Agents d'Abstergo, préparez-vous à reprendre du service

19 sept. 2011
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Pour ceux qui ont accueilli le mode multijoueur d'Assassin's Creed : Brotherhood comme une bénédiction du jeu en ligne, la transition vers Revelations se fera par petites touches subtiles, mais qui font toute la différence. Si par contre vous n'avez jamais eu la chance de goûter à ce mode de jeu en ligne unique, sachez que vous êtes passé à côté du renouveau du genre. Loin des classiques courses au frag, c'est la manière qui prime. Oui car si vous êtes du genre à préférer les multi bourrins, où seules les capacités à viser et tirer vite priment, vous serez vite mis au rebut dans Revelations. Ce sont vos capacités d'écoute, de discernement, et pour beaucoup de physionomiste qui vous mèneront sur le podium. Et ça change tout.

Vous aurez plein de nouveaux persos à mémoriser.

Le paragraphe pour les novices

Dans les grandes lignes, vous êtes plongé dans un programme de simulation d'assassinat pendant la Renaissance. Dans les modes individuels, chaque joueur a une cible mais est également la proie d'un autre joueur. Si vous pouvez repérer votre proie grâce à un radar, vous ne savez pas qui vous chasse pendant ce temps... Discrétion, efficacité, dissimulation sont impératifs si vous souhaitez atteindre votre objectif sans mourir. Autrement dit, courir comme un petit fou dans la direction de votre cible ne vous servira qu'à vous faire repérer, et tout gâcher. Du coup, les principaux inconvénients de ce mode multi viennent des joueurs qui se croient en plein deathmatch de Call of Duty : les rush pénalisent leur score, et plombent un peu le jeu. Mais très vite ils s'aperçoivent de leur erreur.

Reprenons le principe : chasseur et chassé, votre cible déambule dans les rues d'un quartier ouvert, à la recherche, lui aussi, de sa propre cible. Vous comme les autres joueurs avez des clones dans le jeu, ce qui rend la tâche compliquée. A vous de déterminer, avec votre boussole notamment, et en observant l'attitude des personnages, quel est le bon à assassiner. Et plus vous courez, plus facilement vous vous ferez repérer. C'est au contraire en privilégiant l'approche lente, futée, que vous ferez du score. Cumulez à cela des bonus particuliers (acrobatique si vous êtes accroché à un rebord, caché si vous vous trouvez dans la foule, déguisé si vous utilisez un atout de déguisement, etc.), et vous deviendrez rapidement la personne à abattre. Comprenez avec davantage de poursuivants sur le dos.

La capture de drapeau ne se fera quasi jamais dans le calme.

Deathmatch, le renouveau

La principale nouveauté : le mode deathmatch, dans lequel la boussole disparait. Une zone de jeu extrêmement réduite, les sosies n'existent plus : dès que vous la voyez, votre cible est l'homme à abattre. Sauf si celle-ci utilise des stratagèmes pour se déguiser ou créer des clones autour d'elle... Ce mode apporte une sensation de stress nouvelle dans le mode multijoueur. Nerveux, immédiat, les assassinats s'enchaînent (peut-être trop vite), notamment à cause de la petitesse de la carte. Revers de la médaille : les joueurs se retrouvent souvent au même endroit, au centre de la carte ou sur les toits. Peu d'enjeu lorsqu'il suffit de piocher sa victime puis de se faire inexorablement tuer à son tour. Cependant, si vous arrivez à vous dégager de cette facilité, à jouer davantage avec les pourtours de la carte, l'excitation vous gagne crescendo. Petit bémol pour l'instant : le respawn étant très rapide, il arrive parfois que vous apparaissiez directement à côté de votre assassin sans que vous n'ayez le temps de voir apparaître les informations de jeu. Assez rageant.

La capture de drapeau fait également son entrée dans Assassin's Creed Revelations : deux équipes, chacune son territoire. Chez vous, vous êtes chasseur et devez défendre votre bout de tissus. Si vous passez de l'autre côté de la carte, l'ambiance change, les pourtours de l'écran deviennent rouge sang : vous êtes chassé et devez impérativement vous dissimuler ou user de stratagèmes pour piquer le drapeau ennemi. Et revenir avec indemne ! Dans ce mode de jeu, les techniques les plus sournoises sont permises : avoir un complice qui joue le rôle du "lapin" en est une, tandis que vous arrivez déguisé et piochez le précieux objectif comme une fleur. Cependant, beaucoup de joueurs ont tendance à privilégier le rush, espérant qu'une des tentatives fonctionne. Et encore une fois, ce ne sont pas ces joueurs qui terminent sur le haut du podium.

Attention, derrière toi !

L'humiliation : nerf de la guerre

Dans les changements notoires, l'humiliation a été entièrement revue. Cette action permettant d'empêcher un assaillant de vous tuer lorsque vous le repérez a suscité de nombreux débats dans Brotherhood : souvent contestée car difficile à déclencher, elle faisait facilement râler les newbies tandis que les joueurs expérimentés s'en sortaient plutôt bien. Dans Revelations tout est remis à plat : chacun a sa chance. D'humiliation on passe à un concept de contre-attaque : lorsque votre poursuivant se jette sur vous, vous avez un peu (plus) de temps pour déclencher l'humiliation grâce à un gros rond affiché au-dessus de sa tête. Si vous avez appuyé avant que votre adversaire ne vous tue, vous l'humiliez. Sinon, vous bénéficiez d'une "mort honorable" : un peu de points pour vous en mourant, et un très faible score pour votre assaillant. Si d'abord ce changement donne l'impression qu'Ubisoft a voulu faire plaisir aux joueurs novices, cela remet en réalité en cause votre façon de jouer. Vous cherchez à présent systématiquement à déclencher l'humiliation : dès que vous repérez un personnage louche, vous vous rapprochez jusqu'à voir l'icône idoine apparaitre au-dessus de sa tête. Mais attention, il est à présent possible d'humilier un passant, vous démasquant alors. Côté assassin, votre approche devra être encore plus fourbe qu'avant pour limiter votre détection par votre cible. Cela rend de fait le bonus "concentration" bien plus délicat à obtenir. Et cela vient en contradiction avec le renouveau de la jauge de discrétion : à présent, elle est par défaut faiblement remplie, puis augmente peu à peu tandis que vous êtes proche de votre cible ; cette dernière a du coup tout le loisir de vous repérer et de vous humilier ou de fuir. Au final, l'équilibre entre humiliation trop facile et jauge de concentration progressive n'est peut-être pas encore tout à fait idéal.

Une nouveauté bienvenue : pouvoir envoyer les bombes fumigènes au loin

L'évolution, c'est la Révolution sans en avoir l'air

Avec ses très belles cartes, le mode multijoueur d'Assassin's Creed Revelations a de quoi séduire. Quelques petits détails négatifs continuent cependant à alimenter les échanges des beta-testeurs : le temps d'attente avant de trouver une partie parfois très long ; la personnalisation des personnages reste pour le moment accessoire ; des bonus difficiles à obtenir suite à un remaniement de la jauge de discrétion ; la possibilité de tuer n'importe quel joueur sur la carte si on perd trop souvent... Notons également les prouesses des personnages pour grimper aux murs dignes d'un King Kong (mais pourquoi ?), des bonus d'échec un peu trop gros, ou encore l'extrême difficulté rencontrée pour jouer avec un ami dans une partie. Mais de nombreux petits détails rendent l'expérience plus agréable : votre personnage dissimulé dans un groupe avancera seul en cohérence avec eux ; le respawn ne vous emmène plus dans le lobby mais vous replace tout de suite dans le jeu, le choix des profils étant de fait plus rapide ; et dorénavant, vous débloquerez vos capacités selon vos choix, un système de monnaie virtuelle ayant été ajouté.

En tous cas, c'est avec une grande impatience que nous attendons le lancement du jeu, pour nous faufiler à travers la foule et vous atteindre avec une piqure de poison. Sournois mais efficace.