité visuelle et une personnalité qui ne devrait sûrement pas laisser indifférent.