Rare Replay

13 août 2015
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Rare
  • Sortie initiale 4 août 2015
  • Genre Inclassable

Un précieux trésor

N'en déplaise à certains, après Halo : The Master Chief Collection, Microsoft prouve qu'il sait y faire avec les compilations. Ainsi, Rare a chouchouté ce Rare Replay au point de le rendre indispensable. Il s'agit autant d'un bout d'histoire vidéoludique que de jeux qui ont souvent gardé toute leur saveur. Avec son interface à la fois classieuse et pratique, Rare Replay propose un voyage dans le temps mais aussi dans l'espace, comme lorsque vous vous retrouvez propulsé au sein du studio pour des interviews toutes plus passionnantes les unes que les autres. Une carotte habilement mise au service de la progression, qui vous pousse à explorer ce bout d'histoire, et que l'on aimerait voir utilisée dans chaque compilation de ce type.

C'est à la surprise de tous que Rare Replay a été annoncé par Microsoft au printemps dernier, pour une sortie en ce mois d’août. Avec trente jeux estampillés Rare s'étalant de 1983 à 2008, le menu était alléchant. Qu'en est-il au final ?

Le principe

Avant de parler des jeux présents dans cette compilation, attardons nous sur ses entrailles, et voyons notamment ce en quoi consiste - concrètement - Rare Replay. Ainsi, il s'agit avant tout d'une interface donnant accès à une bonne partie des titres du développeur. Comprendre par là que si Rare Replay vous propose des portages adaptés à votre écran plat, il semble aussi être une vitrine pour la rétrocompatibilité fraichement annoncée par Microsoft. En effet, si vous lancez un jeu disponible sur Xbox 360, vous remarquerez que vos données se synchronisent avec le cloud de l'ancienne console de la firme. Chose amusante : les succès déverrouillés apparaissent donc comme à l'époque et il en va de même pour la connexion au Live.

Bien qu'il intègre des jeux inédits, Rare Replay est donc avant tout une interface classieuse vous offrant tout à portée de joystick. Vous vous baladez dans la galerie de jeux en toute simplicité, et il est possible d'accéder aux manuels via l'interface Xbox One. À ce sujet, dommage que Rare n'ait pas inclus les notices d'antan, comme l'ont fait par le passé des jeux comme Atari Anthology. C'est d'autant plus gênant que les commandes auraient pu être présentes sur l'écran de sélection des jeux, ce qui aurait évité de perdre du temps à attendre que le menu Aide de la Xbox One apparaisse. C'est bien le seul "reproche" que l'on puisse faire au programme qui nous est proposé, surtout que des bonus en tous genres ont le mérite d'être présents. Des interviews abordant l'orientation du studio aux musiques inédites, en passant notamment par des projets avortés ou les incontournables making of, tout y est. Un vrai plus, réellement passionnant.

Les bonus de cette compilation constituent assurément l'un de ses plus grands atouts.

Le contenu

Malgré le fait que les vidéos bonus soient sous-titrées, sachez que les jeux présents dans cette compilation ne sont disponibles qu'en anglais (sauf ceux sortis sur Xbox 360). Ainsi, il vous faudra apprécier la langue de Shakespeare pour profiter, par exemple, de l'humour de Conker's Bad Fur Day. A contrario, sachez que les jeux N64 ont été lissés, et c'est probablement avec un certain plaisir que vous verrez disparaître le brouillard si caractéristique de la console de Nintendo. Les jeux qui profitaient à l'origine d'une option 16/9 (Jet Force Gemini notamment) peuvent aussi être mis en plein écran. Sans cela, vous aurez le choix entre les habituelles bandes noires ou des illustrations plutôt jolies qui égayent l'écran (un peu comme pour certains Blu-ray Disney). De même, les jeux qui bénéficiaient d'un son 5.1 ou surround conservent ces options. Globalement, vous voila face à une collection bien léchée.

Vous pouvez activer l'option 16/9 dans Jet Force Gemini.

Les années 80

Côté jeu, cette compilation est pour le moins généreuse et offre une vision plutôt crédible de la trajectoire du studio. Si les jeux à licence ou propres à Nintendo ne font évidemment pas partie du lot, le titre ne s'affranchit pas pour autant des jeux cultes. À quoi reconnaît-on un grand jeu ? Quand il possède encore un cachet artistique ou, plus pragmatiquement, quand il ne souffre pas des affres du temps. Au rayon des 80's, on retiendra ainsi des jeux comme Jetpac ou R.C. Pro-Am. Le premier vous fait contrôler un astronaute devant récupérer des parties de son vaisseau tandis que le second est un jeu de course semblable au célèbre Micro Machines.

Bien que difficiles, des jeux comme Sabre Wulf et Knight Lore tirent également leur épingle du jeu. A l'inverse, des titres comme Underwurlde ou Gunfright (un jeu de western avec une vue isométrique à se tirer une balle) auront toutes les chances de vous faire balancer votre manette contre un mur. Globalement, cette période est autant représentative de l'époque que de l'évolution notable du jeu vidéo, et même si certains jeux auront raison de vous au bout de quelques minutes, force est de constater que l'expérience reste on ne peut plus instructive.

De nos jours, Cobra Triangle est un calvaire témoignant des soucis de caméra de l'époque.

Les années 90

Pour leur part, les années 90 ont été marquées par des jeux comme Battletoads et sa version Arcade (plus violente et qui n'a pas pris une ride). Il s'agit ici d'un beat'em all peut-être pas aussi millimétré qu'un Street of Rage mais avec une nervosité qu'il fait bon de retrouver en 2015. De même, évoquons également Killer Instinct Gold et ses décors en 3D ou le célèbre Banjo-Kazooie (ses suites sont aussi de la partie).

Les années 90 sont en plus l'occasion de constater l'évolution du jeu vidéo et les partis pris liés à l'arrivée d'éléments comme la 3D. Ainsi, Jet Force Gemini s'apparente désormais à un terrible calvaire, notamment en raison d'une utilisation du deuxième stick plus que complexe. De même, vous pesterez parfois contre le manque de précision de certains jeux. C'est notamment le cas de Conker's Bad Fur Day sur lequel nous reviendrons après une courte page de... euh, après un changement de paragraphe.

Aujourd'hui méconnu, Blast Corps vous permet de jouer les démolisseurs et reste très amusant.

Les années 2000

Conker's Bad Fur Day, donc, nous revient dans Rare Replay avec sa mouture N64. Comme dit précédemment, il vous faudra comprendre l'anglais pour apprécier les dialogues du jeu, toujours aussi drôles, graveleux et subversifs. Côté gameplay, le titre a plutôt bien vieilli en dépit de quelques soucis de caméra ou de collision. Mais ne vous y trompez pas, les années 2000 sont surtout l'occasion de revivre l'ère Microsoft. À ce sujet, vous constaterez - avec une certaine surprise diront les plus médisants - que les dernières productions du studio ne sont pas fondamentalement plus mauvaises que les anciennes.

Si Kameo est toujours d'une (fausse) complexité agaçante, des jeux comme Viva Pinata ou Banjo-Kazooie : Nuts & Bolts rappellent la réputation du studio (qui a souvent été comparé à Pixar). Il est toutefois dommage que le sympathique Kinect Sports Rivals ne soit pas présent dans la collection. S'il est récent, il reste une pièce symbolisant à elle seule un bout d'histoire d'un studio qui s'est un temps tourné vers Kinect.

Sous-estimé en son temps, Grabbed by the Goulies (2003) se voit offrir une belle cure de jouvence.

Le multi

Rare Replay conserve aussi les modes multijoueurs des différents jeux. De ce fait, il est possible de jouer à Slalom ou à Conker's Bad Fur Day à plusieurs, et il en va de même pour des titres comme Perfect Dark et son successeur. En plus de cela, Rare Replay propose également des défis vous demandant de remplir des objectifs inédits dans une sélection de jeux. Vous devrez par exemple récupérer 28 étoiles dans une course de R.C. Pro-Am ou faire tel temps dans Slalom.

Avant de jouer au multi local de Killer Instinct Gold, pensez à vous entraîner.

Pour qui ?

Rare Replay est avant tout un bout d'histoire. Cette compilation vous permet autant de suivre la trajectoire du studio que de contempler l'évolution du jeu vidéo. En ce sens, la réputation de Rare a son importance. Difficile, par exemple, de mettre les soucis de caméra inhérents aux productions N64 sur le dos du développeur, les jeux en question ayant été salués par la critique et les joueurs en leur temps. Ainsi, Rare Replay témoigne de ce genre de choses, qu'il s'agisse de l'apparition de la profondeur dans les jeux ou de la difficulté qu'ont eu certains studios à poser les bases liées à la 3D. Les interviews toutes passionnantes confirment ce ressenti. Rare Replay se destine donc avant tout à ceux qui comprendront la signification d'une telle collection de jeux, certains titres ayant inévitablement pris un coup de vieux.

Dire qu'il y a quelques années, l'excellent Viva Pinata coûtait 69 euros... Vous savez quoi faire.

L'anecdote

De plus, impossible de ne pas parler du prix de cette compilation. Il faut avoir conscience que certains jeux sont encore vendus à des prix exorbitants. Par exemple, il vous faudra débourser pas moins de 120 euros pour dénicher une cartouche seule de Conker's Bad Fur Day sur internet. Autant dire que pour une trentaine d'euros, Rare Replay est l'opportunité, pour les joueurs peu fortunés, de se procurer de précieux trésors.
Les Plus
  • Pas mal de jeux qui n'ont pas (ou peu) vieilli
  • Une interface qui apporte beaucoup
  • Des bonus véritablement passionnants
  • Le multi au rendez-vous
  • Quelques bonnes surprises (Blast Corps, la refonte de Grabbed by the Goullies, etc.)
  • La présence de jeux 360
  • Un bout d'histoire
  • Le prix imbattable
Les Moins
  • L'absence de Kinect Sports Rivals
  • Certains titres non localisés pour l'occasion
  • L'accès aux notices, un peu longuet