Splatoon

09 juin 2015
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Nintendo
  • Sortie initiale 29 mai 2015
  • Genre Action

Avec colorant, sans conservatisme

Et si Splatoon était le principal concurrent de Halo 5 : Guardians (pour ne citer que lui) ? C'est la question que l'on finit par se poser. Dans un monde où le contenu prime à la fois sur le concept et l'équilibre de jeu, Nintendo nous rappelle qu'on ne rigole pas avec les nouvelles licences. C'est coloré, plutôt joli et incroyablement fun. Plus que cela, le jeu propose une expérience en ligne digne des plus grands. Quand certaines séries (comme celle de Microsoft) voient la compétitivité de leur multi être mise au second plan, Nintendo, lui, resserre les boulons. Et autant être clair, on préfère quand le constructeur fait cela plutôt que de voir Mario être décliné à tort et à travers sur l'eShop. Un des jeux de l'année.

Splatoon est sorti du chapeau de Nintendo alors qu'on ne s'y attendait pas. Un shooter multijoueur, voilà qui dénote avec les ambitions habituelles de la firme. Heureusement que les couleurs étaient là pour nous rappeler qu'il s'agit bien d'un jeu Nintendo. Mais surtout, une fois la Wii U allumée, force est de constater que le géant japonais sait toujours révolutionner un genre quand il le souhaite.

L'emballage

Pas la peine d'évoquer le scénario de Splatoon : celui-ci se résume à une vague histoire de poisson géant disparu, alors que ce dernier fournissait la ville en électricité. Non, il s'agit juste d'un prétexte à exécuter des missions sur lesquelles nous reviendrons plus tard. En revanche, le jeu possède un vrai cachet visuel, qu'il s'agisse des avatars que vous contrôlez ou des équipements que vous pouvez leur assigner. Splatoon fait un peu penser à une version pop de Jet Set Radio (pour son cachet graphique et culturel), un mélange étrange entre le jeu de SEGA, Ratchet and Clank, De Blob et évidemment Super Mario Sunshine. Un jeu finalement unique en son genre.

Le jeu se joue au GamePad. Très précis grâce au gyroscope, il permet aussi de voir la carte.

Le multi

Autant être clair, Splatoon prend toute sa saveur en multijoueur. Vous retrouvez le savoir-faire de Nintendo en matière de game design, avec une sorte de shooter édulcoré. Tout est question de couleurs : vos armes (pistolets, mitrailleuses, rouleaux, etc.) tirent de la peinture qui recouvre le sol. Le mode multi se résume donc à des batailles en 4 contre 4, dans lesquelles l'objectif est de peindre le plus de surface possible. Évidemment, votre peinture est susceptible de recouvrir celle de l'adversaire et vice versa, et il vous est même possible de tirer sur les opposants afin de les éliminer et de les faire revenir à leur base. De plus, il est possible de vous transformer en calamar, et ainsi de nager dans votre propre peinture, à la fois pour recharger votre arme, pour vous déplacer plus vite et pour vous dissimuler. Se transformer, c'est aussi la possibilité pour vous de grimper en hauteur pour peu que vous badigeonniez les murs de peinture.

Autant vous dire que le concept est fort, inédit et parfaitement mis en pratique. Même l'équipement déblocable au fil des grades (chaussures, t-shirts, casquettes, armes...) n'entache en rien l'équilibre de jeu, tout comme les tirs annexes et les quelques capacités disponibles. Certes, Splatoon se concentre sur un seul mode de jeu, mais celui-ci est si bien calibré qu'on ne saurait lui en tenir rigueur. Les parties s'enchaînent, et il ne serait pas étonnant que cela dure un certain nombre d'années. C'est d'autant plus vrai que des mises à jour en rafale sont prévues, histoire de donner un peu plus d'envergure et de vie sur la longueur. La semaine suivant sa sortie, Splatoon a par exemple vu arriver une arme singulière : le célèbre zapper NES, ainsi qu'un mode Pro basé sur la capture d'une zone plus restreinte.

Certaines armes secondaires sont plutôt originales.

Le solo

Splatoon dispose aussi d'un mode solo, qui se limite à de niveaux vous faisant affronter les aliens-poulpes ayant enlevé le fameux poisson géant. Bien sûr, des boss plutôt amusants sont présents et les missions restent particulièrement inventives, mais ce pan du jeu reste tout de même loin de l'effervescence du multijoueur. Egalement intéressante, la compatibilité avec les amiibo (estampillés Splatoon) permet de débloquer des défis au sein des niveaux afin, cette fois, de déverrouiller des équipements exclusifs. Un plus sympa et qui fait office de carotte, surtout que le solo n'apporte malheureusement aucun gain d'expérience à votre protagoniste.

Dommage : il n'est pas possible de faire des matchs en local, juste de s'adonner à un mini-jeu.

Pour qui ?

C'est la force de Splatoon : rassembler. Le jeu séduira autant les joueurs aguerris que les débutants. Cela est dû à plusieurs chose - notamment l'aspect coloré et le principe même du tire - mais surtout à la simplicité du didacticiel et l'aisance ressentie lors des premières partie. Le jeu vous guide sans jamais effrayer, avec des inscriptions ou des conseils d'une simplicité enfantine ("Vous devriez faire ceci, faire cela..."). À vrai dire, on s'imaginerait même jouer à Splatoon avec notre famille, en plus des habituelles affrontements à haut niveau sur internet.

Les cartes constituent assurément l'une des forces du jeu, à la fois variées et stratégiques.

L'anecdote

Splatoon est pour le moins addictif. Nintendo a tout fait pour rassembler tout le monde autour de son jeu de tir multijoueur. Ainsi, le tutoriel est d'une simplicité enfantine et, une fois celui-ci passé, il vous est conseillé de vous lancer directement dans quelques parties en ligne. C'est alors que les parties défilent sans que vous vous en rendiez compte, toujours obnubilé par les paroles du didacticiel : plus votre niveau monte, plus vous pourrez personnaliser votre avatar. Une partie, deux parties... vingt parties. Le compte est bon !
Les Plus
  • Un concept fort
  • Un univers qui se démarque
  • Un équilibre de jeu comme on en voit rarement de nos jours
  • Un début d'expérience engageant
  • L'équipement en guise de carotte
  • Un multi diablement accrocheur
  • Des amiibo plutôt utiles
  • Des boss et des missions inventifs
Les Moins
  • Un intérêt forcément plus limité en solo