Alien : Isolation

14 déc. 2014
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4

Un vrai shoot d'adrénaline

L'expérience d'Alien : Isolation est de celles que vous n'oublierez pas de si tôt. Appuyée par une ambiance exceptionnelle et une technique très propre, votre progression se fait à tâtons. Le danger est imprévisible et vous maintient dans une tension permanente à la fois jouissive et usante nerveusement. Vous n'avez ici qu'un seul ennemi, mais c'est probablement l'un des plus réussis que vous n'ayez jamais croisé dans un jeu vidéo. Alien : Isolation est donc enfin l'adaptation que la saga ciné méritait. Mieux vaut tard que jamais.

L'espérance de vie face à un xénomorphe est très limitée. A l'image de celle des adaptations vidéoludiques d'Alien en général. C'est un fait : aucune équipe de développement n'est encore parvenue à retranscrire l'émotion liée à la notion de survie, si caractéristique du film originel. Mais ça, c'était avant Alien : Isolation.

L'histoire

Vous êtes Amanda, la fille d'Ellen Ripley. Nous sommes à une époque où les connaissances concernant l'alien sont encore très limitées. Le jeu se passe en effet en 2137, soit 15 ans après les évènements du premier film de la saga et près de 42 ans avant ceux évoqués dans Aliens, le Retour. Amanda débarque avec perte(s) et fracas sur la station spatiale Sébastopol où elle espère récolter des données qui pourraient l'aider à retrouver sa mère. Des données, elle va en trouver. Et des ennuis aussi.

Mais Alien : Isolation vaut surtout pour son ambiance. En plus de reprendre la direction artistique du Huitième Passager à l'identique, le jeu multiplie les clins d’œil et joue intelligemment avec la focalisation interne. Le meilleur exemple reste la longue introduction de l'aventure, qui nous fait parcourir une bonne partie de Sébastopol et dans laquelle chaque casier ou conduit s'apparente à un effet d'annonce : "S'il y a une cachette ici, ça veut dire que je vais peut-être devoir m'en servir." Dès lors, vous parcourez le jeu avec prudence, confirmé dans votre façon de faire par un mixage sonore puissant et effrayant, l'un des meilleurs du genre.

Le détecteur de mouvement est aussi rassurant que terrifiant : ses bips peuvent attirer l'alien !

Le principe

Alien : Isolation est un survival-horror à la première personne pure souche. Il joue sur l'une de nos peurs les plus primaires : l'impuissance. Ainsi, le jeu vous place toujours à hauteur d'homme (enfin, de femme). Hacker des systèmes et des portes, ouvrir ces dernières de diverses manières, utiliser un détecteur de mouvement... Chaque action, aussi anodine soit-elle, prend en réalité une proportion assez démesurée, notamment en raison du temps nécessaire pour l’exécuter. Chaque seconde compte et pour cause : le xénomorphe est votre pire cauchemar. Invincible, celui-ci est annonciateur d'une mort terrible, qui n'a d'équivalent dramatique que la perte de votre progression.

Car Alien : Isolation joue sur la peur à tous les niveaux, et de façon aussi judicieuse que frustrante. Vous sauvegardez votre progression à travers des combinés présents à des endroits précis. De ce fait, chaque mort vous oblige à relancer votre dernière sauvegarde, qu'elle ait eu lieu cinq, dix ou quinze minutes plus tôt. Autant vous dire que la défaite se vit avec douleur. Vous êtes dans du "die & retry", certes, mais aussi terriblement extrême que punitif. Ce système, couplé à une difficulté relevée, pourrait rapidement frustrer. Il n'en est rien. Les scripts de l'alien se révèlent suffisamment variés. Il peut donc débarquer de n'importe où, et à tous moments, rendant ainsi vos multiples tentatives de progression aussi prenantes que les précédentes.

Alien : Isolation vous donne aussi l'occasion d'affronter des humains et des androïdes. Mais à la moindre détonation, le xénormorphe rapplique. Autant dire que même avec les ennemis humains, les affrontements sont à fuir comme la peste. Le jeu est clairement orienté infiltration. Et votre discrétion sera votre salut. Cela dit, malgré toutes vos précautions, et même si vous avez pris soin de le distraire avec les divers gadgets mis à disposition (vous pouvez les fabriquer en récoltant des matières premières), il est fort probable que vous vous retrouviez nez à nez avec l'alien. Dans ce cas, l'utilisation du lance-flammes vous permettra de le faire fuir (attention à vos réserves de fuel). Vous disposerez alors de quelques maigres minutes pour vous cacher. Mais même caché, vous risquez d'attirer son attention avec votre respiration. Bref, dans Alien : Isolation la tension est permanente !

Semblable à celle du premier film, la direction artistique du jeu est absolument remarquable.

Pour qui ?

Alien : Isolation est aussi effrayant qu'exigeant. Par conséquent, si vous avez un problème avec les jeux d'horreur et les morts à répétition, vous pouvez passer votre chemin. Pour vous donner une idée, dans l'équipe de Gamatomic, Griffith a joué au jeu en difficile et n'a pu enchainé des sessions de plus d'une heure, vite rattrapé par la pression engendrée à la fois par l'alien et la gestion des sauvegardes. Pour sa part, Auk a enchaîné des parties plus conséquentes compte tenu d'une difficulté moindre, mais il n'a pu s'empêcher de pester contre le fait de recommencer certains passages de nombreuses fois - mais toujours avec des surprises inédites. Évidemment, aussi frustrant soit le jeu, cela fait partie de l'expérience et il est évident qu'un fan de la saga Alien se doit de posséder une telle œuvre. Les bonnes adaptations de films sont rares, et il serait dommage de ne pas soutenir les efforts de ce type.

Dans ce genre de situations, vous aurez simplement envie de pleurer.

L'anecdote

Le test d'Alien : Isolation a mis du temps à être publié. C'est un fait presque aussi implacable qu'un xénomorphe de trois mètres de haut. Mais il y a une bonne raison à tout cela : l'horreur. En réalité, cet avis a été rédigé par deux personnes. D'un côté, il y a Auk qui, paralysé par la peur, a préféré se cacher dans les casiers de Sébastopol plutôt que de rédiger seul le test du jeu. De l'autre, il y a Griffith, qui aurait pu aider son Rédacteur en Chef s'il ne flippait pas comme un fou à chaque fois qu'il lance le jeu. Toutefois, ceci est révélateur d'une chose : Alien : Isolation est un jeu véritablement épuisant et oppressant. Impossible par chez nous de jouer plus de 60 minutes. Et le mode difficile étant ce qu'il est (particulièrement punitif), la progression se fait pas à pas.
Les Plus
  • Une retranscription exceptionnelle de l'ambiance du premier Alien
  • Une sound design impeccable
  • La sensation jouissive du "tout peut arriver"
  • Une rejouabilité intéressante pour un jeu scripté
  • Les clins d’œil aux fans de l'univers Alien
  • Jamais ennuyeux, même lorsque vous resterez planqué dans un placard pendant de longues minutes
Les Moins
  • La difficulté générale qui peut parfois rebuter
  • Des bugs de sauvegarde très mal placés peuvent survenir