Bladestorm : Nightmare

30 mars 2015
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Comme un cauchemar revenant vous hanter

Ni fait, ni à faire, voilà comment nous pourrions définir Bladestorm : Nightmare. Un titre obsolète sur tous les plans, et dont l'existence même suscite des questions. Comme les démons apparaissant subitement dans son mode Nightmare, le jeu de Tecmo Koei semble tout droit sorti d'une faille temporelle. Même à l'aube de l'ère PlayStation 2, époque de laquelle il semble s'être extirpé pour venir nous hanter, Bladestorm : Nightmare n'aurait pas laissé un souvenir mémorable, la faute à ses multiples problèmes de gameplay (mécaniques vieillottes, caméra aux fraises, système de ciblage à revoir, etc.). Même le cadre de la guerre de Cent Ans et ce qui l'accompagne - à savoir l'écriture et les doublages - n'auront aucune chance de convaincre les joueurs les moins regardant. Non, vraiment, impossible de comprendre la sortie d'un tel titre.

Drôle d'idée que de sortir Bladestorm : Nightmare, sorte de mouture next-gen d'un titre datant de 2007 et se déroulant durant une guerre de Cent Ans fantasmée, dont seuls les japonais ont le secret. Au programme : incohérences, réalisation au rabais, gameplay désuet... Bref, rien de bon.

L'histoire

Bladestorm : Nightmare est scindé en deux parties distinctes. D'un côté, une campagne vaguement inspirée de la guerre de Cent Ans et issue de l'épisode d'origine. Dans ce mode, vous contrôlez un mercenaire préalablement créé et prenez part aux différentes batailles opposant les Anglais aux Français. À vous de choisir votre faction, sachant que vous avez tout intérêt à faire durer les hostilités en alternant les camps, notamment pour glaner de l'expérience plus facilement. Comme vous pouvez vous en douter, cette vision de la guerre de Cent Ans est particulièrement libre et il est évident que vous ne jouerez pas à ce jeu pour son aspect historique.

À vrai dire et tant qu'à faire, autant passer au mode Nightmare, dans lequel la guerre se voit être bouleversée par l'arrivée d'un ennemi inconnu : une armée de démons visiblement contrôlés par quelques humains. Si ce mode est, dans le fond, assez similaire à son prédécesseur, le cadre fantastique a au moins le mérite de faire passer la pilule concernant l'aspect historique - définitivement passé à la trappe pour l'occasion. Pareillement, le bestiaire se voit être un peu renouvelé, avec la présence de monstres en tous genres et de boss plus imposants qu'à l'accoutumé.

Dans sa version "evil", Jeanne d'Arc a deux atouts qu'on ne lui connaissait pas...

Le principe

Si on ne s'attarde pas plus que cela sur le scénario (pourtant ridicule), c'est parce qu'il y a déjà beaucoup à dire sur le gameplay. Bladestorm : Nightmare est un peu dans la mouvance de Kessen, dans la mesure où il vous propose de contrôler un leader dirigeant des troupes entières. Quand votre personnage attaque, ce sont tous vos compagnons qui en font de même et le jeu se base sur un système de pierre-papier-ciseaux : les épées prennent par exemple le dessus sur les archers, tandis que ces derniers ont l'avantage sur la cavalerie. Mais tout cela n'est pas un problème en soi : nombreux sont les jeux qui disposent d'un principe semblable et qui parviennent à sortir leur épingle du jeu.

Le souci, c'est que rien n'est à la hauteur des éventuelles espérances. De la progression sur le champ de bataille au système d'attaque, tout parait désuet. En fait, c'est tout le paradoxe de ce remake pourvu d'une extension : le jeu est resté bloqué en 2007, date à laquelle il n'était déjà pas folichon. Bladestorm : Nightmare dispose d'animations surannées et les batailles n'ont pas grand chose d'épique, la faute à des coups qui manquent autant de précision que de puissance (malgré la présence d'attaques spéciales). Détails "amusant" : il est impardonnable, par exemple, de voir que ce remake bénéficie d'une carte des champs de bataille si illisible, alors qu'il s'agit d'une refonte d'un jeu sorti il y a de longues années.

Car au cas où vous ne l'auriez pas compris, les affrontements de Bladestorm : Nightmare sont particulièrement convenus, les objectifs se résumant généralement à prendre des positions adverses en venant à bout de tel ou tel ennemi en évitant de perdre des compagnons. Une fois la bataille terminée, il est conseillé d'acheter de l'équipement à votre personnage, notamment grâce à l'argent amassé en cours de partie. Rien de nouveau diront certains - et ils auront raison - mais vous finissez tout de même par prendre plus de plaisir à acheter des objets pour votre personnage plutôt qu'à chevaucher des chevaux sur des paysages aussi désertiques que sur PlayStation 2. Dommage !

Chaque touche correspond à une attaque spéciale, mais la caméra et le ciblage sont problématiques.

Le multi

À quoi reconnaît-on les vrais amis ? À ce qu'il parait, ce sont ceux qui sont là dans les bons comme dans les mauvais moments. De ce fait, peut-être que vous aurez l'occasion de jouer à Bladestorm : Nightmare avec l'un de vos amis. Le problème (si toutefois c'en est un), c'est que le multijoueur n'est disponible qu'en ligne, et cela supposerait que vous ayez laissé votre camarade investir dans Bladestorm : Nightmare. Pas très sympa et dans ce cas, comme ami, on ferait assurément mieux que vous. Reste alors la possibilité de jouer avec un inconnu, peut-être l'occasion de passer une soirée bizarre, placée sous le signe des rires sarcastiques et des larmes.

Notre pays. On en vient presque à regretter le brouillard de la PS2 (et c'est pire en mouvement).

L'anecdote

Je ne me suis pas attardé sur le sujet car je n'aime pas l'acharnement, mais il va de soi que Bladestorm : Nightmare est risible sur le plan technique. Le jeu n'est même pas digne de la génération précédente, et les animations donnent l'impression d'avoir dix, voire quinze ans de retard. Pire que ça : le doublage anglais est une calamité qui nous rappelle qu'il vaut peut-être mieux, parfois, n'avoir que des textes plutôt que des doubleurs complètement à la ramasse. C'est d'autant plus regrettable que les musiques sont pour leur part très réussi, et constituent ainsi l'un des seuls vrais points positifs.
Les Plus
  • Peut servir de (mauvaise) machine à remonter le temps
  • Les musiques
Les Moins
  • Si c'est pour utiliser la France et l'Angleterre ainsi, autant ne rien faire
  • Visuellement ignoble
  • Les animations datant de l'ère PS2
  • Des mécaniques vues et revues (et il y a longtemps)
  • La caméra parfois très problématique dans les "villes"
  • Le manque de précision/ciblage
  • La carte illisible
  • Le doublage, vraiment horrible
  • Un jeu assez sournois pour proposer un multijoueur en ligne