The Escapists

19 févr. 2015
Testé par sur
Disponible sur
4

La très grande évasion

The Escapists dispose d'un concept fort, c'est indéniable. À vrai dire, derrière ses graphismes mignons, le titre se donne la profondeur de ses ambitions avec un système de jeu plutôt complexe. Cela a ses avantages et ses (son ?) inconvénients. Comme souvent dans ce type de productions, la subtilité se répercute sur l'accessibilité et la première heure est particulièrement fastidieuse. Pas de quoi amoindrir la note pour autant : ce n'est pas parce qu'il ne se destine pas à tout le monde que The Escapists n'est pas une petite pépite, comme on en voit désormais assez peu dans le milieu "indépendant".

The Escapists est avant tout une promesse : vous faire vous échapper d'une prison comme si vous y étiez. Derrière son design mignon, le jeu de Mouldy Toof Studios cache une profondeur qu'on ne pouvait que difficilement soupçonner. Autant vous prévenir, tout n'est pas facile dans ce monde de brutes.

L'histoire

Le scénario de The Escapists se résume à son objectif principal : sortir de différentes prisons. Néanmoins, il convient de souligner le soin apporté à cet univers fait de pixels. Ainsi, la pléthore de personnages annexes (tous personnalisables) confère au titre un humour particulier : chaque dialogue est aussi drôle qu'attachant ; et la diversité des situations est un gage de crédibilité pour un huis-clos pouvant de prime abord paraître redondant. Enfin, les musiques - dans la mouvance rétro - restent sympathiques bien que pas forcément surprenantes.

Il est posible d'augmenter sa force, sa vitesse mais aussi son intelligence.

Le principe

The Escapists simule plutôt finement l'univers carcéral. Dès les premières minutes, vous vous retrouvez plongé dans la routine d'une prison un peu trop tranquille. Dans The Escapists, vous vous levez à telle heure, prenez chaque repas à telle autre, avez des séances de sports ou des jobs bien moins passionnants que ceux des jeux de rôle japonais. La laverie ou votre balai font partie de vos meilleurs amis, avec les quelques détenus capables de vous aider dans votre entreprise digne de celles de Michael Scofield (le héros de Prison Break). Vu la monotonie de vos journées, vous vous doutez bien qu'il est primordial de vous échapper de votre bâtiment malheureusement fétiche.

Mais on n'a rien sans rien ! Et le maître mot est "craft", tant la confection d'objets est au centre de vos relations. Pour obtenir une brosse à dent, une lime, de la colle ou l'un des produits figurant parmi les dizaines circulant au sein de la prison, il n'y a pas de miracle : tabasser ou négocier. Ainsi, votre travail rébarbatif n'est pas de trop pour récolter quelques pièces, tout comme les missions nécessitant de trouver telle babiole ou de tabasser tel ou tel mec. Autant être clair : dans un premier temps, vous vivrez toutes ces possibilités comme un véritable coup de massue, et vous vous rendrez bien compte que tout ne sera pas aussi simple que dans le tutorial (qui vous demandait d'utiliser un tournevis pour passer par un conduit d'aération). Toutefois, The Escapists brille par la diversité des solutions proposées et son côté schizophrène implacable : aux impératifs carcéraux se succèdent des moments de "liberté" synonymes de shoots d'adrénaline. À vous d'exécuter votre plan avec brio, sans quoi vous risqueriez d'avoir un sacré coup au moral. Mieux vaut être prudent.

Si vous vous retrouvez à l'infirmerie (par exemple après une baston), bye bye les objets illégaux.

Pour qui ?

Malgré ses qualités, The Escapists n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains. En effet, le début de l'aventure peut paraître effrayant tant vous vous retrouvez plongé dans un monde inconnu. Il faut bien une heure pour comprendre exactement toutes les mécaniques de jeu et l'aspect routinier de la prison. Pourtant, cela fait partie intégrante de l'expérience, et c'est seulement après vous être habitué à l'univers carcéral que vous pourrez envisager la sortie. Impossible de sanctionner le jeu pour son manque d'accessibilité : cela reviendrait à reprocher à The Escapists sa profondeur.

Plusieurs prisons sont de la partie. Et la nuit est votre alliée !

L'anecdote

Il y a plein de façons de s'évader d'une prison. De ce fait, l'application Upload a rarement été aussi utile. Les vidéos enregistrées par les joueurs permettent de voir différentes approches possibles pour une même situation, mais elles font aussi office de solutions luxueuse pour les plus impatients. De nombreuses possibilités s'offrent à vous !
Les Plus
  • Une plongée vraiment réussie dans l'univers carcéral (l'ennui, etc.)
  • Cette impression de devoir s'adapter constamment
  • Des prisons variées
  • Un belle profondeur
  • L'ambiance et les dialogues (écrits en français)
Les Moins
  • La première heure, rebutante
  • Un multi aurait probablement pu être intégré (et avoir du sens)