Professeur Layton vs Phoenix Wright

03 avr. 2014
Testé par sur
Disponible sur
4

Cross-over de luxe sur 3DS

Professeur Layton vs Phoenix Wright est une réussite. Vous pourrez toujours reprocher au jeu de se contenter d'alterner deux style de gameplay, mais en voyant le verre à moitié plein, vous pouvez également voir deux jeux en un. A ce titre, Professeur Layton vs Phoenix Wright rappelle un peu les cross-over de séries américaines. Vous savez, celles qui nous montrent deux points de vue d'une même situation à travers des double-épisodes. De toute façon, tant que ces franchises garderont la maestria esthétique et technique qui les caractérisent tant, difficile de bouder son plaisir.

Pour relancer deux séries qui s'épuisent au fil des ans, rien ne vaut un bon petit cross-over. C'est ce qu'ont dû se dire Nintendo et Capcom, respectivement propriétaires de deux énormes succès de la décennie passée : Professeur Layton et Phoenix Wright. Si l'un mène l'enquête à travers des énigmes, l'autre n'hésite pas à monter à la barre en tant qu'avocat. Dès lors, nos deux héros semblaient faits pour s'entendre.

L'histoire

Le professeur Layton se voit confier une drôle d'enquête : son ami Giovanni Accidenti a eu un sacré accident de voiture, plus digne d'X-Files que des campagnes de la sécurité routière. Ce dernier protégeait une jeune fille nommée Aria d'une menace pour le moins étrange : des sorcières. Alors que Layton parvient à sauver la timide blondinette, celle-ci se voit accusée de vol et d'agression alors qu'elle se cachait sur un bateau marchand. Heureusement, Phoenix Whright est à Londres. Et cette affaire (qui devait être un simple cas d'étude pour un colloque) va vite prendre de l'ampleur. Le jeu mêle donc habilement enquêtes de terrain et procès à base de dépositions et de contre-interrogatoires. Très vite, vous vous rendez compte que les univers des deux franchises se marient bien, au point que le passage de l'un à l'autre se révèle souvent salvateur, permettant de pallier à la redondance des séries en matière de mécaniques de jeu. Mais le coup d'éclat, c'est encore et toujours l'emballage englobant l'histoire (certes déjà intéressante). Techniquement à la hauteur - saluons la 3D toujours aussi sympathique -, le titre profite de cinématiques nombreuses et d'une localisation une fois de plus irréprochable. Décidément, ces productions restent des références à ce niveau.

Nos deux héros ont chacun leur acolyte.

Le principe

Sans surprise, Professeur Layton vs Phoenix Wright alterne entre phases d'enquêtes (avec Layton) et procès (avec Wright). Ici, les principes respectifs des franchises sont conservés : quand Layton vous demande de résoudre des énigmes pour enquêter, l'avocat vous permet de défendre un suspect en déstabilisant des témoins et en présentant des preuves. Si l'ensemble est plutôt réussi, c'est parce qu'il apporte une diversité bienvenue à deux concepts tout de même rébarbatifs. Entre Layton qui voit des énigmes partout, et les procès de Wright aussi dirigistes que punitifs (cinq erreurs et c'est le game over), les séries ont parfois de quoi effrayer. Le mélange des deux rend donc l'ensemble moins indigeste et moins frustrant.

Les cinématiques sont magnifiques, et l'histoire plutôt sombre et ingénieuse.

Pour qui ?

C'est la force de ce Professeur Layton vs Phoenix Wright : convaincre les indécis. Car si vous n'avez jamais accroché au jeu d'enquête en raison de sa propension à déguiser une structure particulièrement simpliste ("Un café ? D'accord, mais résolvez d'abord cette énigme !"), le titre ici présent peut vous réconcilier avec la franchise. En simplifiant le déroulement de l'aventure pour y intégrer Phoenix Wright, Level-5 fluidifie la progression et la narration. De ce fait, ce Professeur Layton vs Phoenix Wright s'adresse autant aux adeptes des franchises qu'à ceux désirant "retenter l'expérience". C'est déjà un petit exploit.

La mise en scène des procès est aussi drôle que géniale. Comme toujours.

L'anecdote

Professeur Layton vs Phoenix Wright a été l'occasion, pour moi, de retrouver Phoenix Wright et ses procès à la mise en scène toujours aussi grisante. Entre les champs/contre-champs ingénieux et les musiques dignes des meilleurs films, les procès ont quelque chose d'épique et de gratifiant dans leur déroulement. D'ailleurs, le fait que les intervenants soient nombreux ajoute encore plus de dynamisme.
Les Plus
  • Des univers parfaitement compatibles
  • Des cinématiques nombreuses
  • Une localisation au top
  • Un cross-over qui apporte du liant
  • La mise en scène de procès, toujours géniale
  • Les musiques
Les Moins
  • L'alternance, une structure assez grossière