Call of Duty : Black Ops III

02 déc. 2015
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1
  • Éditeur Activision
  • Développeur Treyarch
  • Sortie initiale 6 novembre 2015
  • Genre First Person Shooter

Noir, c'est noir...

Il y a quelque chose d'éternellement naïf dans la vision qu'a Treyarch de sa licence. Ainsi, les manipulations inhérentes à Black Ops (et même, allons plus loin, aux Call of Duty modernes) sont comme des échos rappelant le lavage de cerveau subi par le joueur. Cela serait presque malin si le résultat était à la hauteur. Pourtant, à force d'y aller avec de gros sabots, le subterfuge ne prend plus - et il prenait déjà difficilement par le passé. Jamais aidé par sa narration bancale et ses éternelles incohérences, la série Black Ops se mue en triste joueur de poker, celui qui ne peut s'empêcher de bluffer au point que tous les individus présents autour de la table finissent par avoir un sourire en coin. Si Black Ops III aurait pu être intelligent, il ne l'est pas. Si son gameplay aurait pu être festif, il ne l'est pas, la faute à un rythme d'une monotonie affligeante. Oui, avec des "si" on refait le monde, mais on aimerait surtout refaire Call of Duty.

Call of Duty : Black Ops III voit le jour après un Advanced Warfare plutôt engageant, ce grâce à un gameplay renouvelé et une campagne solo divertissante. Treyarch va-t-il enfin sortir de sa réputation de développeur de sous-Call of Duty ?

L'histoire

Nous somme en 2065 c'est lors d'une mission ayant mal tourné vous perdez vos bras. Pas de chance, mais heureusement la technologie a bien progressé depuis le début du XXIème siècle. C'est ainsi que vous vous retrouvez, quelques années plus tard, avec deux bras robotisés et une interface neuronale vous permettant de vous connecter à toutes sortes de machines. Oui, c'est cadeau ! Alors que vous reprenez du poil de la bête avec votre équipe, vous apprenez que d'anciens soldats dirigés par un certain Taylor sont impliqués dans l'attaque d'un site sécurisé de la CIA. En parallèle, une organisation terroriste nommée les 54 Immortels prend toujours plus d'ampleur à Singapour...

Plus proche du nanar que d'autre chose, Black Ops III mélange une fois de plus les enjeux personnels des protagonistes (en l'occurrence l'équipe précédente) à ceux de la nation, voire du monde. C'est dommage de sans cesse tomber dans le même motif, un peu comme cette approche du terrorisme qui reste tout ce qu'il a de plus simpliste. Les mauvaises langues iront jusqu'à dire qu'il est absolument incroyable de voir autant d'argent être gaspillé pour inclure des acteurs de série reconnus (Christopher Meloni, Katee Sackhoff, etc.) tout en osant nous proposer un scénario au traitement si anecdotique.

C'est d'autant plus regrettable quand on voit la plastique du jeu, très réussie et qui montre que la série s'ancre une bonne fois pour toute sur la dernière génération de consoles. Côté doublage, on tombe toujours dans les travers de la série, avec des dialogues écrits avec les pieds. Entendre des mecs aligner les "fils de pute" ou les "connards" durant certains dialogues donne à coup sûr un côté putassier au titre (les ados trouvent probablement ça cool...), surtout que le scénario est assez brouillon pour en plus y ajouter des grossièretés sans raison apparente. L'art de la punchline, ça s'apprend.

Végétation, Asie, forêt enneigée, complexe dans le désert... Le cahier des charges est rempli.

Le principe

Comme on pouvait s'y attendre, Black Ops III reprend les bases posées par Advanced Warfare. Si cela est agaçant, c'est parce que le ressenti redevient le même qu'autrefois : un développeur donne le "la" tandis que l'autre se contente de suivre la voie. A peine sortis de la routine grâce au jeu de Sledgehammer Games que nous retombons dedans avec Black Ops III. Pourtant, les développeurs de Treyarch ont essayé d'apporter deux/trois éléments de gameplay.

Reprenant les nouveautés apportées par l'exosquelette ayant fait le succès de l'épisode précédent, Black Ops III y ajoute quelques fonctionnalités. Plus mobile (vous pouvez courir sur les murs au sein d'environnement un peu plus ouverts), ce dernier permet désormais d'activer diverses capacités influant sur le gameplay. De la prise de contrôle de tourelles ou de drones au fait de pouvoir faire s'autodétruire des robots, les possibilités sont relativement nombreuses.

Malheureusement, Black Ops III confond deux diversités. Si celle inhérente au gameplay est présente, celle concernant la structure même des missions est aux abonnés absents. Quand Advanced Warfare savait varier les rythmes en imposant de l'infiltration, des passages secondaires mais aussi des moments de calme et de mise en scène, Black Ops III se contente généralement d'enchainer de l'action non-stop.

Certes, des passages annexes (véhicules, infiltration ratée, etc.) restent présents, mais le ressenti est tout autre : les vagues d'ennemis s'enchaînent comme les coups de feu. En résulte l'impression de participer à un simple spectacle abrutissant, où la seule question que vous vous posez est la suivante : "Est-ce enfin fini ?" Un constat d'autant plus dommage quand on voit que le titre incorpore une certaine variété en matière de gameplay.

Vous pouvez activer votre interface neuronale pour voir les dangers ennemis vu par votre équipe.

Le multi

Passons rapidement sur le multijoueur "classique", celui-ci reprenant avant tout les éléments d'Advanced Warfare en y ajoutant des courses sur les murs et un système de Spécialistes (des soldats avec des armes exclusives), pour se concentrer sur le célèbre mode Zombie dont certains joueurs sont particulièrement friands. Celui-ci propose son propre pitch (enfin deux, pour être précis), et sa propre diégèse : des personnages rompus aux crimes se retrouvent à devoir affronter des zombies. Principale nouveauté, le mode intègre un système d'expérience et de bonus qui lui est propre, à l'instar du multi mais aussi de la campagne (jouable en coop' jusqu'à quatre).

Des acteurs ont aussi été modélisés pour le mode Zombie. Ici Ron Perlman (Sons of Anarchy, Hellboy).

Pour qui ?

Black Ops III peinera à convaincre les joueurs. Sur PlayStation 4, ceux qui n'ont pas joué au précédent volet peuvent trouver ce dernier pour une vingtaine d'euros, et profiter d'une campagne tout de même plus divertisssante. De même, il ne faut pas oublier un titre comme Wolfenstein : The New Order, excellent sur bien des points même si moins clinquant graphiquement. Et les joueurs Xbox One peuvent même ajouter à cette liste un Halo 5 certes décevant mais toujours plus engageant que ce Black Ops, que ce soit en multi ou en solo.

Vous retrouvez sans surprise les phases où il faut protéger un camarade pendant qu'il est occupé.

L'anecdote

A quoi reconnaît-on un bon divertissement ? Probablement au fait de ne pas s'ennuyer. Black Ops III procure parfois une drôle de sensation. En effet, il est intéressant de s'intéresser à l'inutilité de la mort ludique dans certains jeux, et en particulier dans ce volet. A force de monotonie, la faucheuse a un effet étrange sur le joueur. Vous tirez, vous mourrez, vous réapparaissez quelques secondes plus tôt grâce au checkpoint, vous tirez, vous mourrez... Et cela ne vous dérange jamais outre mesure. Ainsi, le jeu implique une passivité étonnante, comme devant un mauvais film regardé du coin de l'œil en faisant son travail. Il faut dire que le jeu ne change que rarement de rythme et se contente d'utiliser des artifices à outrance, comme ces nombreux robots et méchas à affronter fréquemment, et souvent avec la même mécanique (trouver un bazooka, affaiblir le bouclier, tirer deux roquettes, recommencer). Des soldats robotisés qui auraient d'ailleurs gagné à être utilisés avec parcimonie pour augmenter la tension, un peu comme les Skulls dans Metal Gear Solid 5.
Les Plus
  • C'est joli
  • Une campagne longue (voire trop longue)
  • Le mode zombie et le multi qui plaira toujours aux adeptes
  • Un mission ou deux qui sortent un peu du lot
Les Moins
  • La manipulation nulle pour les nuls
  • Des bons sentiments en veux-tu en voilà trop
  • Un jeu qui ne sait toujours pas changer de rythme (même en comparaison d'Advanced Warfare)
  • Au point de devenir abrutissant
  • Un titre qui surfe toujours trop sur le passé
  • Des éléments pas assez exploités (courses sur les murs, etc.) et d'autres beaucoup trop (les robots).
  • Le pire, c'est qu'on a l'impression que ça aurait pu être bien, avec un peu de jugeotte