Castlevania : Lords of Shadow 2

02 avr. 2014
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L'ombre de lui-même

Castlevania : Lords of Shadow 2 est une énorme déception. Pâtissant d'une mise en scène et d'un scénario moins éclatant que son illustre grand frère, allant même jusqu'à friser le ridicule, le titre est de ce fait moins accrocheur. Un constat qui se poursuit dans le gameplay, avec des phases d'infiltration quelconques, des boss parfois fatigants et une progression téléphonée. Lords of Shadow 2 se parcourt sans le moindre enthousiasme, loin de l'excellence de son prédécesseur et s'approchant parfois du calvaire. Une descente aux enfers qui n'est pas sans rappeler Devil May Cry 2. Autant prévenir : on aura du mal à oublier.

Castlevania : Lords of Shadow 2 avait une sacrée mission : boucler l'aventure Lords Of Shadow, c'est-à-dire l'une des plus belles de ces dernières années. Le jeu avait fort à faire... visiblement trop, beaucoup trop.

L'histoire

Castlevania : Lords of Shadow 2 vient clôturer une trilogie constituée de Lords Of Shadow et Mirror of Fate. L'histoire suit toujours les pérégrinations de Gabriel, maudit pour l'éternité dans la peau de Dracula. Dans Lords of Shadow 2, ce dernier se voit de nouveau contacté par Zobek, qui lui promet une mort certaine en échange de son soutien contre les acolytes de Satan. Se déroulant plusieurs centaines d'années après le premier volet, le titre mêle ambiance gothique et univers moderne. Si ce tournant artistique peut sembler étrange au regard de la série, le final du premier volet annonçait plus ou moins la couleur. En revanche, certains points s'avèrent plus discutables et plongent le jeu dans un abîme d'incohérences. En effet, malgré le pitch, la qualité d'écriture n'égale en rien celle de Lords of Shadow et frise parfois le ridicule. Proche de celle d'un nanar, l'histoire y va de son lot d'absurdités, qui trouvent parfois écho dans le gameplay (les pouvoirs de Dracula sont justifiés de façon désastreuse). Moins problématique mais plus symbolique : l'abandon d'une caméra fixe au profit d'une vue dirigée par le joueur. Vu que les plans fixes du premier volet impliquaient de la mise en scène (ils mettaient parfaitement en valeur les lignes gothiques de l'environnement), il est dommage que Mercuruy Steam ait cédé aux sirènes d'une frange de joueurs. En tout cas, soyez prévenus, Lords of Shadow 2 s'approche d'un massacre scénaristique rendant caduc les efforts fournis sur le premier volet. Une honte.

Les passages d'infiltration sont autant une nouveauté qu'un calvaire.

Le principe

Castlevania : Lords of Shadow 2 suit les traces de son prédécesseur, avec des phases de beat'em all et des boss désormais convenus. A force de surfer sur la vague, on finit visiblement par tomber. Premièrement, il est regrettable que les phases de plateforme et les (rares) colosses soient devenus si chaotiques, donnant l'impression d'être dans un "die and retry" plutôt que dans un jeu véritablement épique. Quand Shadow of the Colossus permet d'arpenter l'adversaire bon gré mal gré, Lords of Shadow 2 se révèle exclusivement punitif. De même, les phases d'exploration sont plus abrutissantes que par le passé et pâtissent de mécaniques de jeu parfois farfelues. La présence de passages d'infiltration laisse d'ailleurs un goût amère, la faute à des scripts d'un autre temps et des solutions se résumant à un chemin prédéfini. Préparez-vous donc à mourir un bon nombre de fois (plus souvent que lors des combats), maudissant les développeurs de ne pas avoir ajouté de la souplesse à la progression. En fait, le titre semble se ranger aux côtés des jeux comme Darksiders ou les derniers Batman ; tous ces titres qui, à force de vouloir en faire trop mais sans génie, donne l'impression de manquer le coche. A ceci près que Castlevania fait pire à cause du manque d'équilibre général dans le gameplay. Lords of Shadow était peut-être moins ambitieux sur le papier (et ça reste discutable), mais il laissait une impression d'excellence bien différente du ressenti prodigué par son successeur, à savoir la frustration perpétuelle.

En fonction de son arme, le héros peut accroitre ses dégâts ou récupérer de la vie.

Pour qui ?

C'est la grande question. Avec son histoire manquant de piquant en comparaison du premier volet, et avec son système de jeu plus convenu qu'il n'y parait (on regrette que certains boss soient si ennuyeux), Lords of Shadow 2 décevra inévitablement les adeptes de son grand frère. A vrai dire, en étant un peu méchant, on pourrait dire que le jeu se destine à ceux qui ne liront pas ces lignes : le grand public simplement à la recherche d'une nouveauté, et pouvant être attiré par une jolie jaquette. Oui, ça fait mal.

Les améliorations et combos sont toujours aussi nombreux.

L'anecdote

Peu de temps après la sortie de Castlevania : Lords of Shadow 2, un développeur du jeu s'est empressé de critiquer le directeur de l'épique, disant que celui-ci n'en avait fait qu'à sa tête. Aah, le jeu vidéo... ce monde dans lequel un développeur se plaint de ne pas avoir été entendu lors du processus de création. C'est un peu, en somme, comme si un éclairagiste se plaignait des choix d'un réalisateur. Hallucinant.
Les Plus
  • Esthétiquement plutôt réussi
  • Un système d'expérience toujours sympathique
  • Les musiques
Les Moins
  • Le scénario farfelu
  • Une mise en scène parfois ridicule
  • Des boss ennuyeux
  • Des mécaniques de jeu maladroitement intégrées
  • Les passages d'infiltration, absolument catastrophiques
  • Le manque d'audace général