Pro Evolution Soccer 2015

22 nov. 2014
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Konami
  • Développeur Konami
  • Sortie initiale 13 novembre 2014
  • Genre Sport

Le jeu de football

Au final, Pro Evolution Soccer 2015 est un peu à l'image de sa jaquette occidentale, à savoir comme cet excellent joueur qu'est Mario Götze. Il a fait le boulot, le principal même (un but en finale de Coupe du Monde), mais tout le monde sait qu'il n'aura pas le Ballon d'Or pour autant. Pro Evolution Soccer 2015 ne démérite pas et affiche une belle progression, en partie grâce aux efforts fournis sur les animations et les ajustements de gameplay, et grâce à l'intégration du mode myClub. Toutefois, impossible de passer sous silence les déceptions, qu'il s'agisse des quelques défauts encore récurrents, de l'aspect esthétique, du manque global d'ambiance ou de l'éternelle absence des licences. Un jeu sympathique et ludique, relançant la franchise sur de bons rails diront certains, mais qui reste encore derrière son principal concurrent. Le choc de 2015 pourrait être intéressant, à condition d'être optimiste...

Ce test est écrit par un grand optimiste, de ceux qui chaque année se disent : "Il faut y croire, Pro Evolution Soccer va renaître de ses cendres". Je m'imagine alors parler à mes futurs enfants (ou à ceux de mes amis), leur affirmant que "j'étais là, quand la série de Konami a retrouvé des couleurs". Pro Evolution Soccer 2015 est le premier volet à sortir sur next gen. Le moment de la résurrection est-il enfin arrivé ?

La technique

Si Pro Evolution Soccer 2015 était attendu, c'est surtout car il est le premier volet à paraître sur la nouvelle génération de consoles, et à mettre autant en avant le Fox Engine de Konami (déjà utilisé pour la mouture 2014). Enfin ça, c'est en théorie. Car concrètement, sur le plan graphique, le jeu s'en sort bien mais sans plus. Si la modélisation de certains footballeurs peut être saluée, d'autres - y compris des stars - n'ont pas été épargnés par le saut de génération. Globalement, l'aliasing et la modélisation des cheveux tirent le rendu général vers le bas, en particulier quand ces derniers sont ne serait-ce qu'un peu longs. Sur des plateformes censées donner un rendu quasi photo-réaliste, voir des stars comme Edinson Cavani ou David Luiz être massacrées de la sorte a quelque chose de particulièrement regrettable. Et il en va de même pour la retranscription de l'ambiance, notamment pour ce qui est de l'animation au bord du terrain ou dans les tribunes. En revanche, et si cela n'a pas grand chose à voir avec l'esthétisme du titre à proprement parler, le rendu des angles de caméra lors des ralentis est réussi, plus télévisuels que d'habitude. Dommage, justement, que la mise en scène soit inexistante lors des arrêts de jeu.

Voilà des cheveux qui sont, comment dire... originaux.

Le principe

Côté gameplay, Pro Evolution Soccer 2015 s'en sort mieux. Si le moteur physique semble à la traine en comparaison de la concurrence, il reste plus convaincant qu'auparavant. Les contrôles et pertes de balles sont plus réalistes, surtout lors de situations compliquées (passes sans appui, etc.). Bien qu'imparfaite, la gestion des collisions est également meilleure. Comme toujours, il se dégage quand même du titre une ambiance de football champagne, privilégiant comme trop souvent les passes longues et les appels en profondeur, la faute à une intelligence artificielle toujours aussi peu convaincante (à l'exception des gardiens qui ne se trouent que rarement). Finalement, Pro Evolution Soccer 2015 reste un jeu de foot plus qu'une réelle simulation. Quand FIFA 15 mise sur un réalisme réussi et troublant, Pro Evolution Soccer 2015 nous rappelle sans cesse son statut de jeu vidéo. Ainsi, le plaisir qui en découle est semblable à celui procuré par d'autres titres qui n'ont parfois rien à voir (beat'em all, jeux de tir...), et dans lesquels vous profitez de l'IA pour vous amuser.

Ce plan de jeu représente le collectif de votre équipe en fonction des phases de jeu.

Le contenu

Pour ce qui est du contenu, Pro Evolution Soccer 2015 fait aussi un pas en avant. En plus de l'intégration de secondes divisions (pas forcément licenciées) et le perfectionnement relatif de la Ligue des Masters, le jeu de Konami fait surtout la part belle au nouveau mode myClub. Ce dernier est plus ou moins semblable au mode Ultimate Team de FIFA, dans la mesure où il vous propose de construire une équipe en y intégrant les joueurs de vos rêves et en y appliquant la notion de collectif. En fonction de la symbiose entre vos footballeurs, leurs sélections et le manager (qui définit le schéma tactique), des zones "chaudes" se créent sur le plan de jeu, représentant ainsi l'entente de votre équipe. Basé sur un système d'agents de joueurs (dans lesquels les fans retrouveront ces bons vieux Castolo, Minanda, etc.), le recrutement est ludique - il y a une par de hasard - et agréable. D'ailleurs, les points GP (monnaie du jeu) sont glanés en fonction de vos résultats et de challenges remportés en cours de match, et ce qu'importe le mode de jeu. De façon générale, myClub réussi l'exploit de rivaliser, sur le plan ludique, avec l'équivalent de la concurrence.

Remaniés, les coups de pied arrêtés permettent de gérer précisément la trajectoire et la puissance.

Le multi

MyClub a aussi cette particularités d'être constitué de divisions en ligne, tandis que des parties contre l'intelligence artificielle vous permettent de tester votre équipe et de gagner des crédits. Pour le reste, vous restez en terrain connu, si ce n'est le mode Ligue qui devient jouable en multijoueur local. Sans surprise,Pro Evolution Soccer 2015 promet surtout des parties spectaculaires et sans prise de tête. C'est le principal.

L'arbitrage fait partie des bons points de cette cuvée 2015. Parole de mec réglo.

Pour qui ?

Ne serait-ce que pour son ambiance et sa technique next gen, on imagine mal un joueur de FIFA 15 être pleinement satisfait par Pro Evolution Soccer 2015. Non, la franchise de Konami se destine toujours aux irréductibles fans qui, pour leur part, verront une belle progression en matière de contenu et de gameplay. Les néophytes en quête de plaisir instantané pourront également y trouver leur compte, ce grâce à une interface engageante et un aspect "ludique" prononcé.

L'aspect loterie est surréaliste mais finalement amusant.

L'anecdote

Loin de vouloir concurrencer Football Manager, le mode myClub ne se pend pas au sérieux. Dans celui-ci, le recrutement des joueurs se fait de manière aléatoire, en faisant appel à des agents conférant un taux de réussite plus ou moins élevé au recrutement. Évidemment, chaque action nécessite de dépenser des points. Si cette méthode n'est pas réaliste, elle est plutôt ludique, et ce mode devrait facilement évoluer dans le bon sens dans les années à venir. D'ailleurs, le système récompensant les actions de jeu (premier sombrero, tacles, etc.) pourrait être optimisé pour jouer la carte du football festif et gratifier certaines actions.
Les Plus
  • La modélisation de certains joueurs...
  • Le mode myClub, vraiment sympathique et ludique
  • Des gardiens qui se trouent moins...
  • Des animations et contacts enfin plus réalistes
  • La gestion des coups de pied arrêtés (y compris les pénaltys)
  • Football champagne ascendant bundes-patate
Les Moins
  • ... le massacre d'autres
  • L'environnement, pas next gen et qui manque de vie
  • ... mais qui se sont transformés en super-gardiens
  • Les appels/passes en profondeur cheatés