Pariah

28 juin 2005
Testé par sur
Disponible sur
2

Pariah est certainement à réserver aux amateurs du genre prêts à expérimenter la délicieuse sensation que l’on nomme déjà-vu. Ceux-là n’auront peut-être pas le temps de s’ennuyer, étant donné la durée de vie du jeu. Les autres retrouveront des mécanismes classiques, sans réelle innovation, et ne se laisseront probablement pas séduire par Karina et le docteur Mason. A moins qu’ils ne pratiquent le multijoueurs, très bourrin, mais où le système d’amélioration d’armes fonctionne pas mal du tout : lorsqu’on abat un adversaire, on peut récupérer son bonus d’amélioration d’arme, ce qui intègre une forme d’expérience gagnée en pleine partie, que l’on utilise sur l’arme de son choix. De même l’éditeur de map est un exemple d’ergonomie, on regrettera uniquement la pauvreté du nombre d’éléments différents plaçables.

Et pour ceux qui veulent se mettre au fps, la trinité Far Cry, Doom 3 et Half-Life² reste indétrônée. Il manque à Pariah le level-design du premier, l’ambiance du second ou l’immersion du dernier.

Pariah. C’est un drôle de nom Pariah quand même. Qui c’est le Pariah ? Est-ce Jack Mason, le docteur, dont le vaisseau spatial s’écrase comme une fleur sur Terre alors qu’il accompagne une captive dans un centre de détention pour jeunes femmes romantiquement infectées ? Oui bien est-ce cette fille qu’il accompagne, que les autorités rejettent parce qu’elle pourrait contaminer la population galactique ? Ou encore le jeu lui-même, rejeté de la cour des grands fps pour son manque d’innovation ?

La lumière en extérieur est très bien rendue

Va falloir annuler tes rendez-vous, doc !

Comme on peut s’en douter, nous interpréterons le médecin, qui va passer son temps à traquer sa patiente échappée, oscillant entre complicité et antagonisme, dans une intrigue futuriste pas vraiment palpitante : 2052, la Terre héberge Anvil, le centre pénitencier le plus couru de la galaxie. Karina est touchée par un virus étrange, et Jack Mason, médecin militaire, est chargé de l’escorter jusqu’au centre de détention, lorsque leur vaisseau d’écrase laissant la captive s’échapper. On passe d’un décor champêtre presque joli à un univers carcéral assez morne sans s’en rendre compte en dézinguant tout ce qui bouge, geôliers et prisonniers, sans faire dans le détail. Alors oui, elle est mignonne la fille, oui c’est triste d’être malade, mais bon, ça fait pas un scénario ça. Et vu que c’est présenté par l’intermédiaire de cinématiques aliasées, qui rament alors que le jeu lui-même ne rame pas, et que les personnages ont une fâcheuse tendance à regarder dans le vide, c’est plutôt pénible. Mais le pire, c’est qu’on doit se taper les introductions sans pouvoir les passer à chaque fois qu’on meurt. Rageant.

Le "soigneur" permet de récupérer de la vie

Si tu veux un câlin, va voir ta mère !

Non, le vrai bijou en termes de d’immersion narrative dans Pariah, ce sont les dialogues : on retrouve avec nostalgie la répartie de nos camarades d’école primaire : "Si tu veux un câlin, va voir ta mère", "Jacques a dit..." , etc. Ceci dit, ces répliques sont tout à fait représentatives du niveau intellectuel des adversaires : on rencontre dans le jeu des ia qui nous balancent des grenades dessus, et qui au moment où l’on s’écarte, prennent notre place... Ainsi le jeu se résume souvent à se tenir suffisamment loin des ennemis pour qu’ils ne nous remarquent pas, et à les aligner au snipe tandis qu’eux s’alignent gentiment dans notre ligne de mire. Ou alors à faire sauter les barils explosifs auprès desquels les ennemis tapent systématiquement la discute. L’un des moments vraiment rigolos nous invite à parcourir un dénivelé, les ennemis provenant d’en bas, tandis que ces idiots ont disposé des barils explosifs à l’horizontale, prêts à dévaler la pente dans leur direction. Comme quoi, Pariah ne s’est pas départi de ses préjugés envers les gardiens de prison.

Une amélioration du fusil de sniper permet de passer en vision thermique

Jacques a dit : tu vas crever, minable !

Au-delà de ces quelques défauts, Pariah n’est pas exempt de qualités : par exemple, les développeurs ont eu la gentillesse de ne pas nous importuner avec une aventure durant plus de sept heures en mode solo. On se dit que c’est amplement suffisant comme ça, que de toutes façons on a vu toutes les possibilités déclinées au bout de deux heures. Pour varier, on peut diriger non pas un, ni deux, mais trois véhicules différents au cours de l’aventure (d’accord ils se ressemblent beaucoup, mais bon) et des séquences d’anthologie parsèment le parcours du joueur. On se souviendra de la scène ou l’on manipule une mitrailleuse lourde à bord d’un train en marche, et où l’on nous indique de "détruire les véhicules volants" : de gros engins patauds avancent lentement vers nous, mais bien heureusement on est invincible tant que l’on est aux commandes de la mitrailleuse. Le "véhicule volant" ne reste pas assez longtemps dans notre champ de vision une fois sur deux, de telle sorte qu’on ne peut tous les descendre. Pas grave ! Ils se barrent d’eux-mêmes, dépités de ne pouvoir nous toucher ! Y a qu’à se débarrasser des trois gus qu’ils lâchent, et hop, le tour est joué.

Les ennemis sont bien plus bêtes qu’ils n’en ont l’air

Si tu veux abréger tes souffrances, c’est toi qui vois, doc !

Plus sérieusement, il y a de bonnes idées dans Pariah : un système d’amélioration d’armes permet de faire évoluer le panel des actions sans se retrouver avec une liste interminable d’armes différentes. On choisit quelle arme faire évoluer en pleine partie en fonction des bonus trouvés, ce qui est une idée intéressante. De même la gestion de la vie se fait par consommation d’énergie de ce qu’ils appellent un "soigneur". Cela rythme l’action, entre arrosage et rechargement de la vie. La bande-son n’est pas mauvaise non plus, essayant d’insuffler un souffle épique à l’action, mais certaines erreurs impardonnables demeurent, comme la boucle d’alerte totalement insupportable dans le dernier complexe, et le doublage plutôt ridicule.

Dans Pariah, les médecins ne font pas que des frappes chirurgicales

Tu vas regretter d’être venu au monde !

Somme toute, nous avons là un jeu qui n’innove sur quasiment aucun point, et qui porte pour fardeau une ia inachevée. Le level design est grossier, l’intrigue ne commence à devenir intéressante qu’à la toute fin, les protagonistes manquent de charisme. On n’a pas un résultat injouable, mais on a le sentiment qu’il a manqué beaucoup de temps aux développeurs pour proposer quelque chose qui puisse différencier Pariah de la concurrence. Par exemple certains éléments de décor en béton sont destructibles au début du jeu : mais arrivé à certain niveau de destruction, plus rien ne se passe, et plus tard dans la partie on ne peut plus endommager le décor...
Les Plus
  • Le système d’amélioration d’arme
  • Les répliques des adversaires dignes d’un nanard
  • Le "soigneur"
Les Moins
  • L'I.A.
  • L'absence de charisme des personnages
  • Le manque de nouveauté
  • Les cinématiques à se retaper quand on perd