Painkiller Black Edition

06 avr. 2005
Testé par tHe_MaN sur
Disponible sur

En ajoutant à tout ça l’extension Battle out of Hell, qui va encore plus loin dans l’ambiance angoissante, on obtient au final un First Person Shooter de très haut niveau, qui s’adresse avant tout à des hardcore gamers. La maniabilité quasiment parfaite du mode multijoueur fait que le débutant sera très vite rebuté par les parties en ligne, tandis que le mode solo, malgré la très grande variété d’ennemis, paraîtra rapidement répétitif à ceux qui recherchent un peu plus qu’une tonne d’ennemis qui vous foncent droit dessus sur lesquels se défouler à grands coups de fusil à pompe. Ce n’est en tout cas pas le scénario qui attisera la curiosité du joueur occasionnel, à l’exception près de l’apparition d’Eve à demi-nue dans les cinématiques entre chaque acte – il ne s’agit pas ici d’un Doom 3.

Un Painkiller, de l'autre côté de l'Atlantique, c'est un calmant. Sauf que là, ce Painkiller Black Edition nous vient tout droit de la Pologne, et que c'est tout sauf calme. Entre monstres à gogo, multijoueur qui va à la vitesse de la lumière, et making-of longuet, voici le portrait d'une édition collector qui vous fera oublier celle de Ghosts of Mars.

Une black box… noire

Ce n’est maintenant plus vraiment nouveau, le phénomène du « collector » ayant dépassé les limites des films en DVD et s’aventurant aujourd’hui en masse dans le domaine des jeux vidéo. Ainsi, les éditeurs espèrent principalement que ce n’est pas seulement le CD ou le DVD contenu à l’intérieur de la boîte qui fera vendre, mais aussi la boîte, et tous les petits accessoires qu’on trouvera avec sur le DVD pour étendre notre « expérience de jeu » de joueur. Donc dans ce Painkiller édition noire, on trouvera la boîte noire qui fera jolie sur les étagères (entre celle de l’intégrale de La petite maison dans la prairie et le coffret Petit ours brun), et un DVD qui contient le jeu original, son extension Battle Out of Hell, sans oublier un vrai making of sur l’équipe de People can Fly, basée en Pologne. Ah, et il y a aussi le trailer Xbox et une vidéo du groupe ayant interprété la musique dudit trailer.
 

On va vite aux choses sérieuses

On s’en doutait, mais là c’est très clair : un making of pour un jeu vidéo, ça n’a quasiment aucun intérêt. Dans celui-ci, on a droit a une très légère scénarisation – la caméra suit un bonhomme avec veste en cuir figurant le héros de Painkiller qui va interviewer un à un les membres de l’équipe de développement. Alors oui, on apprend que nombre des bâtiments du jeu sont inspirés de bâtiments réels, qu’ils ont dû beaucoup réfléchir pour inventer les monstres de chacun des niveaux, et bla bla bla, mais passons plutôt au jeu lui-même. A cette étape, vu que le jeu original est sorti il y a près d’un an, on a déjà entendu quatre mille fois que c’est une tuerie, que ça roX sa Maman, et que c’est un jeu officiel pour les Cyberathletes Extreme Championship. Voyons ça en détails.
 

Kill kill kill

Painkiller, c’est du gros FPS pur et dur, où l’on se retrouve face à une marée d’ennemis assoiffés de votre sang sans se soucier de donner une quelconque justification un peu poussée à tout cela, un fusil à pompe représentant généralement une fin en soi. Reste qu’on apprend tout de même dans la vidéo d’introduction que le héros est mort dans un accident de voiture, et qu’il est condamné par l’un de ces commanditaires invisibles comme il y en a tellement (là il s’agit de Dieu) à se racheter en éliminant des personnalités de l’Enfer. Dans la pratique, ça nous donne des tonnes d’environnements variés, chacun avec sa population d’âmes tourmentées et de démons qui lui est propre, et vous au milieu de tout ça pour faire le ménage. Ménage qui se fait avec un arsenal d’armes variées, quasiment toutes dotées de deux modes de tir pour faire gicler les membres sanguinolents sur la plus longue distance. Les armes sont variées, du traditionnel fusil à pompe jusqu’au lance-shuriken en passant par le lance-pieux, et permettront d’apprécier le nettoyage de monstres selon vos affinités.
 

De l’horreur par camions

Reste qu’au delà de ce bourinage maison, on a aussi droit à une large couche d’ambiance tirée des survival horrors. Cela ne veut pas dire qu’on passe plus de temps à examiner chaque recoin sombre pour s’assurer qu’un monstre ne s’y cache pas qu’à bâcher du monstre, non non on trucide bien du monstre par centaines, mais reste que les décors plongent dans une ambiance distinctivement oppressante. Rien à voir avec un Serious Sam où le cinquante-et-unième degré est présent à tous les coins de level, non, là on navigue en plein univers sinistre d’un Polonais bourré à la vodka. Le résultat, c’est qu’on avance pas du même pas assuré que dans le tout venant du FPS. Malgré le fusil à pompe on ne peut plus efficace – mention spéciale à la cadence de feu, qui relève de la perfection – et les munitions à gogo, ce n’est pas toujours de gaieté de cœur que l’on avance.
 

Réveiller le démon qui sommeille en soi

Quand on parle de centaines de monstres, c’est littéralement des centaines de monstres, et c’est très rarement que l’on se retrouve sans cible à allumer. Et l’objectif de la véritable boucherie que l’on déclenche, outre de faire voler les membres ensanglantés, c’est de récupérer les âmes des monstres vaincus, sortent de power-ups qui redonnent un point de vie, et qui, surtout, permettent la transformation en démon. Une fois 66 âmes collectées dans un niveau, votre carte vidéo régresse tandis que votre framerate progresse, à vous les joies de la vie d’un démon. Le décor passe du 16,8 millions de couleur au 256 couleurs des niveaux de gris, les ennemis prennent une teinte chaude, et votre vitesse augmente considérablement tandis qu’un gentil effet de persistance vous donne l’impression d’être passé à un écran LCD avec une seconde de temps de réponse. En termes de jeu, on tue les ennemis en un seul coup. Oui, c’est très jouissif.
 

Démon contre démon

Cette vitesse du mode démon, on la retrouve dans le mode multijoueur. Dès que l’on se lance dans l’écran de recherche de parties Internet, un constat s’impose : l’énorme majorité des serveurs ne propose que des parties en duel, et l’énorme majorité de ces duels se jouent sur une unique carte, DM_Sacred. Qu’est-ce que cette carte a de merveilleux ? Deux lance-roquettes, un décor médiéval en ruines, et voilà, c’est parti, on se frite la gueule jusqu’à plus soif. Tellement que pour le débutant c’est une boucherie immédiate et sans appel, et qu’il faudra plutôt chercher l’un des plus rares serveurs de baston en équipe pour pouvoir se faire la main, compte tenu de la différence de gameplay entre le solo et le multi qui est vraiment sensible. En tous les cas, le multi répond au doigt et à l’œil, une vitesse optimale de déplacement, une action qui ne s’arrête pas, des ennemis tout en rouge clairement identifiés pour qu’on sache bien où il faut tirer, et donc après beaucoup de persévérance, sur un malentendu, on peut y arriver.
Les Plus
  • La transformation en démon
  • La diversité des monstres
  • On ne réfléchit pas
Les Moins
  • Le multijoueur beaucoup trop orienté duels
  • On ne réfléchit vraiment pas
  • La lenteur relative du mode solo, qui ne prépare pas du tout au multi