Hyrule Warriors

03 oct. 2014
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4

Zelda version musclée

Tantôt crossover entre deux licences à succès, tantôt épisode de Zelda à part entière, Hyrule Warriors est avant tout un hommage cohérent et jouissif à la série de Nintendo. Destiné autant aux aficionados qu'aux novices, le jeu est également un achat de premier choix pour les joueurs blasés de la série, ceux-là même qui ne voient en celle-ci qu'une recette archaïque. Plus spectaculaire et évidemment moins axé sur l'aventure, Hyrule Warriors ne fait pas vraiment dans la poésie. Cela en fait-il un mauvais épisode pour autant ? Non, assurément pas.

Si vous êtes allés dans votre boutique préférée, vous avez dû apercevoir les affiches publicitaires Hyrule Warriors : un Link se serrant le poignet, comme étant prêt à en découdre. Ce sursaut de virilité est représentatif de l'orientation du titre. Crossover de luxe destiné à affoler les ventes, Hyrule Warriors mise tout sur l'action façon bonhomme. Un comble pour un héros qu'on a toujours pris pour une gonzesse (la princesse Zelda).

L'histoire

Hyrule Warriors est d'abord un savoureux mélange entre Dynastie Warriors et The Legend of Zelda. Du coup, il n'est pas étonnant de voir dans ce soit disant spin-off (terme ici relatif) un aspect narratif. Ainsi, le mode Légende vous fait une fois de plus incarner Link, élu destiné à sauver Hyrule et sa célèbre princesse. En effet, Cya, sorcière et gardienne autrefois fascinée par le héros d'une légende bien connue, a vu son cœur sombrer dans la noirceur, au point de vouloir s'emparer du royaume et d'invoquer des monstres issus de mondes parallèles. Le scénario joue donc avec le principe même de la série (nous y reviendrons plus tard) afin de faire apparaître des têtes reconnaissables par les fans. Incluant de courtes cinématiques mettant en scène les arrivées des différents personnages, ce mode brille par le dynamisme de sa réalisation. Plus pêchue que celle des autres Warriors, cette dernière met parfaitement en exergue les différents protagonistes, en plus de reprendre les plans phares de The Legend of Zelda (l'ouverture des coffres, par exemple). Au final, le côté madeleine de Proust fonctionne à merveille.

Link troque son statut de héros solitaire pour celui de guerrier ravageur. Le résultat est classe.

Le principe

Mais Hyrule Warriors vaut également pour son gameplay burné. En effet, le jeu reprend sans surprise les bases de Dynastie Warriors en y appliquant quelques mécaniques propres à la série de Nintendo : importance de l'exploration, utilisation d'objets tels que des bombes ou arcs, etc. Bien que le titre ne révolutionne pas la série de Tecmo Koei, l'application des mécaniques à Zelda est plutôt intéressante. Sempiternelle légende qui ne cesse de se répéter, The Legend of Zelda est connu pour avoir une chronologie complexe, parfois faite de mondes alternatifs. De ce fait, Hyrule Warriors peut certes être vu comme un spin-off, mais aussi (et plus simplement) comme une énième itération d'un motif.

Si chaque épisode de The Legend of Zelda apporte son lot de nouvelles mécaniques de jeu, Hyrule Warriors change carrément l'orientation de la série pour fournir une bonne grosse dose d'action. Beaucoup plus décomplexé, le jeu fait la part belle à la démesure, que ce soit à travers les boss - parfois énormes et nécessitant des approches particulières - ou les nombreux ennemis faisant office de chair à canon. Ainsi, le titre procure un sentiment de puissance absent de la série d'origine, d'ordinaire tournée vers l'aventure solitaire. Dès le début de Hyrule Warriors, Link fracasse du menu fretin par dizaines, comme pour annoncer un parti pris indéniablement plus musclé. Inutile de dire que, par la suite, les attaques spéciales mais aussi les gains de niveau ainsi que les nouvelles armes donnent à l'ensemble un côté jouissif.

Chacun des treizes personnages (d'autres arrivent en DLC) possède un gameplay bien distinct.

Pour qui ?

La force de Hyrule Warriors, c'est justement de se différencier assez pour viser une cible précise : les joueurs fatigués de voir The Legend of Zelda s'enliser dans un certain archaïsme ludique. Contrairement à ce qu'affirment certains "journalistes", il n'est pas rare de croiser des joueurs usés par le côté plan-plan de la saga (redite d'un scénario minimaliste, absence de spectacle...). Hyrule Warriors s'adresse principalement à ces joueurs lassés par la série. Pour leur part, les aficionados de Link trouveront en ce beat'em all un fan service plutôt efficace.

Avec 13 personnages jouables aux styles de combat spécifique, le jeu offre tout de même une belle diversité. Niveau contenu, Hyrule Warriors est également au rendez-vous, bien aidé par un système d'amélioration plutôt bien fichu. En plus de récolter les habituels quarts de cœur, vous pouvez confectionner des badges conférant des bonus, mais aussi fusionner les armes afin de récupérer certaines compétence. Le titre promet donc des dizaines d'heures de jeu, sans compter les futurs DLC à venir (nouveaux personnages, possibilité de chevaucher Epona, etc.).

Les armes apportent également une belle diversité, tout comme les décors (ici Célesbourg).

Le multi

Hyrule Warriors propose un mode multijoueurs, en local uniquement. Un joueur peut alors jouer sur le GamePad tandis que l'autre profite de la TV. Si l'absence de mode en ligne peut surprendre, la présence d'un multi local va de pair avec l'image conviviale de Nintendo.

Vous pouvez batailler sur un champ de bataille, mais aussi utiliser un objet pour explorer une zone.

L'anecdote

Hommage à la série, Hyrule Warriors propose un mode Aventure atypique. Si le gameplay est sensiblement identiques aux autres batailles présentes dans le jeu, la progression s'effectue sur une carte old-school semblable au premier Zelda. L'objectif : terrasser une énième fois Ganondorf et ses sbires, tout en récoltant quelques objets bonus. D'ailleurs, l'expérience glanée avec les personnages est logiquement conservée d'un mode à l'autre.
Les Plus
  • Le fan service fonctionne bien
  • Le côté spectaculaire
  • Un mélange plutôt ingénieux
  • Le mode Aventure, un bel hommage
  • Contenu maousse
  • Le système d'amélioration
  • La diversité des styles de jeu
Les Moins
  • Bon, il y a sûrement toujours moyen d'être allergique
  • Graphiquement, c'est pas non plus éblouissant
  • Des armées parfois statiques (défaut inhérent à la série de Tecmo Koei)